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Protocole sucre : « chapeau à sir Guy Sauzier »
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Protocole sucre : « chapeau à sir Guy Sauzier »
Je souhaiterais faire référence à l?éditorial signé de Jean-Claude de L?Estrac ayant paru dans la précédente édition de « l?express-dimanche ». Non pas tant le réfuter que m?en prévaloir et préciser certains faits.
Je tiens, en effet, sir Guy Sauzier pour véritable responsable d?avoir réussi le Protocole, convaincu sir Seewoosagur Ramgoolam de son bien-fondé et ouvert ainsi l?Europe au sucre mauricien à un prix garanti.
Les retombées économiques et financières considérables n?ont jamais fait de doute.
C?est d?abord grâce à l?ouverture d?un bureau à Londres que l?industrie sucrière pose les jalons de cette aventure diplomatique. C?est ensuite à l?arrivée de Guy Sauzier à ce poste que s?ouvriront, grâce à sa vision exceptionnelle des enjeux, les tractations dont il sera la cheville ouvrière.
Voici un extrait de l?hommage que rendit Jacques Koenig dans la livraison d?octobre 1998 de PROSI à sir Guy Sauzier au lendemain de sa disparition :
«? Intelligence très vive et subtile, douée d?une logique rigoureuse, esprit clair et résolu,? orateur brillant, travailleur infatigable, Guy Sauzier avait plus de qualités qu?il n?en fallait pour faire de lui le négociateur habile, respecté et à la fois admiré et redouté qu?il était et qui a défendu la cause de l?île Maurice avec tant de succès et d?éclat. Son plus grand rôle, et le plus important, fut sans doute celui qu?il joua pendant les négociations qui aboutirent à la conclusion du Protocole sur le sucre. Lui rendant un vibrant hommage à cette occasion, Lord Campbell of Eskan, qui présidait alors le groupe des exportateurs du Commonwealth, a déclaré que son action avait été indispensable et les négociations auraient en maintes occasions échoué dans la confusion sans la diplomatie et la fermeté qu?il avait montrées et l?esprit de clarté qu?il avait introduit dans les débats durant ces journées extrêmement difficiles? À sa suggestion, une délégation ministérielle? dirigée par le Premier Ministre se rendit dans les capitales des pays du Marché commun et auprès du président de la Commission économique européenne ; au cours des réunions que cette délégation eut avec les plus hautes autorités de ces pays, Guy Sauzier exposa avec sa clarté et son autorité habituelles les problèmes de l?île Maurice et du Commonwealth et les raisons qui motivaient l?ouverture du Marché commun? aux tonnages d?exportation visés par l?accord du Commonwealth? »
Il n?y avait pas la seule vision de Sir Seewoosagur Ramgoolam. Il y avait également la confiance et l?estime que lui inspirait Guy Sauzier par sa clairvoyance et la ténacité de son action. C?est le souvenir que j?ai des confidences de cet homme exceptionnel dont j?ai souvent eu le privilège d?être un des destinataires.
C?est pourquoi j?ai toujours pensé que cette notion de « prix politique » n?avait pas tout le sens que voudraient bien lui donner ceux, qui, en voulant servir leur dessein, exproprient le mérite d?autrui et desservent l?histoire.
Il est cependant un prix auquel jamais personne ne fait allusion. C?est celui de la taxe de sortie sur le sucre. Les statistiques qui me sont accessibles l?évaluent à Rs 45 milliards*. Si cette taxe, par le biais d?une redistribution budgétaire, a rendu possible ? Dieu merci ? l?émergence d?une nouvelle bourgeoisie, il n?empêche que c?est aux revenus de l?industrie sucrière qu?elle en aura puisé la source.
À ceux qui pensent, et qui le disent, que l?Etat aura été la mère nourricière de l?industrie sucrière, je réponds pour ma part que l?inverse est aussi vrai. Car il y a aussi eu dans cette industrie qui fait notre fierté, l?inestimable contribution de quelques grands hommes.
<B>J.P. Chasteau de Balyon
- Exprimé en roupie 2006. Facteur d?actualisation : prix du sucre. Incluant la part contributive minoritaire des petits planteurs.</B>
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