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Que la fête soit !
Le jour J est enfin arrivé. L?heure est venue d?allumer la flamme pour les Grecs qui, après avoir enduré les railleries, ont savouré leur revanche sur les sceptiques en démontrant qu?ils étaient prêts et bien prêts à accueillir les Jeux de la 28e Olympiade.
Le rideau se lève officiellement aujourd?hui avec la traditionnelle cérémonie d?ouverture au stade olympique d?Athènes. Sous les regards de plus de 70 000 spectateurs, parmi lesquels quelque 70 chefs d?Etat ou têtes couronnées, le dernier porteur (il se murmure que ce serait le Grec Costas Kenteris, champion olympique du 200m en 2000) de la torche symbolique embrasera la vasque qui ne s?éteindra que le 29 août, à l?issue de la cérémonie de clôture.
Si les doutes sur le niveau de préparation des sites sportifs sont levés, le défi de la sécurité reste entier, organisateurs comme autorités ayant toujours admis que le ?risque zéro? n?existait pas en la matière.
Même si, à la veille du coup d?envoi, Athènes n?avait en rien l?aspect d?une ville sur le pied de guerre, nul n?ignorait que la très haute surveillance était de mise, y compris de la nacelle d?un zeppelin bourré d?électronique qui patrouille, faussement débonnaire, dans le ciel sans nuages de la capitale.
Haute surveillance aussi pour les athlètes qui seront soumis à une traque au dopage sans précédent. Le boxeur kenyan David Munyasia est sorti de l?anonymat auquel il semblait promis en étant le premier exclu pour dopage des JO-2004. Son cas, banal quant au produit employé (la cathine, un stimulant), a toutefois illustré la détermination des autorités : à peine était-il descendu de l?avion qu?il devait se présenter à un contrôle antidopage inopiné. Le même accueil a été réservé ou le sera à beaucoup d?autres athlètes.
Résolu à surprendre pour mieux dissuader, le CIO n?a pas exclu non plus d?être enfin en mesure de démasquer ceux qui recourent pour se doper à des substances ou méthodes (hormones de croissances ou transfusions sanguines, par exemple) impossibles à mettre en évidence. Jusqu?à preuve du contraire?
Des installations appréciées par tous, une circulation d?une fluidité insolite dans une capitale justement réputée pour ses embouteillages, des transports en commun qui véhiculent quotidiennement un million de personnes : au sport maintenant d?offrir le spectacle attendu.
La sévérité annoncée en matière de lutte antidopage risque, et ce serait bon signe, d?empêcher une pluie de records mais, aux Jeux, la dramaturgie se nourrit surtout de l?intensité de la lutte pour la victoire qui, seule, compte.
Les courses de natation qui débutent demain ont déjà excité les imaginations avec le pari du jeune Américain Michael Phelps de décrocher sept titres olympiques. Un défi qui passe par des duels de titans avec, tour à tour, son compatriote Ian Crocker, les Australiens Ian Thorpe et Grant Hackett ou encore le Néerlandais Pieter Van den Hoogenband.
En athlétisme, la perchiste russe Yelena Isinbayeva a tout pour être la première dame à franchir cinq mètres. Encore lui faudra-t-il, pour décrocher l'or, s?imposer à sa compatriote Svetlana Feofanova et à l?Américaine Stacy Dragila, une belle bataille aérienne en vue. Dans les pas du soldat Philippidès, la Britannique Paula Radcliffe pourrait courir le marathon en moins de deux heures et quart, ce qu?aucune femme n?a jamais fait, ce que peu d?hommes ont réussi. Elle devra pourtant se méfier de la petite (1,50 m) Japonaise Mizuki Noguchi.
Chez les garçons, le 100m est traditionnellement porteur d?une forte intensité. L?Américain Maurice Greene, champion sortant, rêve de renouveler son bail, mais il vient d?être dominé à deux reprises par le Jamaïcain Asafa Powell, impressionnant de puissance et de relâchement.
Pour les sports collectifs, c?est, du point de vue dramatique, une défaite que l?on guettera : celle de la Dream Team, l?équipe masculine des Etats-Unis de basket-ball, qui a toujours raflé l?or des Jeux depuis que les joueurs professionnels de la NBA y participent (1992). Les champions du monde serbo-monténégrins et leurs dauphins argentins tout comme la Lituanie, championne d?Europe, figurent en première ligne des candidats au régicide.
En football, les coeurs argentins devraient battre le plus fort avec une sélection nationale masculine qui repart en quête du seul trophée international manquant à son riche palmarès. Pour son entrée en lice mercredi, elle a annoncé la couleur en infligeant un 6-0 sans appel à la Serbie-Monténégro. Le Mali, le Ghana, la Tunisie, le Maroc et le Nigeria entendent pourtant défendre la mainmise de l?Afrique sur un tournoi qui, lors de ses deux dernières éditions, a couronné successivement Nigérians et Camerounais.
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