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Quand le petit planteur passe du «caro» au bureau

20 octobre 2008, 20:00

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Quand le petit planteur passe  du «caro» au bureau

L?agriculteur nouveau est arrivé. C?en est fini du pantalon retroussé dans des bottes boueuses et du t-shirt informe couvert de poussière. Terminées les journées passées dans le «caro» sous un soleil de plomb? Aujourd?hui, la mécanisation rend les choses plus faciles. C?est d?ailleurs aujourd?hui, que débute la première récolte de pommes de terre au mayen de machines, dans la plantation de Gansam Boodram, âgé de 45 ans.

Du «caro» au «biro», Gansam Boodram explique : «L?agriculture traditionnelle, c?est fini. Avant, il fallait beaucoup de temps et de main-d?oeuvre dans les champs contrairement à maintenant où les machines sont de plus en plus présentes».

Certes, Gansam Boodram fait des journées de 12 heures, mais c?est confortablement installé dans son immense bureau de Solférino, qu?il mène ses activités. Avec sa chemise et son pantalon impeccablement repassés, seules ses chaussures couvertes de boue témoignent du fait qu?il fait un saut quotidien dans les champs. Sur sa table, trône un «planner» et un livre sur la culture de la pomme de terre en Afrique du Sud. Au mur, des affiches expliquent comment cultiver la tomate et la laitue.

Gansam en sait quelque chose. Il a beaucoup investi dans la mécanisation et c?est ce qui lui permet cette année de cultiver 15 arpents de pomme de terre. «Si nous devions le faire manuellement, la main-d??uvre serait trop chère et nous ne serions pas compétitifs. Auourd?hui, gérer une plantation, c?est comme gérer une usine. Il faut avoir le sens du management.»

<B> «L?agriculteur nouveau»</B>

Lorsque, au milieu des années 80, Gansam Boodram est appelé à reprendre les rênes de la plantation familiale, il décide de «miser sur la formation». Il met le cap sur Israël pour décrocher un diplôme en agronomie. Depuis, il aborde chaque nouveau défi qui se présente par une formation. Histoire de bien acquérir toutes les techniques avant de se lancer.

C?est ainsi que lorsqu?il a voulu investir dans la culture hydroponique, il s?est envolé pour la Hollande. Il y est resté six mois avant de revenir avec de nouvelles idées en tête et les outils pour mettre en pratique son projet.

Lorsqu?il a décidé de diversifier ses activités, c?est aux Etats-Unis qu?il a suivi une formation de trois mois sur la gestion d?une ferme. Et comme aujourd?hui, «chaque goutte d?eau compte», c?est en Israël, l?année dernière, qu?il s?est penché sur la Water and irrigation management.

La formation, Gansam Boodram y croit. Pour lui, mais également pour ses employés qu?il encourage à poursuivre des études. «En ce moment, nous employons des diplômés de l?université de Maurice mais d?ici un an ou deux et dépendant de leur évolution, il est possible que nous sponsorisions un de ces jeunes pour qu?il fasse une maîtrise dans un secteur de l?agriculture dans lequel nous pourrions avoir besoin d?un spécialiste.»

Surtout que chez Greenworld Co. Ltd et Freshlink Ltd., compagnies que Gansam Boodram a créées en 2003 et où il emploie environ 25 personnes, l?on suit de «très près le projet de Food Security du gouvernement».

Conscient qu?à Maurice «nous sommes un peu limités en terme d?espace», cela fait une dizaine d?années que l?agriculteur s?est implanté au Mozambique où des tests pour la culture du riz, de la pomme de terre et des oignons ont récemment été faits. «Je pense à l?avenir à la culture du blé, du maïs et du tournesol.»

L?avenir, il y pense sans arrêt. C?est pour cela qu?il est un des rares agriculteurs à Maurice à s?être lancé dans la culture hydroponique de pomme d?amour, «un marché porteur». Lorsque le MSIRI a lancé une campagne pour promouvoir la culture de la pomme de terre, Gansam Boodram a tenté l?aventure y voyant, avec le spectre de la crise alimentaire, une opportunité d?avenir. «San la, li vast e ena boukou kitsoz ki kapav fer.»

Pour cet «agriculteur nouveau», la «nouvelle agriculture» est indissociable de «la formation comme des voyages dans les pays où l?agriculture connaît un développement, des foires et des conférences internationales sur l?agriculture». Pour la petite histoire, il a parcouru pas moins de 20 pays avant de choisir ses serres pour la culture hydroponique. «Si nou pa ti fer sa, nou pa ti pou kapav travay. Il ajoute toutefois : «Avant toute chose, il faut aimer la terre car l?agriculture n?est pas un métier plus difficile qu?un autre .»

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