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Quand étudier rime avec émigrer
Higher School Certificate en poche, Ajay Bissessur se voit déjà dans le hall d?arrivée d?un aéroport pour ses études à l?étranger? et plus, si affinités. Son problème, et il est de taille, est qu?il n?a aucune idée du sol qu?il ira fouler. Son c?ur balance entre la Grande-Bretagne, la France et l?Australie. Il est également au fait de la qualité des universités indiennes, même si l?Inde ne lui semble pas propice à? l?émigration.
Comme lui, des milliers de Mauriciens se trouvent dans ce même «dilemme». Cette année encore, ces jeunes frais émoulus de l?éducation secondaire se demandent quel pays choisir pour leurs études tertiaires.
Le choix se fait de plus en plus avec des velléités d?immigration, estiment ambassades et organismes qui accompagnent l?étudiant vers l?étranger. Traditionnellement, la Grande-Bretagne, la France et l?Australie sont les plus prisés avec plus de 3 000 étudiants mauriciens chaque année. L?Inde est bonne pour 500 étudiants qui s?y rendent annuellement avec cependant leur billet de retour en poche.
Aussitôt les études tertiaires terminées, la majorité de ces jeunes Mauriciens ira à la recherche d?un emploi en vue de s?installer à l?étranger pour un laps de temps plus ou moins long, dépendant des débouchés offerts.
L?australie friande d?étudiants
«Après ma licence en économie, j?ai comparé le marché de l?emploi à Maurice à la situation en France. Inutile de dire que salaire et qualité de vie sont nettement supérieurs là-bas», témoigne Maryse Desveaux. Depuis trois ans, elle travaille à Toulouse, dans la succursale d?une banque comme conseillère. Son retour au pays n?est pas à l?ordre du jour.
Et elle est loin d?être l?exception qui confirme la règle. «Depuis l?an dernier, le nombre d?étudiants qui nous posent des questions sur l?immigration a augmenté. Beaucoup d?étudiants sont restés en Australie après leurs études», constate Christine Faugoo, directrice de Education Australia (Maurice). Même discours au British Council et à l?ambassade de France.
Pour les études en Australie, c?est l?IDP qui fait référence. Cet institut de promotion des universités australiennes est contrôlé par un consortium regroupant 38 des 41 universités de ce pays. Avec plus de 100 bureaux éparpillés dans 55 pays, l?institut a pour principal objectif le recrutement des étudiants étrangers. L?IDP accompagne gratuitement l?étudiant qui souhaite étudier en Australie dans toutes ses démarches, y compris la demande de visa.
C?est probablement pour cette raison que l?Australie est entrée dans le top 4 des destinations recherchées pour les études supérieures. De 50 étudiants en 1996, le chiffre a évolué à plus de 500 l?an dernier. «En ce moment, 2 000 à 3 000 Mauriciens s?y trouvent pour leurs études. Environ 20 % resteront», analyse Christine Faugoo.
Le coût relativement abordable des études en Australie est un élément capital. Il faudrait un peu plus de Rs 500 000 par an pour financer les études et y vivre. Avant de pouvoir partir, une garantie bancaire de Rs 500 000, pour couvrir la première année d?étude, est exigée par l?Australie.
Une fois au pays des kangourous, beaucoup d?étudiants font du travail à temps partiel. «Un étudiant peut travailler 20 heures par semaine. Avec 10 heures de travail hebdomadaires, un étudiant pourra couvrir environ trois-quarts des frais», soutient Christine Faugoo. Les filières informatiques, touristiques et commerciales sont très demandées.
Depuis un peu plus de cinq ans, l?Australie est friande d?étudiants étrangers. La raison étant que l?Etat a diminué ses subventions aux 38 universités d?Etat. Pour survivre, ces universités ont besoin d?un plus grand nombre d?étudiants. Grâce à l?IDP, la demande excède l?offre. Mais le rejet du dossier d?un étudiant mauricien est rare.
La France est une autre destination prisée avec 400 à 500 étudiants qui s?y rendent annuellement. Au total, 4 500 Mauriciens sont en ce moment en France pour leurs études. Le pays accueille en moyenne 200 000 étudiants étrangers.
Le grand avantage des études en France est que le coût des études est intégralement pris en charge par l?Etat, y compris pour les étudiants étrangers. Les frais d?inscription, en moyenne Rs 7 600 la première année, restent à la charge de l?étudiant tout comme les déplacements, l?hébergement et l?alimentation. La France devient ainsi presque aussi chère que l?Australie.
«La loi impose de verser mensuellement un minimum de 430 euros (environ Rs 16 000) sur le compte de l?étudiant. Sauf si on est logé gratuitement, cette somme est insuffisante pour vivre à Paris (minimum 1 100 euros, soit environ Rs 41 000, par mois)», explique Roselyne Rivoire, directrice du Centre d?information, de formation, d?orientation et de documentation (Cifod).
Se fixer pour raisons financières
L?organisme est chargé de conseiller et d?informer tous ceux intéressés par des études en France. Les filières prisées des Mauriciens sont l?économie et la gestion, les sciences et techniques, la médecine, les lettres et les sciences humaines. Pour Roselyne Rivoire, «La Réunion demeure une destination à privilégier car son université est de grande qualité, l?île proche, l?adaptation plus facile et les dépenses moindres».
Un système de bourses a été mis sur pied entre la France et le gouvernement mauricien. Il permet chaque année de prendre en charge 52 étudiants mauriciens, dans différents cycles d?études. Une quinzaine d?entre eux obtienent des bourses de 1er cycle. Sur ces dix dernières années, des milliers de Mauriciens partis étudier en France y sont restés. Selon une source à l?ambassade de France, ils désirent se fixer quelques années au moins, surtout pour des raisons financières.
Au Royaume-Uni, le coût des études universitaires est le plus élevé. Au minimum Rs 320 000 par an. Etudier dans une école d?enseignement technique supérieur coûte environ Rs 250 000. Et vivre en Grande-Bretagne en tant qu?étudiant coûte entre Rs 320 000 et Rs 400 000.
Cela n?empêche pas la Grande-Bretagne d?être la destination favorite pour les études. Selon les statistiques du British Council en 2003, 1 600 Mauriciens ont mis le cap sur l?Angleterre pour les études. Ils sont entre 4 et 5 000 étudiants à y compléter leurs études. Les filières recherchées sont le droit, l?ingénierie, l?économie et l?informatique.
Le British Council représente les universités et informe les étudiants. Grâce à l?University & College Admission Service, les procédures sont facilitées. «Cela permet de sélectionner six universités ou établissements tertiaires à travers un formulaire. Après quelques semaines, ces universités donnent une réponse et c?est alors à l?étudiant de choisir», indique Lyn Maurice.
Les services d?immigration britanniques exigent que les étudiants étrangers aient suffisamment de fonds pour un an en Angleterre. Un plan financier pour les années suivantes est de rigueur. Selon Lyn Maurice, le nombre d?étudiants qui restent en Grande-Bretagne n?est pas négligeable.
L?Inde bénéficie quant à elle d?un intérêt accru de la part des Mauriciens. Avec ses 300 universités reconnues par l?University Grants Commission indienne, elle offre une large gamme d?études. Le coût relativement bas des études est un facteur déterminant.
A titre d?exemple, pour vivre et loger à Delhi, il faut compter environ Rs 6 500 par mois. Pour les études, les prix fluctuent. «L?offre est tellement vaste qu?il est difficile de pouvoir donner une indication précise», explique Rajendra Bhatt, second secrétaire attaché au département Education du haut commissariat indien.
Annuellement, un peu plus de 400 Mauriciens s?y rendent. La majorité pour des études dans la technologie informatique, même si la médecine reste une filière qui attire les jeunes en Inde. Environ 1 500 étudiants mauriciens y sont en ce moment. Pour se renseigner et s?assurer de la crédibilité de l?université désirée, il vaut mieux se diriger vers le haut-commissariat.
Rajendra Bhatt précise que l?Inde n?a pas nommé d?agents représentant les universités. «Si quelqu?un se pose en facilitateur, ce n?est pas un problème mais il faut être prudent», explique-t-il. Avant de partir, l?étudiant doit prouver qu?il dispose des fonds suffisants. La plupart des étudiants mauriciens en Inde reviennent une fois diplômés, préférant la vie mauricienne.
L?UNIVERSITE DE MAURICE SE PREPARE A L?AVALANCHE DES DEMANDES
Chaque année, c?est la ruée à l?université de Maurice. D?ici fin avril, ils seront environ 5 000 étudiants à avoir fait une demande pour y étudier. Pour l?année académique 2005-2006, approximativement 2 500 à 2 700 étudiants seront recrutés contre 2 000 habituellement. Les différents cours seront rendus publics dans les jours qui viennent. Les candidats intéressés auront ensuite un mois pour soumettre leur dossier.
«L?université recommande l?inscription depuis son site Internet. Toutes les applications sont alors informatisées et les heureux candidats informés des résultats», indique le bureau du Registrar de l?université de Maurice. Un attrait majeur de l?institution est son coût. Un programme menant à une licence coûte de Rs 5 000 à Rs 8 000 par an pour les frais administratifs. Ceux qui optent pour une filière scientifique doivent y ajouter Rs 2 000 par an pour des frais de laboratoire.
Actuellement 5 960 personnes font leur parcours d?études supérieures à Réduit, ce qui constitue un record. La faculté de droit et de gestion accueille à elle seule 2 057 étudiants.
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