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Proposition d?un code de la mer en créole
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Proposition d?un code de la mer en créole
Julien Nallétamby adore la mer. Mais il gardera un souvenir douloureux d?une baignade dans le lagon de Trou-aux-Biches. ?J?ai cru mourir?, lance-t-il avec émotion. Il n?a pas survécu à une attaque de requins, mais à une collision avec un bateau de plaisance. Un accident qui aurait pu être fatal?
Il s?est produit la semaine dernière. ?Le bateau a foncé sur moi, j?ai essayé de plonger sur le côté mais il m?est passé dessus.? Après plusieurs jours d?hospitalisation, le jeune homme est rétabli mais doit garder le repos. Il reste magnanime. ?Je n?en veux pas au skipper. S?il m?avait vu, il m?aurait évité.? Il reconnaît que la sécurité dans le lagon est très aléatoire. Son cas n?est pas isolé et les incidents, nombreux, ne sont pas toujours déclarés.
Quelque 5 000 skippers utiliseraient des bateaux de plaisance à Maurice, selon les estimations officielles. Certains avec des permis provisoires? ou pas de permis du tout. D?où l?extrême urgence de sécuriser et de réglementer la circulation dans les lagons. Conscientes du problème, les autorités ont donné priorité à la certification des skippers. En grande pompe, 102 d?entre eux ont reçu, le 30 décembre, leurs certificats de compétence. Ceux-ci sont délivrés par le Competency Test Board (CTB), un organisme créé par le ministère du Tourisme et des Loisirs.
Pour mener à bien le programme de formation et d?évaluation des skippers, des formateurs étaient à pied d??uvre, sous la supervision du CTB. L?un de ces formateurs, le capitaine Jean-Marie Sauzier, estime que les cours ne sont pas adaptés au contexte local.
Sécurité et conseils pratiques
Formé en Australie, il pense qu?il ?faut prendre le taureau par les cornes?. Dans cette optique, il a proposé un code de la mer en créole au ministère du Tourisme et des Loisirs, début janvier.
Le code de la mer en vigueur est un fascicule de 76 pages lancé en 2003. Document de base pour les cours préparatoires aux examens, il est rédigé en français. Il explique les principes de sécurité en mer et donne des conseils pratiques. Mais il contient, selon le capitaine Sauzier, ?trop d?amalgames ou d?abréviations non expliquées?. Bref, il ne serait pas adapté au skipper mauricien.
C?est pour cette raison que Jean-Marie Sauzier propose un code en créole, contenant plus d?images explicites. L?idée fait son chemin au ministère.
Le processus d?accréditation des skippers mauriciens a été lancé il y a six ans déjà. Il a mis un certain temps avant de prendre forme. Les examens ont finalement débuté début 2004 avec des tests pratiques qui se sont déroulés en octobre. Ces tests ont été décentralisés dans les régions où il y a une forte concentration de bateaux de plaisance : Grand-Baie, Trou-d?Eau-Douce et Rivière-Noire.
Le processus de réglementation reste lent. Pourra-t-il être terminé dans un délai raisonnable ? Les autorités ont prévu que tous les skippers obtiennent le certificat de compétence en septembre. En attendant, il y a du pain sur la planche, surtout en ce qui concerne la conscientisation du public et des utilisateurs du lagon?
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