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Préserver l?or bleu !
L?optimisme est de mise chez tous les acteurs. If « all prevailing conditions remain the same », 2007 devrait être une très belle année pour le tourisme mauricien. Vu son importance dans le développement socio-économique, tout doit être mis en ?uvre pour réaliser tout le potentiel du secteur touristique pour les dix prochaines années. Et pour y arriver, le bon sens doit prévaloir. Sinon, on va tout simplement tuer la poule aux ?ufs d?or.
Au-delà d?une résurgence du chikungunya, l?industrie touristique est sous la menace d?un certain nombre de pratiques qui demandent une attention particulière et des mesures urgentes des autorités responsables. Autrement, ces pratiques et dynamiques vont se développer en véritables fléaux. C?est insensé de penser qu?un tourisme durable peut se conjuguer avec une insécurité grandissante, une dégradation de l?environnement, l?érosion des plages, un enlaidissement honteux du pays et l?anarchie inacceptable qui s?installe dans les zones touristiques.
Le secteur peut jouer le rôle de moteur de croissance du développement national dans les années à venir en raison de plusieurs facteurs. D?abord, c?est un secteur qui s?est développé sans filet de protection et ouvert sur le monde extérieur, ensuite, il y a un réel savoir-faire mauricien qui fait que les prestations et services hôteliers mauriciens constituent une référence au niveau international. Enfin, une population avec un sens inné de l?hospitalité et de l?accueil.
Après avoir énoncé sa vision du tourisme, le gouvernement a pris un certain nombre d?initiatives concrètes. C?est ainsi qu?il y a eu une ouverture contrôlée de la politique d?accès aérien, qui pendant longtemps a été un frein à la croissance touristique. Xavier-Luc Duval, avec l?aide de Robert Desvaux, a repensé et recentré à la fois le fonctionnement de la MTPA et la stratégie de promotion, désormais plus innovante. Mais ce qu?il faut surtout retenir, c?est la démarche du ministre reposant sur l?écoute des différents acteurs du secteur pour dégager une véritable synergie. Le processus pour créer une dynamique où tout le monde regarde dans la même direction est bien engagé. On est sur la bonne voie pour qu?en 2007 on arrive à consolider les acquis de 2006 dans le domaine de l?accès aérien, de la recherche de nouvelles niches et dans l?imagination innovante pour promouvoir la destination. Mais tout cela reste fragile.
Le chikungunya est venu casser l?élan de croissance prévue en 2006, avec une baisse significative des arrivées sur le marché français. Sans le chikungunya, le pays aurait atteint les objectifs fixés pour 2006. Pour prévenir la résurgence d?une épidémie, les autorités ont mis en place une stratégie multisectorielle dont la réussite repose avant tout sur le sens civique devant animer la participation active de la population. Contre le chikungunya, l?heure est à une vigilance de tous les instants. Et ici, saluons l?initiative de grande envergure de la MCB et de ses partenaires privés et publics pour la campagne de sensibilisation et de prévention qui vise près de 125 000 élèves du primaire de tout le pays. Oui ! « Anou pik li avan li pik nou. »
Il y a d?autres menaces plus pernicieuses. À commencer par l?insécurité. Vols, cambriolages et agressions sur le littoral sont devenus monnaie courante avec l?existence des « réseaux » et de « bandes organisées ». L?insécurité menace aussi l?autre pôle de développement que constituent les IRS. On n?a pas le droit de banaliser ce problème sous aucun prétexte. Les autorités doivent inscrire la question de l?insécurité parmi les « top priorities » de l?agenda 2007.
Il ne faut pas, avec l?idée que tout le monde doit pouvoir avoir sa part de la manne touristique, pratiquer une politique de laisser-aller. Pire. Inciter tout le monde ? taxis, marchands de plage, loueurs de transats et parasols, opérateurs d?activités nautiques ? à littéralement « squatter » les lieux touristiques au point de les transformer en véritable foire d?empoigne où règnent des comportements sans foi ni loi.
Et les premières victimes sont ceux-là même qui font vivre l?industrie, à savoir les touristes. Déjà, ils commencent à être éc?urés par des pratiques de certains prestataires de services qui relèvent du harcèlement quand ce n?est pas de la raquette pure. À vouloir octroyer toutes sortes de permis sur une base clientéliste avec comme argumentaire que tout le monde doit pouvoir gagner sa vie, on est en train d?installer l?anarchie. On finira par faire fuir les touristes.
Pour réaliser le potentiel touristique, il faut un minimum de planification et de réglementation. Il y a va de notre image de marque d?une destination touristique de qualité, soit celle qui respecte ses visiteurs. Aux autorités responsables de s?attaquer avec détermination à ces fléaux. Sinon ce sera bientôt le commencement de la fin. D?autres destinations autrefois prisées, sont, pour n?avoir pas su gérer ces problèmes, aujourd?hui désertes !
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