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Questions à Rajiv Gowressoo, directeur général de Samlo Group
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Questions à Rajiv Gowressoo, directeur général de Samlo Group
● L?industrie de la ferraille est en pleine effervescence à Maurice. C?est une manne pour vous qui recyclez cette matière première. Comment Samlo Group gère-t-il tout cela ?
Certes, il y a une pénurie du fer à béton qui prévaut dans le monde entier. De ce fait, tout un chacun se lance dans ce créneau et perturbe le marché. Du statut d?encombrant, la ferraille passe à une matière première très convoitée de nos jours. Chaque mois mon usine recycle 1 200 tonnes de ferraille pour produire 1 000 tonnes de produits finis. J?ai une deuxième usine capable de recycler 6 000 tonnes pour un rendement de 5 000 par mois. Avec ces deux usines et les 6 000 tonnes de produits finis par mois, nous pourrions satisfaire les demandes de l?île entière.
●Ce sera ainsi la fin de cette pénurie de fer de construction à Maurice?
Bien au contraire. Après la fermeture de Consolidated Steel et Desbro, c?est Samlo Group qui risque de fermer ses portes l?année prochaine. A moins que le gouvernement n?interdise l?exportation des déchets métalliques. 5 000 tonnes de ferraille quittent le pays chaque mois. De plus, elles sont vendues à un prix très minime.
C?est aberrant quand on pense que nous sommes capables de les recycler nous-mêmes. Il faut arrêter cela afin de protéger notre industrie et préserver l?emploi de plus de 500 personnes. Indirectement, plus de 1000 emplois seront en péril si on met la clé sous la porte tandis que si notre deuxième usine reçoit cette ferraille qui part à l?étranger, nous pourrons éventuellement embaucher les gens de Desbro.
● Justement comment avez-vous accueilli ces remous autour de Desbro International et finalement la reprise de ses activités par Murray & Roberts ?
Je n?arriverai jamais à comprendre pourquoi on n?a pas accédé à la demande de ce groupe concernant ces 37 % d?augmentation qu?il demandait. Desbro aurait pu continuer à faire tourner son usine. C?est une aberration comme il y en a d?autres. On exporte la ferraille à 200 dollars la tonne tandis qu?on importe le lingot de l?Afrique du Sud à 600 dollars la tonne. Pourquoi cette perte sèche de 400 dollars ?
60 000 tonnes de ferraille quittent Maurice chaque année alors que je suis obligé d?importer ce ?scrap metal? des Seychelles, de Madagascar et de la Réunion. C?est rageant de se contraindre à acheter ailleurs ce qu?on trouve devant nos portes. Je le fais pour satisfaire la demande pressante de mes clients.
Pourtant je peux aussi affirmer que cette supposée pénurie de barre de fer est injustifiée parce qu?il y a plusieurs tonnes de fer en rouleau qui dorment à Maurice. Je les ai vues. Je déplore aussi ces barres de construction qui rentrent au pays sans la norme en vigueur.
● Vous maintenez dur comme fer qu?il faut interdire l?exportation du ?scrap?. Pourtant le nouveau chaos autour de la ferraille est dû à la grosse demande et au prix élevé et non à ces exportateurs qui sont là depuis longtemps. Qu?adviendra-t-il d?eux et des emplois qu?ils génèrent ?
Il n?y a que quatre exportateurs légaux à l?île Maurice et je suis disposé à les réembaucher tous. Je persiste à dire que nous ne pouvons pas donner à manger aux autres quand nous-mêmes avons faim. Ma deuxième usine ne pourra pas commencer à fonctionner si on n?arrête pas l?exportation. Ce n?est qu?à cette condition que j?irai de l?avant. Sinon je risque de ne pas ouvrir les portes de mon usine.
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