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Public en or pour équipe en or
Le gymnase tremblait sur ses assises. Plus de 1 500 personnes se sont entassées dans le temple du volley-ball mauricien pour assister au sacre des protégés de Fayzal Bundhun. D?une même voix, cette foule poussa fils, mari, ami, voisin, où tout simplement soldat du quadricolore jusqu?à ce tie-break qui libéra ce gymnase.
Les joueurs explosent. Gilbert Alfred, Sunil Mudhoo et Lindley Fareedun éclatent en sanglot. lls ont réalisé leur rêve. Toute la pression s?évacue. Ils sont enfin libérés.
Dans les gradins c?est la folie. ?Allez Maurice, Allez Maurice?. Les larmes ne se retiennent plus. Christian Marty explose à son tour. Lui aussi, il croyait en eux. Parmi ces nouveaux médaillés d?or, il en a côtoyé pas mal. D?autres encore verseront des larmes de joie. Le moment est magique. Maurice est médaillée d?or. Avec beaucoup de classe, l?ancien DTN dira ?No words. Ce moment est à eux.?
Sur le terrain, un homme. Celui qui est à la tête de ces golden boys, Fayzal Bundhun. Il est aux anges. La victoire est certes collective. Mais lui a réussi un pari fou. Celui de remporter trois fois la médaille d?or. ?En 1979, j?étais joueur et nous l?avions décrochée. En 1993, avec la sélection féminine, nous l?avions empochée. Et nous voilà en 2003.
Mais la médaille je ne l?ai pas concrètement?, lance-t-il difficilement tant sa voix est cassée. Effectivement, la médaille, ce symbole de récompense, il ne l?aura pas autour du cou. Car les entraîneurs n?en reçoivent pas. Celui qui a pris cette décision, nous lui décernons une médaille d?or. Chers lecteurs, on vous laisse le choix du titre.
L?assistant de Fayzal, Sanjeev Jundoosing, ne peut s?empêcher de penser à tous les sacrifices : ?Je suis trop heureux. Quand je pense à ce que ces gars-là ont enduré, les sacrifices que toute cette équipe a consentis. C?est une juste récompense.?
Le peuple, entre-temps, continue à emporter ses médaillés d?or sur cette vague de ?Aller Maurice?. Et ses fils ne manqueront pas de les remercier, à l?image du passeur, Sunil Mudhoo : ?On n?en serait pas arrivé à vaincre les adversaires sans ce public fabuleux. Même dans la défaite, il nous a soutenus.?
Vivian Laviolette, le joker de Fayzal Bundhun à la manière d?Ole Gunnar Solskjaer, qui n?arrêtait pas de relancer le public lors de chaque match, court dans tous les sens. Ses premiers mots : ?Ça victoire-là pou mo femme et mo garçon ça?. On le croit.
Et les joueurs malgaches ? Forcément déçus, ils se sont retirés dans leur coin. Le regard vide, Lalabé, le capitaine, assiste à cette liesse. Et si seulement on était à Tana ? devait-il se dire.
Les protocoles prennent fin, parents et amis viennent féliciter les vainqueurs. Mike Choyen et Kisna Lutchana, deux médaillés d?or de l?épopée de 1990, se jettent dans les bras de Fayzal Bundhun. Ces moments, ils les ont vécus aussi. Mais loin de chez eux. Christian Marty, les yeux rougis et les dents serrées, viendra lui aussi congratuler son second de 1993.
Les félicitations n?en finiront pas et ils les méritent amplement. Ce sacre est à eux et personne ne pourra l?enlever. La défaite de 1990 est oubliée. Maurice est à nouveau maître de l?océan Indien, pour la troisième fois.Hier matin, nous écrivions : ?L?or est en eux?. Il l?est bel est bien.
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