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Pêche à la senne : compensation et saison prolongée
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Pêche à la senne : compensation et saison prolongée
L?ouverture de la pêche à la senne était prévue hier. Mais moins de 75 % des pêcheurs ont chômé. Les conditions étaient très mauvaises dans la plupart des lagons et autour des côtes notamment à cause du cyclone Gamede. Du coup, ils ont demandé que la saison de pêche soit étendue alors que la question de compensation pour mauvais temps revient sur le tapis.
?L?ouverture est mauvaise cette année. On était pourtant dans un bon mood?, regrette René Sophie, patron de la Saint-Louis Fishermen Cooperative Society de Mahébourg qui existe depuis 1963. Elle a aussi chômé hier mais René Sophie a des raisons de ne pas être trop déçu. ?Le ministère de l?Agro-industrie et de la Pêche a accédé à notre demande, déposée mardi, afin d?obtenir une dérogation?, indique-t-il.
Le ministère a décidé de prolonger la saison de pêche d?une semaine. Celle-ci dure normalement du 1er mars au 30 septembre mais cette année, elle s?étendra jusqu?au 7 octobre.
D?ici là, confrontés au mauvais temps, les pêcheurs à la senne ont droit à une bad weather allowance. Celle-ci est généralement payable en hiver ou en cas de mauvais temps. Elle est de Rs 155 par jour et par pêcheur. Les pêcheurs qui ne sont pas sortis hier sont donc techniquement éligibles pour l?allocation. ?Tous ceux qui ne peuvent pas sortir en mer seront compensés, à condition que la météo soit effectivement défavorable?, confirme-t-on au ministère.
L?ouverture de la saison a donné lieu à un petit cafouillage. Les scellés mis sur les filets à la fin de la saison avaient déjà été enlevés, certains pêcheurs étaient déjà au travail mais d?autres étaient cloués à terre par les mauvaises conditions climatiques. Une situation qui illustre bien les difficultés dans lesquelles se trouve aujourd?hui la pêche artisanale.
Dédommagements de Rs 75 000
?Il ne faudrait pas que le train du développement passe sous le nez des pêcheurs ou qu?ils n?en retirent que des miettes?, lance Anil Poonie, président de la Fédération des coopératives de pêche (MFCF). A ce stade, il y a 17 pêcheries en activités sur les côtes mauriciennes. 12 sont membres de la MFCF. Elles emploient près de 1 000 personnes dont 300 sont enregistrées auprès du ministère de la Pêche. Or, la loi énoncée en 1999 et qui devrait bientôt être renouvelée, prévoit dix pêcheries.
L?Etat prévoit de dédommager les pêcheurs qui désirent rendre leur permis en leur versant Rs 75 000. Après 1999, il y a eu un grand nombre de permis qui ont été rendus, mais cette tendance s?est atténuée depuis.
La pêche à la senne fournit 10 % de la production totale de la pêche artisanale, soit 130 tonnes de poissons annuellement, sur un total de 1 250 tonnes. Pour René Sophie, l?avenir est sombre. ?La décision a été prise de réduire le nombre de pêcheries. On veut libérer le lagon pour le tourisme. Mais il est impensable d?éliminer une profession qui existe depuis plusieurs générations. Car je maintiens que l?activité est encore viable?, s?insurge le patron pêcheur.
Il estime qu?il faudrait, plutôt, contrôler la pêche amateur ou encore revoir les conditions de fermeture et d?ouverture de la saison de pêche. Elles ont été énoncées au début des années 1970 et concernent des espèces comme la carangue qui ne méritent pas d?être interdite, selon René Sophie.
Anil Poonie est, lui, d?avis que le pêcheur artisan doit surtout être capable d?évoluer et de s?adapter aux nouvelles conditions. ?L?avenir est hors du lagon?, insiste-t-il. La MFCF devrait donc proposer un plan de développement de la pêche artisanale.
Anil Poonie estime que le développement du seafood hub doit offrir des opportunités aux pêcheurs artisans. La mise en place annoncée d?une halle du poisson, dans le port, devrait également inclure la MFCF, avec des retombées intéressantes pour la communauté des pêcheurs.
Finalement, la pêche à la senne ne pourra survivre qu?à certaines conditions. Son avenir est sombre mais pas compromis. Pour Anil Poonie, le pêcheur à la senne reste un acteur du développement économique. Mais il devra faire l?effort de ?regarder au-delà de l?horizon?.
Thierry CHATEAU
Aider les planteurs de légumes
■ Situation difficile que celle des planteurs, leurs légumes ayant été sérieusement affectés par le cyclone Gamede. Hier matin, le ministre de l?Agro-Industrie, Arvin Boolell, a rencontré les représentants des associations de planteurs de légumes. La préoccupation majeure : mettre en place des plans d?aide.
En la présence des officiels du ministère des Finances et des responsables de la Development Bank of Mauritius (DBM), les planteurs et le ministre ont pu s?exprimer sur la question. Arvin Boolell a évoqué la possibilité de rééchelonner des emprunts contractés auprès de la DBM par les planteurs. Mais des planteurs estiment que la situation nécessiterait une mesure plus drastique. Krit Beeharry, planteur et secrétaire de la Mauritius Agricultural Marketing and Cooperative Federation, souligne que ?nou pe dimann ki raye bann loan certains planteurs ki nepli kapav paye?.
Parmi les réclamations que les planteurs ont fait parvenir au ministre dans une lettre d?urgence, les planteurs demandent que le plafond d?emprunt de la DBM (Rs 30 000) soit revu à la hausse. Ils réclament également une somme mensuelle de Rs 5 000 jusqu?à ce que leur situation s?améliore.
Les planteurs estiment également qu?il est nécessaire de calculer la durée des importations afin qu?au moment de la récolte à Maurice, des produits importés ne soient plus sur le marché. Arvin Boolell a de son côté rappelé la nécessité de réglementer l?importation des légumes afin de ne pas avoir un surplus de légumes sur le marché. Concernant la distribution gratuite de semences aux planteurs, un intervenant a proposé que les plantations soient enregistrées. Cela dans le but d?éviter certains abus notés dans le passé.
Arvin Boolell a rappelé aux planteurs l?urgence de drainer les terrains afin de se débarrasser des eaux accumulées. Et afin d?aider les planteurs dans la préparation de leurs terres, le ministère a mis sur pied une unité spécialisée dans des travaux comme le nivellement du sol. Les petits planteurs de légumes et de fruits, cultivant moins d?un demi-arpent de terre, peuvent faire appel à ce service à partir du 13 mars. Ils débourseront Rs 380 par heure de travail effectué.
Suite à cette rencontre, un comité a été mis sur pied afin de collaborer avec les planteurs et d?instaurer une liste de priorités. ?Nous étudierons les recommandations de ce comité avant de définir les mesures d?accompagnement. Dans l?immédiat, il s?agit surtout d?éviter les maladies?, commente Arvin Boolell. Il présentera les propositions du comité au Conseil des ministres et a promis de parler en faveur des planteurs et des consommateurs.
Pouspam RAMSAMY
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