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Quand les enfants mettent leurs droits en images

31 mai 2004, 20:00

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Une invitation à s?exprimer sur les droits de l?enfant. Et nos jeunes ont répondu présents à cet appel lancé il y a un peu plus d?un mois. La moisson a été riche : plus de 400 feuillets de participation remplis, 316 peintures réalisées sur toile écrue, une centaine de dessins exécutés sur papier ou sur bristol. Une initiative signée Shirin Aumeeruddy-Cziffra, Ombudsperson des enfants en collaboration avec le ministère de la Femme et le National Women?s Council.

Parmi ceux à avoir réalisé une peinture sur toile écrue : Jonathan et Sephora Marianne, âgés de 16 et 12 ans, et Elsa Prodigue, 14 ans. Ils ont participé pour se familiariser avec la Convention des droits de l?enfant.

Ainsi, à l?appel des organisateurs, le 8 mai dernier, ils se sont rendus à l?esplanade du Plaza où, à l?issue d?un exposé sur leurs droits, ils se sont exprimés librement sur la ?non-discrimination?. ?Nous avons choisi ce droit car certains de nos amis ont subi la discrimination. Et puis, c?était plus facile à illustrer?, expliquent-ils.

Jonathan a dessiné un paysage entre mer et terre, mi-ensoleillé, mi-pluvieux, au sein duquel évoluent en toute égalité quatre personnages d?ethnies différentes. Ils sont très fiers du résultat et se disent prêts à éduquer leurs semblables sur leurs droits. Car ils les maîtrisent mieux désormais.

Shirin Aumeeruddy-Cziffra est ravie des réactions obtenues. ?Je suis ravie que le projet ait intéressé autant d?enfants et d?écoles. Le ministère de l?Education et les organisations non gouvernementales ont aussi joué le jeu à fond.? Sa satisfaction tient également du fait que comme elle l?a souhaité, d?autres instances dont le SOS Village des enfants ou le Pre-School Trust Fund, se sont approprié le projet et se sont exprimées à leur façon.

Les 316 ?uvres en toile écrue réalisées ont été cousues en une centaine d?énormes banderoles. Celles-ci seront placées dès aujourd?hui sur les bâtiments publics stratégiques du pays. Une partie des dessins sur papier et bristol est exposée au bureau de l?Ombudsperson des enfants au NPF Building à Beau-Bassin et, une autre, à la galerie Max Boullé.

<B>Discipliner sans étouffer l?enfant</B>

Si elle entend rendre annuelle cette campagne et s?y prendre plus tôt dans son organisation l?an prochain, c?est-à-dire dès janvier 2005, l?Ombudsperson des enfants trouve regrettable que les enfants sont encore timides dans leur expression orale. ?C?est le résultat d?un certain type d?éducation. Il est malheureux que dans les écoles, ce soit surtout le droit au silence qui prime. L?enfant ne peut pas faire de bruit, ne peut être naturel. Il entre dans un moule. Un adolescent doit pouvoir remettre en question ce qui l?entoure car s?il ne peut le faire ni à l?école, ni à la maison, il se défoulera dans l?alcool, le tabagisme, la drogue, le jeu. Les enfants doivent avoir un espace pour s?exprimer librement, tout en étant encadrés par les enseignants et leurs parents. Le seul espace où ils peuvent se défouler est le sport. Mais c?est insuffisant.?

Il y a certes quelques initiatives comme le thé-âtre pour enfants par la Troupe Favory ou encore la musique par les groupes Abaim ou l?atelier Mo?zar. Mais ce n?est pas la tendance générale. ?Il est grand temps de revoir tout cela. Il faut certes de la discipline en classe mais sans étouffer la personnalité de l?enfant.?

Pour la prochaine campagne, Shrin Aumeeruddy-Cziffra pense que l?accent devrait être mis sur deux droits : la ?non-discrimination? qui, selon elle, est encore mal comprise par les enfants et ?l?intérêt supérieur de l?enfant? qui doit être considéré avant de prendre toute décision les concernant.

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