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Que se passe-t-il à la Maison Blanche ?

18 septembre 2004, 20:00

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Au feu ! La Maison Blanche est de nouveau en proie aux flammes et les pompiers ne sont toujours pas arrivés sur les lieux? Les socios du Real Madrid pensaient que le retour de l?entraîneur José Antonio Camacho et que les 45 millions d?euros (55 millions de $) dépensées pour recruter des défenseurs allaient enfin sortir le club de la crise de la saison dernière.

Mais la défaite de 3-0 face au Bayer Leverkusen, mercredi en Champions League ? prestation qualifiée d?horrible, pathétique et désastreuse par la presse sportive espagnole ?, montre combien Camacho est loin d?avoir trouvé la solution aux problèmes de son prédécesseur Carlos Queiroz.

En cette soirée cauchemardesque, le Real n?a été qu?une caricature de la formation de rêve qui avait battu ce même Leverkusen 2-1 en finale de la Champions League au Hampden Park en 2002, lorsqu?une volée exquise de Zinedine Zidane avait offert une neuvième couronne européenne au club madrilène.

Raul, qui avait inscrit le premier but dans cette finale, n?a été que l?ombre de lui-même mercredi au BayArena et son immense talent semble l?avoir quitté depuis un bon bout de temps. Luis Figo a passé plus de temps à chercher le ballon que d?orienter le jeu alors que Ivan Helguera a prouvé qu?il ne méritait plus de jouer comme milieu de terrain.

Ronaldo et David Beckham, recrutés à prix d?or pour donner plus de poids à l?équipe à succès de 2001-05, ont très peu défendu la cause de leur équipe, alors que Michael Owen, dernier Galactico en date, n?a même pas quitté le banc de touche?

Le nouveau défenseur central Walter Samuel n?a pas pu rivaliser face à l?envie de Franca ou la force de Dimitar Berbatov, ce qui pousse Camacho à prier pour que la nouvelle recrue Jonathan Woodgate constitue un duo plus fiable avec l?Argentin quand il aura récupéré de sa blessure.

Des joueurs bloqués

« Je ne sais pas pourquoi nous sommes incapables de jouer au football en ce moment, » a reconnu Roberto Carlos, le latéral gauche brésilien, qui ne s?amuse plus comme à ses premières heures, ses folles chevauchées les cheveux au vent étant plutôt rangées au placard par les temps qui courrent. « Les choses ne tournent pas bien pour nous et les joueurs sont bloqués. » Tétanisés par l?enjeu ? Pétrifiés par la peur de mal faire ? Le fameux maillot blanc devient décidément bien lourd à porter apparemment?

La seule consolation du Real, après son entrée en matière catastrophique en Coupe d?Europe, c?est que le temps joue en sa faveur puisqu?il reste cinq matches à jouer dans la phase de poule et un match à domicile face à l?AS Roma le 28 septembre prochain.

« Nous avons toujours la possibilité de nous racheter » temporise Iker Casillas, gardien de but en perdition sur la pelouse du Bayer Leverkusen cette semaine et qui aimerait tant se faire pardonner des socios. « Le bon côté c?est que c?est arrivé au premier match, pas au dernier » soutient-il. On se rassure comme on peu?

Les Merengues savent tout du coût d?un échec éventuel après la piteuse série de cinq défaites en fin de saison dernière en championnat qui leur coûta le titre. Cette saison, ils ont joué aussi mal lors des deux premiers matches d?ouverture de la Liga, sauf qu?ils ont réussi à s?imposer contre le Real Majorque et Numancia sur le score étriqué de 1-0 à chaque fois.

Ils devront toutefois faire face à un calendrier mouvementé en championnat durant les cinq prochaines semaines, débutant par un voyage sur le terrain de l?équipe en forme du moment, l?Espanyol (hier soir), puis enchaînant des parties contre Osasuna, l?Athletic Bilbao, le Deportivo La Corogne, le Real Betis et le champion Valence.

Camacho, qui eut l?occasion de coacher le Real durant 22 jours en 1998 et qui était assuré de prendre la place de Quieroz avant le début de cette saison, sait pertinemment qu?un changement de cap est nécessaire si la Maison Blanche veut regagner ses lettres de noblesse.

« Peut-être que nous manquons de l?humilité nécesaire » a t-il déclaré. « Le Real a joué du grand football depuis deux ans et là ce n?est plus le cas. C?est peut-être la faute de l?entraîneur mais je vais devoir mettre tout ça au clair avec les joueurs. »

Depuis une retentissante qualification face à l?AS Monaco en quart de finale de la Ligue des champions la saison passée (victoire à l?aller 4-2 à Madrid, défaite 3-1 au retour à Louis II), les Merengues ne font plus peur. Mais rien de tel qu?une bonne piqûre de rappel pour que les bonshommes au maillot blanc endossent leur costume de super héros. Alors le temps joue certainement en leur faveur.

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