Publicité

PSM : Pour une île Maurice meilleure

20 janvier 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Philippe Forget, alors rédacteur en chef de l’express, annonce d’emblée la couleur : il s’agit d’un document sans précédent, d’“une importante contribution au leadership d’un renouveau mauricien”. Il s’agit d’un opuscule de 20 pages, vendu au public et aux rares journalistes présents, lors d’un meeting vespéral, sinon crépusculaire, tenu à Bois-Chéri (quelque part entre La Flora et Grand-Bassin), le vendredi 18 janvier 1980. Ce manifeste électoral se place sous le double signe de la responsabilité personnelle et collective. Jamais auparavant, avait-on autant “choisi la franchise, le courage, la sévérité pour descendre dans une arène où pullule l’arsenal démagogique traditionnel”. Le PSM (Parti Socialiste Mauricien) fait deux enchères optimistes, l’une publique et l’autre personnelle. “Boodhoo et ses amis feront passer un frisson dans les chaumières comme dans les appartements, partout où imagination et espoir ne sont pas morts”. L’ampleur du ralliement à cet appel décidera si ce renouveau sera un mirage ou une réalité.

Que dit ce document de réflexion, intitulé “Pour une île Maurice meilleure ”? Il s’agit d’un pré-manifeste électoral, invitant au dialogue et à la transmission des observations de tout un chacun. L’ambition du PSM est, non d’accéder ou de se maintenir au pouvoir, mais de le rendre à la population, en lui proposant un programme basé sur un nouveau sens des devoirs civiques, sur un nouveau partage des responsabilités. Le PSM remplace les idéologies importées, distillant haine et revanche à coups de nationalisations et de spoliations, par un mauricianisme de bon aloi, “issu d’une osmose culturelle plus poussée”. Le PSM se veut le parti du dialogue, du rassemblement et du pratique. Il veut que son manifeste soit le reflet d’aspirations et de choix populaires.

Ce document de réflexion commence par une analyse impitoyable de dix années de médiocrités politiques (1970-79). Il dénonce successivement la centralisation outrancière de la décision entre les mains d’une poignée de privilégiés, détruisant l’esprit d’initiative et d’entreprise, écoeurant les compétences, favorisant les gaspillages étatiques, l’inefficience à tous les échelons en commençant par les plus élevés, l’amateurisme, l’absence de leadership, le manque de coordination, l’absence de prévision et d’imagination.

Il pourfend les “prophètes politiques” encourageant l’attentisme, la politique du moindre effort, les solutions de facilité, la croyance aux miracles, la stérile recherche des boucs émissaires. Il veut remplacer les structures périmées et “l’état de mendicité psychologique” par une fabrique sociale, permettant à tous de co-exister et de s’épanouir dans le respect des autres. Il stigmatise l’inégalité artificielle des chances, la disparition des valeurs morales que seuls peuvent combattre un leadership approprié à différents niveaux et la formation de l’individu à une discipline personnelle et collective.

Le PSM prône un pouvoir régional fort, structuré, autonome, une meilleure surveillance des dépenses gouvernementales, un système électoral proportionnel, l’élection des maires et des présidents de village au suffrage universel, le statut de république, la cooptation des compétences pour occuper certaines responsabilités ministérielles, la révision du système des députés correctifs, le contrôle du financement des partis politiques, une police et un tribunal anti-corruption permanents, la participation des employés aux décisions et aux profits de l’entreprise, la démocratisation du crédit, des services, des loisirs et des sports, des comités chargés de surveiller le fonctionnement des corps para-étatiques, la réorientation de l’emploi vers les secteurs productifs, l’institution d’un salaire minimum vital, une réforme en profondeur de la fonction publique, l’élimination des privilèges politiques, bref une orientation socialiste à travers la délégation des responsabilités et la décentralisation économique.

Le PSM souhaite l’avènement d’un secteur privé participatif et compétitif. Il accordera priorité à l’exportation et à la vente des produits. Il favorisera l’autosuffisance alimentaire maximale. Sur le plan de la justice, il encouragera l’égalité des chances, la méritocratie, la récompense de l’initiative personnelle.

Le PSM croit dans les bienfaits du mouvement coopératif en qui il voit un moteur de relance, le moyen pour le travailleur de devenir le propriétaire de son outil de production, le moyen pour tout un chacun d’exercer de nouvelles responsabilités, de produire de nouvelles richesses.

Le PSM résume ses objectifs en souhaitant l’avènement d’un Mauricien amélioré, épanoui, mieux informé, plus actif, d’une société plus fraternelle, plus droite, plus juste, plus propre, d’une nation fière, intègre, favorisant une autonomie de pensée et d’action afin de préparer dans de meilleures conditions l’île Maurice de l’après 2000.

L’île Maurice de 2005 est-elle meilleure que celle de 1980 ?

Publicité