Publicité
Propos controversés d’un proche de Sharon
Par
Partager cet article
Propos controversés d’un proche de Sharon
“La signification de notre plan de désengagement est le gel du processus de paix. Cela fournit le formol nécessaire pour qu’il n’y ait pas de processus politique avec les Palestiniens”, affirme Dov Weisglass, l’un des principaux conseillers du Premier ministre israélien, Ariel Sharon.
Dans une interview au quotidien Haaretz, il ajoute que la persistance des violences palestiniennes doit être tenue pour responsable de l’absence de progrès diplomatiques dans la mise en oeuvre de la “feuille de route”, plan de paix prévoyant la création d’un Etat palestinien en 2005.
Les remarques de Weisglass ont surpris plusieurs diplomates américains, qui ont affirmé que Washington restait attaché à la “feuille de route”. Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a lui aussi réaffirmé dans l’après-midi son attachement au plan de paix.
En visite sur l’île antillaise de Grenade, le secrétaire d’Etat Colin Powell a déclaré aux journalistes que les Etats-Unis croyaient que Sharon était toujours attaché au plan de paix.
Quant aux Palestiniens, pour qui les offensives israéliennes dans les territoires nourrissent la violence, de même que la volonté affichée par Sharon de conserver certaines parties de la Cisjordanie dans le giron israélien, ils ont condamné les propos de Weisglass.
“Je pense qu’il a révélé les véritables intentions de Sharon. Nous avions dit au quartet (ndlr: USA, UE, Onu et Russie) il y a huit mois que le projet de retrait de Gaza avait pour but d’affaiblir sa feuille de route”, a déclaré le ministre palestinien Saëb Erekat.
Dans l’interview accordée à Haaretz, Weisglass estime que “quand vous gelez le processus, vous empêchez la création d’un état palestinien (...)” Effectivement, cet ensemble appelé état palestinien, avec tout ce que cela suppose, a été supprimé indéfiniment de notre calendrier.
<B>Accord politique durable</B>
“Et tout cela a été obtenu avec (...) une bénédiction présidentielle”, insiste-t-il, en référence au soutien apporté en avril par le président américain George Bush au plan de retrait de Gaza”.
“Avec la lecture que les Américains ont faite de la situation, la faute est retombée sur les Palestiniens, pas sur nous”, explique Weisglass.
Ces déclarations ont été légèrement atténuées dans l’après-midi par Sharon, qui a réaffirmé l’engagement d’Israël en faveur de la feuille de route.
“C’est le seul projet permettant de progresser vers un accord politique durable avec les Palestiniens”, a-t-il estimé dans un communiqué.
“Mais en l’absence de partenaire palestinien, nous avons amorcé le désengagement (...) afin d’améliorer la capacité d’Israël à défendre ses citoyens”, a poursuivi Sharon.
Weisglass a ensuite à son tour précisé sur Radio-Israël qu’il n’avait pas voulu dire qu’Israël ne négocierait jamais avec les Palestiniens, mais que ceux-ci devaient auparavant agir contre le terrorisme.
Sur le terrain, l’opération israélienne Jours de repentir s’est poursuivie dans le nord de la bande de Gaza, alors que deux nouvelles roquettes Kassam ont été tirées par des activistes du Hamas. L’une de ces roquettes a atteint le sud d’Israël sans faire ni dégât ni victime.
“Nous poursuivrons l’opération jusqu’à ce que nous ayons atteint nos objectifs”, a promis Sharon devant un parterre de responsables des services de sécurité venus le briefer sur l’opération en cours dans la bande de Gaza.
Le Premier ministre devrait faire le point sur la situation lors du conseil des ministres dimanche, mais il semble peu probable, selon les sources, qu’il change d’avis d’ici cette date sans avoir la garantie que les tirs de roquettes vont cesser.
D’autres sources politiques avaient pourtant estimé peu auparavant que Sharon pourrait dès dimanche déclarer que l’opération avait été un succès et annoncer qu’elle prenait fin.
“Si nous nous retirons maintenant, nous ne pourrons pas garantir un arrêt des attaques à la roquette. Les activités du Hamas ont été affaiblies, mais pas entièrement stoppées”, a ajouté, selon le quotidien israélien Maariv, Sharon devant les responsables de la sécurité.
Mercredi, l’aviation israélienne a détruit au missile une fonderie servant, selon Tsahal, d’atelier de fabrication de missiles artisanaux à Djabalya, dans le nord de la bande de Gaza. Selon des témoins palestiniens, l’attaque n’a pas fait de victim mais l’installation a été totalement détruite et ravagée par les flammes.
Depuis le début de l’opération Jours de repentir, 75 Palestiniens et trois Israéliens ont, au total, trouvé la mort.
Trois personnes, un ouvrier thaïlandais et deux activistes, ont par ailleurs été tuées mercredi lors d’une attaque du Hamas dans une colonie juive de la bande de Gaza.
Au moins deux des activistes ont été tués dans une fusillade avec les soldats israéliens et un ou plusieurs autres hommes armés se trouvent encore certainement à l’intérieur de l’implantation de Kfar Darom, a précisé un porte-parole des colons.
De sources militaires, on a confirmé la mort d’un activiste mais on ne disposait pas d’autres détails. Le Hamas a revendiqué cette attaque.
Publicité
Publicité
Les plus récents