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Questions à? Alain Champeaux

7 mars 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

● Quel est le but de votre visite ?

La direction Afrique de l?Est et océan Indien de Total organise chaque année un séminaire des directeurs généraux des filiales. Nous avons voulu le faire cette année à Maurice. C'est une occasion pour dresser un bilan de nos activités et partager les pratiques de chaque pays. A titre personnel, j?ai voulu en profiter pour venir remercier le gouvernement mauricien qui nous a permis d?amalgamer les deux compagnies (NdlR : Total et Esso) dans un délai très rapide. Ce souci des pouvoirs publics de favoriser le climat des affaires est la marque de fabrique de l?île Maurice.

● Quelle est la portée d?un tel rachat ?

Il s?agit en effet d?une opération très importante pour Total Mauritius Ltd. Au-delà des montants investis et pour ce qui est de la performance, j'ai rencontré au cours de cette visite les équipes de la nouvelle entité fusionnée et je suis persuadé que ce team a les moyens et la compétence de mener à bien les objectifs que le groupe Total lui a attribués.

● Quelles sont les ambitions de Total à Maurice ?

Exploitant un réseau de 50 stations-services sur l?ensemble du pays, Total Mauritius Ltd distribue chaque année des produits pétroliers, incluant le gaz et le Jet A1 pour l?aviation, autant au secteur public, qu?aux industries agricoles, textiles, hôtelières, aux transports, aux compagnies aériennes, centrales électriques... Nous sommes au service du pays et de nos clients. Nous avons l?ambition, grâce à l?opération Esso, d?améliorer ce service.

● Total investit massivement en Afrique. Pourquoi cet intérêt ?

Par son actionnariat, Total est la plus mauricienne des compagnies pétrolières installées dans l?île. Total est le numéro 1 en raffinage et distribution en Europe et Afrique. En ce qui concerne l'Afrique, le groupe croit fermement dans ses possibilités de développement, d'où cet engagement et cette opération de rachat des filiales d'Exxon Mobil sur 14 pays africains.

● N?est-il pas paradoxal qu'une compagnie pétrolière s'associe à Alcodis pour le développement de l'éthanol à Maurice ?

Non, car nous sommes intéressés au développement durable. Le groupe est engagé depuis des années dans les biocarburants et dans les énergies renouvelables telles que l?éolienne et le photovoltaïque. Ici, une essence éthanolée pourrait effectivement réduire la dépendance aux hydrocarbures importés et participer à la valorisation de la filière sucrière.

● Quelle est la position de Total vis-à-vis de la recherche sur l?énergie renouvelable dans le monde ?

Total Energie, créée en 1983, figure parmi les leaders mondiaux du photovoltaïque. Nous avons ainsi développé des projets d?électrification rurale dans des zones isolées du Maroc et de l?Afrique du Sud. Nous sommes engagés dans l?éolien et dans les biocarburants, issus de la biomasse, que nous exploitons en partenariat avec le monde agricole.

● Que dire du marché local où les prix sont administrés ?

Ce que nous cherchons dans tous les pays, c?est bâtir un dialogue avec les pouvoirs publics qui nous permet d?opérer dans des conditions acceptables. A Maurice comme ailleurs, nous maintenons le dialogue avec l?Etat.

● Pensez-vous que le cours du baril se stabilisera ?

Question difficile. Il est souhaitable que le cours du brut se stabilise afin d?accompagner le développement de pays comme Maurice. Dans les années à venir, nous pensons que les prix devraient être plus proches des $50 le baril pour l?année 2006 que des $20 ? $30 connus dans le passé.

Propos recueillis par Ashvin RAJARAI

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