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Que fourre... Mille pâtes !

9 février 2005, 00:00

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Le caddie devant les congélateurs, la ménagère hésite. Des pâtés, des feuilletés ou des viennoiseries, prêts à mettre au four, à déguster et à savourer. Un marché exigeant et restreint, où l?innovation ne trouve toujours pas acheteur.

D?origine française, naturalisé Mauricien, Frédéric Lattes lutte pour imposer ses produits de la marque Mille Pâtes dans les grandes surfaces. L?entreprise, du même nom, est située à Pamplemousses. ?J?ai essayé de faire évoluer les goûts mauriciens?, lâche-t-il.

Voilà 12 ans que Mille Pâtes veut trouver sa place dans les congélateurs. Elle s?est installée, en novembre 2004, à son propre compte, dans un restaurant, Crokchaud, à Grand-Baie, question de se rapprocher de sa clientèle. Pour le propriétaire, il s?agit de proposer ?une alimentation rapide, de qualité et diversifiée?.

Le parcours a été, sans nul doute, chaotique au départ. Détenteur d?un BTS en restauration, il s?installe à Maurice en 1989. Sa situation familiale s?y prête pour se lancer dans la pâtisserie surgelée, ses beaux-parents étant propriétaires d?une boulangerie à Pamplemousses. ?D?après mon analyse, c?était un marché qui devrait être porteur et innovateur?, explique-t-il. Bref, il s?agirait des tendances européennes adaptées aux couleurs locales.

Dès le début, en 1993, malheureusement, le marché ciblé, c?est-à-dire les hôtels, rejettent ses surgelés, préférant que les chefs et autres marmitons s?y attèllent. Une pratique contraire en Europe, explique Frédéric Lattes, où les hôtels achètent de tels produits pour laisser le soin à leurs personnels cuisiniers de concocter des plats recherchés.

Changement de cap nécessaire

Un changement de cap s?impose. Mille Pâtes cherche à alléger les soucis de la ménagère en proposant, dans des supermarchés, des surgelés. Il officie dans ces endroits pour inciter les clients. Le démarrage est lent. Et Mille Pâtes modifie son approche une fois de plus. Désormais, ce sont les supermarchés qui achètent et mettent au four ses surgelés.

Les préférences se précisent : pâtés et feuilletés. Et Mille Pâtes innove encore. Des traditionnels pâtés au poisson et b?uf, elle offre le poulet, et ses feuilletés sont fourrés aux amandes et au chocolat. A cet effet, Frédéric Lattes ajoute : ?Ce sont des mets à déguster, à savourer, et non pour se remplir le ventre?.

Au fil des années, les investissements dans les équipements se sont accrus. Le personnel aussi, passant de deux employés à 15. L?entreprise est passée du manuel à l?automatisation, par souci de qualité constante.

De nouveaux emballages, pour différencier un produit de l?autre, ont permis à l?entreprise de s?affirmer sur le marché. Aux nouvelles présentations s?est greffée la publicité faite par les radios privées en 2002, lors des émissions culinaires. Elles ont mis en valeur sa gamme de surgelés.

Aujourd?hui, l?entreprise tourne quand même en dessous de sa production : 600 kg par jour contre une capacité optimale de 1000 kg, atteinte uniquement en période de fêtes.

L?avenir dans la qualité

Il s?est désisté d?une partie de la clientèle en offrant que de la pâtisserie surgelée. D?une part, les Mauriciens ne disposent pas tous d?un four. Et de l?autre, ils sont plus friands de fritures, ce qui n?est pas ?forcément le meilleur type de cuisson?.

Désormais, Mille Pâtes diversifiera dans ce marché jugé ?haut de gamme?. Au restaurant de Grand-Baie, qui, forcément, sera son laboratoire de dégustation. Au menu, des salades, des sandwichs, du pain paysan, du pain de campagne. ?De quoi se remplir le ventre. Mais attention à ce qu?on mange !?, met en garde Frédéric Lattes.

Les Mauriciens de la présente génération se tournent davantage vers ce type de surgelés. Par souci de préserver sa clientèle, le directeur estime que l?avenir se trouve dans la qualité. Olfactive et gustative. Pour que fourmille Mille pâtes !

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