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Quand saveurs locales riment avec cuisine santé
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Quand saveurs locales riment avec cuisine santé
Bien se nourrir. Soit. Vieille rengaine longtemps fredonnée, mais pas toujours appliquée. Comment adopter une bonne hygiène alimentaire tout en conservant notre culture gastronomique ? Cette forte charge émotive liée aux odeurs et saveurs de la cuisine mauricienne qu?il nous incombe d?entretenir. En ne boudant ni briani, ni dhollpuri, ni autre teokon.
Ce sont les habitudes qu?il est opportun de changer et non la nature même de l?alimentation. Consommer un succulent plat de briani ne se fait plus uniquement lors des festivités mais devient, pour certains, une habitude quasi quotidienne. Ce que déplore Rosida Dhookhun, diététicienne. ?Il faudrait à la limite se contenter de manger ce plat très riche une fois par semaine. Le briani est, malheureusement, entré dans la gamme des fast-foods. On en voit des débits à tous les coins de rue de Port-Louis. J?aurais préféré voir se multiplier des échoppes de poissons grillés pour nous qui sommes entourés d?eau.?
De même, on a tendance à oublier que les deux paires de dhollpuri qu?on mange sur le pouce et auxquelles on rajouterait au préalable un jus de fruit ou un fruit et un yaourt constituent le repas de midi. Et non un complément de son sandwich. Sa consommation devient plutôt le résultat d?un grignotage permanent. Ce qui est à bannir.
?Le menu-type de la cuisine mauricienne en riz, légumineuses et brède est loin d?être mauvais. Le problème c?est le nombre de portions et la quantité des catégories de denrées alimentaires qu?il importe de respecter?, rappelle Rosida Dhookhun.
<B>Privilégier une cuisine à l?étouffée</B>
?La conception mauricienne de l?hospitalité veut que bien recevoir soit synonyme d?étouffer son invité avec des aliments.? Une population, aujourd?hui de plus en plus sédentarisée, continue à se nourrir dans les mêmes proportions que ses ancêtres. Eux s?adonnaient à des travaux manuels et étaient d?autant plus mobiles.
Faire moins d?exercices physiques doit logiquement entraîner une moindre consommation de glucides. Concernant le volume des aliments, les Américains ont adopté le système pyramidal en sachant que la pointe de la pyramide est la graisse et la base, les hydrates de carbone. Les Canadiens ont opté l?arc-en-ciel et les Chinois la pagode. ?Les Mauriciens se sont calqués sur l?exemple britannique qui est le plate-model. Grosso modo, on divise l?assiette en trois parties qui sont un tiers de fruits et légumes, un tiers de protides et un tiers d?hydrates de carbone. Mais en aucun cas il ne faudrait dépasser les 50 % de glucides.? Et surtout ne pas dépasser une assiette de nourriture. ?Il faut aplanir le tas de riz que nous avons tendance à mettre dans notre assiette?, explique Shashee Joganah, chef nutritionniste au ministère de la Santé. Ce schéma de plate-model, observe-t-elle, doit être obligatoirement appliqué par tout adulte et enfant à partir de cinq ans.
Autre marotte mauricienne : l?utilisation immodérée de graisse dans notre mode de cuisson. Ce qui fait grossir ce ne sont pas forcément les aliments mais tous les assaisonnements qui les accompagnent. Pourquoi ne pas, alors, privilégier une cuisine à l?étouffée ? Huiles et beurre soulignent la saveur des aliments mauriciens. Ils apportent des acides gras poly-insaturés à l?organisme mais une à deux cuillérées suffisent pour nos besoins quotidiens.
Pourquoi ne pas faire ce retour en arrière vers les en-cas de nos grands-parents tels la vermicelle au lait, le pudding de maïs, la semoule de blé ? Au lieu de voir nos enfants un sachet de chips à la main. Un quatre-heures traditionnel et rassasiant qui permet de patienter jusqu?au dîner.
Il est vrai qu?on assiste à une petite révolution dans les habitudes culinaires de la jeune génération. Elles s?occidentalisent de plus en plus. ?C?est même un effet de mode. C?est plus in de dire, lors d?une sortie, qu?on va manger une pizza ou hamburger-frite que de dire qu?on va manger des brèdes.? commente Rosida Dhookhun.
?Les parents doivent prendre conscience qu?il est impératif d?adopter très tôt les bonnes habitudes pour pouvoir les inculquer à leurs enfants. Ne plus les voir dans les rues, avec une bouteille de boisson gazeuse sucrée à la main.? Il y va de la santé de toute une génération à venir.
EVÉNEMENT
Omelettes eggtraordinaires !
■ Dans le parking de Shoprite, une drôle de cuisson a eu lieu samedi matin. 10 000 ?ufs ont été nécessaires pour concocter deux omelettes géantes. Pour les Journées mondiales de l?oeuf, de l?alimentation, et de la Lutte contre la Pauvreté, les 13, 16 et 17 octobre respectivement, les employés de Ceres Ltd ont mis le paquet. ?On a voulu innover en faisant un événement grandiose et en engageant les employés pour la bonne cause?, a déclaré Bruno Florens, ?Marketing Manager? chez Ceres Ltd. A son initiative, toute l?équipe de Ceres et d?Oeudor a donc décidé de relever le défi. Avec comme guides le président, Murday Gopalsamy, le trésorier, Vijranand Kallooa et un autre chef, Allan Payen de la Mauritius Chefs Association, la centaine d?employés a mis la main à la pâte. Transformé en aide-cuisinier pour l?occasion, Jean-Baptiste Wiehé, le directeur d?Oeudor savoure ses nouvelles responsabilités. ?C?est merveilleux ! Aujourd?hui je reçois les ordres alors que d?habitude c?est moi qui les donne?, dit-il. Pour ces deux omelettes extra-géantes, la cuisson s?est faite dans une énorme poêle de 40 mètres de diamètre fabriquée par Gerolain Mechanical Services Co Ltd et sur un réchaud de même largeur. Alimenté par six bonbonnes de gaz fournies par Total , ce réchaud a été forgé par Mario Philogène de HIQ Works Ltd et a nécessité selon lui ?environ dix jours de travail.? Un bon fumet se répand... Premier essai, premier succès, selon le président de la Mauritius Chefs Association. ?C?est un événement à but caritatif qui vise à sensibiliser les gens. L??uf, source de protéine, est très bon pour la santé.? L?omelette coupée en petits morceaux, elle est distribuée au public. Plus de 3 000 parts sont acheminées dans plus d?une vingtaine d?établissements sociaux.
PRATIQUE
Petites astuces de dietéticienne
■ Buvez deux litres d?eau (à adapter en fonction du poids de chacun). A bannir les boissons gazeuses sucrées. Privilégiez les jus de fruits pressés ou sans sucre ajouté (qui sont hélas à des prix exorbitants). Faites le plein de fruits de saison et de légumes. (Pour ceux qui ont tendance à occulter les légumes faute de temps. Nettoyez-les et épluchez-les à l?avance et conservez-les hermétiquement. N?entretenez pas un sentiment de privation. Alternez ?dhollpuri? et repas équilibré. Favorisez les légumineuses. Pour ceux qui courent derrière le temps, pré-cuisez-les et congelez-les. Changez de mode de cuisson. Bannissez les bains d?huile. Optez pour une cuisson à la chinoise. Mangez du poisson et surtout ne boudez pas les boîtes de sardines. Variez vos huiles. Assaisonnez avec de l?huile de sésame et de l?huile d?olive. A la sortie du bureau, rangez votre baguette de pain chaud dans le coffre de la voiture pour ne pas être tenté de la finir avant votre arrivée à la maison.
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