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Quand la Chine réévaluera sa devise

27 janvier 2004, 20:00

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Depuis plusieurs mois, une des interrogations des marchés financiers concerne la sous-évaluation flagrante des devises asiatiques, par rapport notamment au dollar américain. Parmi les devises asiatiques, la devise chinoise (CNY ou plus communément RMB) est la plus importante, du fait de la position de leader de l?économie chinoise en Asie.

Or, le taux de change du RMB est indexé sur le dollar. Il faut donc un changement volontaire de stratégie de la part de la Banque Centrale de Chine (PBoC) pour que le RMB soit réévalué, les forces du marché ne pouvant le faire.

Depuis un an, mais surtout depuis septembre 2003, les marchés financiers pensent que la PBoC va modifier l?indexation de sa devise, en se positionnant par rapport à un panier de devises et non plus par rapport au dollar. Ainsi, les taux ?forward? à un an US$/CNY sont-ils passés de 8.3 (niveau de l?indexation) à 7.8 entre le début de 2003 et aujourd?hui.

En l?absence de réévaluation, les Banques centrales asiatiques se trouvent avec des surplus énormes, réinvestis jusqu?à présent en dollars. La production industrielle chinoise progresse de plus en plus rapidement (entre 15 % et 17.5 % de croissance en 2003), alors que les taux d?intérêt demeurent autour de 2.5 %, cet écart étant une preuve de surchauffe et de hausse des prix à la production à venir.

Les signaux inflationnistes sont présents, quoique la hausse récente des prix à la consommation en Chine soit liée surtout à des problèmes d?approvisionnement en nourriture. Politiquement, cette hausse est un sujet d?une extrême sensibilité, puisqu?on se souvient que les mouvements de la Place Tien-An-Men avaient fait suite à d?importantes hausses des prix. Les actifs tels que les actions et l?immobilier urbain se sont également envolés depuis un an.

A court terme, la solution ne passe pas par une réévaluation du RMB. Elle se situe plutôt dans une gestion beaucoup plus rigide de la dette des banques, c?est-à-dire un renforcement des conditions de crédit, le système bancaire n?ayant fonctionné jusqu?ici que comme une extension du gouvernement. Les banques chinoises vont être amenées à varier les conditions de crédit en fonction de la solvabilité de l?emprunteur, ce qui n?était pas vraiment le cas jusqu?à présent.

Supposons qu?en 2004, l?indexation du RMB ne soit pas modifiée mais que par contre les taux d?intérêt américains montent : ceci aurait pour effet de renforcer le dollar et les devises asiatiques, les investisseurs étant attirés par des taux plus attractifs, par contre l?impact sur les marchés actions et obligations des pays développés serait sans aucun doute très négatif.

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