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Pénurie de lait due au duel entre importateurs et ministère

16 avril 2007, 00:00

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Revoilà le problème du lait? entre fer, ciment et gaz? Le ministère de l?Industrie et du Commerce est encore sous les projecteurs. Une pénurie de grandes marques dans les boutiques, supermarchés et grandes surfaces est déjà apparue depuis quelques jours. Elle devrait durer tant que le ministère n?accorde pas une hausse de 10 % du prix du lait, comme réclamé par les importateurs depuis lundi dernier.

En principe, la hausse de prix est accordée en trois jours, après une demande officielle. Cela prend plus de temps en ce moment parce que le ministère enquête et estime qu?elle n?est pas justifiée. Pour l?instant les laits Red Cow et Twin Cow qui, à eux seuls, dominent le marché à plus de 85 %, sont livrés au compte-gouttes dans certaines régions et pas du tout dans d?autres.

Les importateurs de lait en poudre, à cause de ces fluctuations de prix, commandent en moins grandes quantités et n?ont plus de stocks massifs.

Un important stock en provenance d?Australie et de la Nouvelle Zélande dort dans les entrepôts à la douane en attendant le feu vert du gouvernement. Du coup, les frais de stockage sont énormes pour l?importateur vis-à-vis de la douane et de sa banque qui va lui réclamer des intérêts.

Les consommateurs, eux, se ruent vers ces produits dans de nombreuses grandes surfaces dont les étagères sont vides ce matin encore. Ils doivent se rabattre sur des marques de lait qu?ils n?ont pas l?habitude de consommer. ?On a de l?argent dans les poches mais pas le lait qu?on veut. Cela me rappelle les années 70?, remarque un consommateur des Plaines-Wilhems, la soixantaine, qui a dû acheter d?autres marques qui ne lui conviennent pas.

<B>Libéraliser</B>

Le pire est à venir. Lawrence Wong, de Latrobe (Snowy), l?explique : ?Une nouvelle hausse des prix de l?ordre de 15 % est prévue au mois de juin. Nos fournisseurs nous ont déjà avertis. Et on ne peut pas dire non on va réfléchir. On doit placer les commandes maintenant, sinon pas de lait, car la production australienne a chuté de 50 %.?

Maurice ne produit pas de lait en grande quantité. Le gouvernement veut imposer un contrôle au niveau des marges, asphyxiant les importateurs et, du même coup, les consommateurs. Le constat est de Rajesh Ramdanee, directeur de Tyre Master Foods, spécialisé dans la commercialisation de plusieurs marques de lait telle Green Meadow d?Argentine.

Il ajoute que si le gouvernement maintient la marge de profit de 14 % sur le lait en poudre, ?on ne pourra plus travailler. La réalité est que non seulement les prix du lait ont doublé sur le marché mondial, mais d?ici quelques mois on ne pourra même plus trouver le lait pour notre business. Si le gouvernement se méfie de nous, c?est mieux pour nous de cesser de commercialiser le lait. Regardez Red Cow et Anchor, qui dépendent uniquement de ce commerce. Si le gouvernement ne joue pas le jeu, ils seront asphyxiés comme Desbro?. Ce sont les consommateurs qui vont souffrir. ?Qui sont ceux dans le privé qui vont dépenser des millions de roupies pour du lait avec des profits minimes ?? s?interroge Rajesh Ramdanee.

Jean How Hong, directeur d?Innodis (Twin Cow), estime que le gouvernement devrait libéraliser le prix du lait en poudre pour que les consommateurs en bénéficient. ?Sinon, on arrête tout et on fait autre chose.?

L?Inde pourrait être une source d?importation pour contourner les importateurs, comme le souhaite toujours la State Trading Corporation. Mais là aussi, une porte s?est fermée. Car des importateurs mauriciens, notamment un gros hypermarché qui voulait importer le lait Amul Gold en brique et le vendre à Rs 24, se sont vu essuyer un refus. Le gouvernement indien a décidé d?interdire l?exportation de ce lait en raison de la crise sur le marché mondial.

Seule une hausse des prix du lait pourrait décanter la situation, estiment les importateurs. Mais ils précisent que l?embellie ne durera pas car cette fin d?année sera très éprouvante à cause des hausses de prix sur le marché mondial et des risques réels de pénurie.

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