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Quand l?expérimentation animale fait débat
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Quand l?expérimentation animale fait débat
Notre précédente une ? qui faisait état du commerce de singes mauriciens envoyés comme cobayes à l?étranger ? a suscité des réactions. La première, reçue le jour même de la parution de notre dossier Singes : du paradis à l?enfer, vient du Canada et fait état d?une nouvelle campagne contre notre pays, photo à l?appui. Un « courriel » d?Antidote Europe explique pourquoi cette association est contre l?expérimentation animale pour des raisons scientifiques. Une thèse que récuse l?agence de communication Odysseus, porte-parole des éleveurs mauriciens. Dans une « mise au point », celle-ci, tout en concédant que notre article « sur ce sujet fort complexe est journalistiquement correct », affirme que « l?expérimentation animale ne signifie pas, de facto, douleur, stress ou torture ». Mais pour Arvind Beenraj Aubeeluck de l?Union des forces vives de Rivière-Sèche, Floréal, ce commerce n?est qu?« un trafic de la honte ».
■ Antidote Europe : « Nous sommes scientifiquement contre »
Monsieur le rédacteur en chef,
À la suite de votre dossier qui cite Antidote Europe, nous voudrions ajouter quelques précisions : notre association a été créée par des chercheurs du Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Nous ?uvrons pour une meilleure sécurité sanitaire humaine mais nous sommes opposés à l?expérimentation animale pour des motifs strictement scientifiques. En effet, les découvertes de la seconde moitié du xxe siècle permettent de démontrer qu?aucune espèce animale n?est un modèle biologique fiable pour une autre. La génétique et la biologie moléculaire nous ont appris que le patrimoine génétique de chaque espèce détermine ses propriétés biologiques. Or, comme chaque espèce a un patrimoine génétique unique, chacune a aussi des propriétés biologiques qui lui sont propres. Vouloir transposer les résultats obtenus d?une espèce à une autre constitue donc une erreur scientifique que les victimes humaines paient parfois très cher. C?est ainsi que six volontaires humains sains ont frôlé la mort en mars dernier à Londres, lors d?un essai clinique de médicament qui n?avait pourtant pas causé de troubles à des lapins ni à des singes. [?]
Autre exemple, le chimpanzé, dont le patrimoine génétique est le plus proche de l?humain, ne développe aucune maladie à la suite d?une infection par le virus HIV et ne développe qu?une hépatite bénigne à la suite d?une infection par le virus de l?hépatite B ; par contre, il décède, comme nous, à la suite d?une infection par le virus Ebola. Le meilleur modèle animal possible peut donc se comporter de façon opposée, différente ou identique à l?humain, sans que l?on puisse le savoir à l?avance, ce qui rend impossible toute prédiction de réaction humaine à partir d?une observation faite sur le chimpanzé, a fortiori sur d?autres animaux. Vous trouverez davantage de précisions sur notre site : http://www.antidote-europe.org.
« The campaign is also in North America »
With reference to the article appeared in today?s issue of the l?express dimanche regarding the export of monkeys from Mauritius for research purposes, I would like to bring to your attention that the campaign against Mauritius is not only taking place in Europe but in North America also. Attached is a picture of a campaign by Animal Rights Activists in Montreal, Canada.
It is a very sad state of affairs that Mauritius is indulging in a business that is very sensitive to the customers of its most important economic pillar.
This picture was also sent to the Ministry of Tourism on 24th June.
Regards,
Souraindra BALLOO Montreal, Canada
■ Éleveurs locaux : « Les singes ne quittent PAS le paradis pour l?enfer »
En référence à votre article, nous souhaitons vous apporter la mise au point suivante, ainsi que quelques compléments d?information :
L?utilisation des singes en recherche biomédicale fait toujours débat entre la communauté scientifique et certaines sensibilités, en Europe comme aux États-Unis. Pour soutenir leur cause, les deux parties avancent la même raison : les similitudes entre le singe et l?homme.
L?opinion publique, surtout dans ce domaine, se doit d?être informée avec précision pour être en mesure de formuler un jugement libre de « partisanerie ».
Votre article sur ce sujet fort complexe est journalistiquement correct. En revanche, le titre Singes : du paradis à l?enfer dénote à notre avis une regrettable prise de position.
Les singes de Maurice NE QUITTENT PAS le « paradis » pour « l?enfer », comme vous le décrétez. L?expérimentation animale ne signifie pas, de facto, douleur, stress ou torture. D?une part les protocoles de recherche n?imposent pas la douleur, d?autre part les législations européennes et américaines exigent qu?en cas de risque de douleur des mesures soient prises pour la prévenir ou la limiter.
Il n?y a pas, jusqu?à preuve du contraire, d?autres alternatives, si nous voulons que la médecine progresse pour le bien-être de tous, y compris celui des animaux.
Malgré les progrès de l?expérimentation in vitro, le recours aux animaux en recherche biomédicale est toujours indispensable. Parallèlement à des avancées dans le domaine des études cliniques, le recours à des singes en recherche biomédicale reste inévitable, notamment en ce qui concerne les maladies cardiovasculaires et cérébrales, les troubles respiratoires et le diabète ainsi que pour l?élaboration de vaccins contre le sida et d?autres maladies virales. [?]
Quelles que soient leurs destinations, les livraisons sont contrôlées à l?arrivée par les services vétérinaires du pays destinataire. Depuis le début de leur activité, qui remonte à plus de vingt ans, les éleveurs mauriciens n?ont eu à déplorer aucun décès, sans exception, pendant le transport aérien et routier vers l?étranger. [?]
Percy KAMANAH Odysseus PR (pour la Cyno Breeders Association)
■ « Shameful in the 21st century »
Dear Mr Editor
Although I have mixed feelings about the campaign being led internationally by at least two animal rights organizations, I cannot help but think of the atrocities and sins that are committed by the three secretive breeding stations [?] I would hope that the ministers involved respond swiftly and decisively to avoid this cancer from spreading all over European capitals by rapidly doing the right thing which is to ban for ever the monkey breeding and export business.
This is not only shameful in the 21st century and aside from all the disrepute it brings Mauritius by portraying us as cheap and insensitive, it is also morally wrong. Not dealing with this issue this time round is going to hurt us all in the pocket book eventually. Do not underestimate the threats of these organizations as their activists are resolute and committed to see their project through.
Dr Bheemdev Meetarbhan (Canada)
■ Réveillez-vous ou jamais !
C?est malheureux de constater que Maurice se retrouve dans la liste des pays qui font ce commerce. C?est un vrai trafic de la honte, comme nous dit Gateway to hell. J?ai été sur le site www.covancecruelty.com et je me suis senti touché au c?ur. [?] C?est une grande honte pour nous car les Anglais et d?autres organisations ont manifesté devant notre ambassade à Londres avec des slogans et des images (« Mauritius monkey murderers »). Et tout ça a été dit sur la BBC radio. [?] Pourquoi ce commerce continue ? C?est parce que nous ne faisons rien. [?] Soyons un peu sérieux les jeunes, c?est nous qui représenterons les autorités de demain, mais surtout pas nous qui allons tolérer la vivisection !
Arvind Deenraj Aubeeluck Secrétaire des forces vives de Rivière-Sèche, Floréal.
Notre réponse : « Triste odyssée »
Nous comprenons que les éleveurs mauriciens, par le biais d?Odysseus, veulent défendre leur business. Quant à nous, nous assumons la totalité de notre article ? « journalistiquement correct » ? et aussi notre titre de une. Car nous pensons que finir dans un laboratoire ? loin d?être un spa ! ? ne peut qu?être une? odyssée infernale pour les singes.
Et ce, peu importe la cause?
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