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Quand la «Minor» prend une place majeure
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Quand la «Minor» prend une place majeure
Le matin lorsqu?il se réveille, il lui donne son «bain». Il la «caresse». L?admire d?un regard attendri. Son épouse lui reproche de la négliger au profit de sa? Morris Minor 1000. Cette voiture, voilà 25 ans que Laurent Chan en est tombé amoureux. Le Rocheboisien ne parle pas de coup de foudre mais d?un amour qui s?est construit au fil de leur «relation».
Un amour qui débute le jour où son voisin, propriétaire de plusieurs voitures, dont une Minor, lui propose de la lui vendre. Laurent fait une affaire. Il vend sa motocyclette Yamaha à Rs12 500 et achète la Minor à Rs10 000. «C?était un cadeau.» Aujourd?hui, il ne la sort de son garage que le week-end, «pour aller acheter les journaux ou faire de petites emplettes». C?est d?ailleurs le cas de la plupart des propriétaires de Minor. Ils l?utilisent désormais comme «voiture du dimanche».
La Morris Minor est devenue, plus de 50 ans après son introduction dans l?île, un véhicule de collection. Elle qui fut d?abord importée pour être utilisée comme taxi. Les quadragénaires se souviennent des «local» pour quelques sous ou quelques roupies. Gilbert Desvaux rappelle que «la Minor a beaucoup aidé le petit peuple à se déplacer pendant des années». Cet autre passionné, à l?origine de la création du Maurice Minor Club, veut désormais «faire revivre l?histoire». Que davantage de «jeunes demoiselles» roulent sur le bitume mauricien.
Pour que d?autres prennent la relève après lui, Gilbert Desvaux a transmis sa passion à ses enfants. Depuis deux semaines, Marc, son fils de 24 ans, est propriétaire d?une Minor. Mieux, Coralie, sa fille de 12 ans, a une Minor de 1951 à son nom.
Bon nombre d?automobilistes ont appris à conduire dans ce genre de véhicule. Voiture robuste et économique, elle a eu pendant longtemps les faveurs des moniteurs d?auto-école. A 76 ans, Foo Cheung Ah Voon, est le dernier moniteur d?auto-école utilisant une Morris Minor. Un partenariat vieux de 40 ans.
Sa Morris b?uf, Foo Cheung Ah Voon l?avait achetée en 1968 pour la modique somme de Rs 200. Il espère en tirer plus de Rs 50 000 à sa retraite.
<B>Nouveau moteur sous le capot</B>
Qui dit voiture ancienne dit certainement entretien régulier et peut-être même difficulté à trouver des pièces de rechange. Laurent Chan soutient que 60 % des propriétaires de Minor ont changé le moteur de leur voiture. Avec un nouveau moteur sous le capot, les Minor retrouvent une seconde jeunesse. Mais Foo Cheung Ah Voon préfère ne pas trop appuyer sur l?accélérateur car aussi bien entretenue qu?elle puisse être, «une vieille voiture demeure une vieille voiture».
Lorsqu?il remplace le moteur de sa Minor, il y a 15 ans, Laurent Chan souhaite, lui, «rouler plus vite». Depuis, au volant de sa voiture blanche et rouge ornée du logo de Coca-Cola, il file à vive allure sur l?autoroute. Et sa voiture attire l?attention. «J?ai eu plusieurs offres à plus de Rs 100 000 et même une offre de Rs 200 000 d?une Française qui vivait à Grand-Baie», déclare-t-il.
Les passionnés sont en effet à l?affût de la moindre opportunité pour s?offrir cette «merveille». Si Clifford Dove, propriétaire d?une Morris Minor 1000 depuis janvier de cette année, l?a dénichée à travers une petite annonce dans la presse, Gilbert Desvaux, lui, sillonne les rues de Maurice à la recherche de la perle rare. Deux ou trois Minor sont nécessaires pour en retaper une. «Je prends le capot sur une, la carrosserie sur l?autre et le moteur sur la troisième», explique Gilbert Desvaux.
Mais d?où vient cet engouement des Mauriciens pour cette voiture ? Tous s?accordent pour dire que ses «formes arrondies» y sont pour quelque chose. Pourvue de deux ou quatre portes, Minor 1000 ou Minor B?uf, la belle anglaise attire toujours autant les Mauriciens. Et même si elle est absente des chaînes de production depuis le début des années 70, l?entretien régulier prodigué par les passionnés assurera la pérennité de la voiture. Mais jusqu?à quand ? Peut-on s?attendre à une nouvelle version de la Minor, comme cela a été le cas pour la Coccinelle, la Mini, ou la Fiat 500 ?
<B>Valérie OLLA</B>
Le Maurice Minor Club en bref
Nombre de passionnés l?avaient souhaité, il l?a fait. Gilbert Desvaux dit avoir accompli un «travail de fourmi» afin de mettre sur pied le Maurice Minor Club. Jusqu?à présent, il a recensé une trentaine de propriétaires de Morris Minor. Des Minor 1000, des Minor B?uf, des vans et des décapotables. «50 % des voitures ne roulaient pas faute d?assurance», précise-t-il. Comme les propriétaires de Coccinelle ou d?autres voitures anciennes, ceux de Minor rencontrent des difficultés pour assurer leur «bijou». Ou alors ça coûte très cher. Il fallait compter entre Rs 7 000 et Rs 10 000. «J?ai discuté avec une compagnie d?assurance et elle a accepté de réduire le prix.» Les propriétaires de ces voitures doivent désormais débourser Rs 4 500 pour l?assurer. Le club n?est pas encore enregistré mais cela ne saurait tarder. Son but est d?aider les propriétaires de Minor à les remettre en état.
Rendez-vous aux amateurs
Après une première sortie au début du mois de juillet, le Maurice Minor Club en organise une deuxième ce dimanche 12 août. Rendez-vous est donné aux propriétaires de Minor à 9 heures sur le parking du Trianon Shopping Park. Le public est attendu à 9 h 30. A midi, un cortège composé d?une quinzaine de Minor quittera Trianon pour Port-Louis. Ensuite, direction Grand-Baie. Le rallye se terminera à Mon-Choisy.
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