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Quand « Apollo Hospital »fait du charme

26 juillet 2008, 20:00

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«Assurer son avenir professionnel dans un hôpital de niveau international? » Apollo Hos-pitals Group, qui s?est associé à la British American Investment (BAI), sait parler aux gens. Si bien qu?à la date li-mite de l?appel à candidature pour de l?emploi, le 18 juillet, 2 500 personnes avaient soumis leur application. Soit sept fois plus que les 350 postes à pourvoir pour la première phase de recrutement. Une deuxiè-me phase pour embaucher 150 personnes sera lancée dans quelques mois.

Un tel engouement était à prévoir. « Ce centre de santé jouit d?une très bonne réputation en Inde et dans le monde. Les gens associent Apollo-Bramwell Hospi-tals à un centre offrant des soins à la pointe de la technologie. Et les postulants s?attendent que les salaires soient à la hauteur de la réputation de l?hôpital », commente un médecin à la retraite. Le fait de travailler dans une équipe de professionnels a aussi de quoi faire rêver.

Le revers de la médaille, c?est que le risque de voir le service public se vider un peu plus de ses ressources humaines existe bel et bien. Alors que l?hôpital fait souvent face à un manque de personnel, décou-ragé par les conditions de travail et les horaires ardus, les offres d?emploi d?Apollo-Bramwell Hospitals apparaissent comme une perspective salutaire.

Colmater les brèches</B>

Kuthy Periasamy, le président de la Nursing Association, le confirme : « C?est une nouvelle expérience à tenter et certains sont prêts à prendre le risque de quitter leur emploi après plusieurs années de service. Pour eux, c?est l?occasion unique de côtoyer les plus grands et les plus expérimentés dans la profession. »

Quant aux cliniques privées, elles ne cachent pas leurs craintes (voir encadré). Mais loin de s?avouer vaincues, elles affûtent leurs armes pour pallier le départ en masse de leurs employés. L?objectif : former, grâce à la nouvelle école d?infirmiers que lancera bientôt la City Clinic, une quantité suffisante de blouses blanches pour colmater les brèches. « Si nous ne nous y mettons pas aujourd?hui, nous ferons face à une crise sans précédent », affirme le Dr Patrick Chui Wan Cheong, directeur de la City Clinic.

Au quartier général d?Apollo on affiche la sérénité et on refuse de parler de « débauchage ». « Avec l?hôpital Apollo, ce sont de nouvelles opportunités qui s?offrent aux personnes qualifiées. Elles ont désormais le choix de venir travailler ici. Nous n?irons pas jusqu?à inciter une personne à quitter son emploi. Nous avons seulement pour objectif de trouver la meilleure équipe possible qui réponde aux exigences de qualité et aux normes de l?hôpital », souligne Javed Bolah, le Media and Communication Manager de la BAI.

<B>Les travaux avancent</B>

L?hôpital se tournera aussi vers les Mauriciens établis à l?étranger qui souhaiteraient rentrer travailler dans leur île natale. Ceux qui sont spécialisés dans des domaines de la médecine encore inexistants dans les hôpitaux publics seront aussi approchés. Enfin, une équipe d?Apollo venue de l?Inde sera appelée à consolider et diriger l?équipe mauricienne.

Le jeune Sanjeev (prénom modifié) espère bien faire partie de cette équipe. Employé dans un hôpital, et ayant récemment décroché son diplôme d?infirmier, il est l?un de ceux qui ont envoyé leur candidature pour un poste. « Ce qui m?intéresse, c?est de savoir que j?aurai l?opportunité d?être formé en permanence. L?hôpital offre des spécialités telles que la diabétologie, la neurochirurgie, l?oncologie de même que la télé-médecine. Si je suis pris, ce sera une chance inouïe pour moi? »

À Moka, les travaux avancent à grands pas. Plusieurs équipements doivent être maintenant installés avant la poursuite du chantier. « Selon le calendrier du projet, les travaux devaient prendre quelque 18 mois, ce qui est assez rapide pour ce genre de projet. Mais nous sommes confiants que le bâtiment sera terminé à la date prévue, vers février 2009 », poursuit Javed Bolah. Avec lui se dessine le nouveau paysage médical du pays?

<B>La crainte des cliniques privées</B>

Les cliniques privées ont peur. Et leurs directeurs se disent impuissants face à l?exode de main-d??uvre qui les attend. « C?est sûr que beaucoup d?entre nous, craignent le départ des infirmiers et des médecins employés dans nos cliniques. Pour les encourager à rester, la seule solution serait d?augmenter les salaires ou de se mettre au diapason avec l?hôpital Apollo en offrant les mêmes services. Mais la deuxième option est impossible pour le moment », affirme le Dr Patrick Chui Wan Cheong, l?ex-président de l?Asso-ciation des cliniques privées et directeur de la City Clinic. Cependant, l?entreprise dirigée par le Dr Chui Wan Cheong mise sur la prochaine ouverture de sa School of Nursing en octobre prochain pour rétablir l?équilibre. Le Patrick Sana College of Health Sciences, dont les diplômes seront délivrés par la Vinakayak Mission University, formera un premier groupe de 120 élèves qui aura la possibilité de se spécialiser en ophtalmologie ou encore de travailler dans des salles d?opération. Leurs diplômes en poche, ces élèves seront déployés dans les différentes cliniques privées où leurs compétences seront requises.

<B> « Apollo » prépare sa main-d??uvre</B>

L?idée a su séduire bon nombre de jeunes et de moins jeunes. Après une formation de trois ans en nursage, ils auront la possibilité de travailler au sein de l?Apollo-Bramwell Hospital de Moka. Les candidats seront choisis après avoir subi un examen d?entrée. Seuls les 60 à 80 meilleurs décrocheront une place. Et la compétition risque d?être rude. À un jour de la date limite de l?appel à candidature, fixée à de-main, les demandes continuent d?affluer. D?une durée de trois ans, les cours en nursage seront dispensés sous forme d?enseignement théorique, de travaux pratiques et de stages. Le diplôme sera délivré par l?université de Maurice.

Toutefois, en attendant l?ouverture de la School of Nursing de Moka, toujours en construction, les élèves suivront les cours au Rabita Hall de Port-Louis. Des salles seront aménagées pour accueillir les étudiants temporairement. La School of Nursing offrira, elle, toutes les structures nécessaires.

<B>En chiffres</B>

Le nombre de postes à pourvoir chez Apollo-Bramwell Hospitals est comme suit :

<B>350 </B>personnes seront recrutées dans un premier temps.

<B>500</B> personnes trouveront de l?emploi la première année.

<B>110 </B>consultants médicaux seront embauchés.

<B>225 </B>infirmiers seront nécessaires.

<B>94 </B>personnes feront partie du personnel médical et technique.

<B>215</B> employés travailleront aux Hospital Support Services.

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