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Progrès de surface
J?ai passé mon premier samedi de janvier 2007 à faire une petite marche, par matin ensoleillé, sur la plage publique d?Albion.
C?est vrai que sous les filaos de la plage publique, il y a aujourd?hui, de petites tentes ?igloos? multicolores, achetées sans doute chez Game ou chez Jumbo, qui contrastent singulièrement et positivement avec les bâches vertes lépreuses d?antan, malproprement accrochées par des filins en plastique aux couleurs agressives. Le ?camping? fait ainsi des progrès dans son ?look?. Comme dans beaucoup d?autres domaines dans ce pays, cependant, il faut malheureusement constater que, pour l?essentiel, le sous-développement et la mentalité qui va avec, perdurent.
L?état des toilettes publiques est, assurément, lamentable et on en parle parfois. Ce que l?on ne dit pas, probablement parce ce que ce n?est jamais ?politiquement correct?, c?est que ceux qui sont, au premier degré RESPONSABLES de l?état des toilettes, ce sont les UTILISATEURS eux-mêmes ! Pourquoi est-ce ainsi ? Pour certains, cela pourrait être de l?inconscience pure (dans lequel cas ils ne devraient pas se retrouver trop gênés quand ils retrouvent ?leurs? toilettes), pour d?autres, il pourrait s?agir de vandalisme délibéré (dito). Il y a souvent un responsable (gentiment appelé ?toilet attendant? par un ?Remuneration Order? quelconque) qui n?a pas la force de s?interposer, ni les outils adéquats pour nettoyer, ni encore l?autorité sanitaire personnelle pour en imposer. Ainsi va le cercle vicieux et sont scotchés sur place, ceux qui souhaiteraient peut-être mieux (je dis bien peut-être, parce que selon la théorie d?au moins un ministre de l?époque, ces démiurges qui nous collent à la peau quel que soit le décrassant utilisé, les touristes, eux, aimeraient apparemment la ?couleur locale?). On ne parle pas, il est vrai d??odeur locale? ou encore de ?stimulation visuelle locale?, mais il faudrait peut-être y penser. Et puisqu?il faut apparemment ?satisfaire? un maximum de monde, ne devrait-on pas demander aux hôtels 4-étoiles et plus d?installer, en option, des toilettes ?couleur locale? et aux plages publiques d?offrir, pour un service payant réglo, des toilettes où il ne faut pas retenir son souffle ?
Ma matinée me mena vers la station expérimentale d?Albion (quel gâchis ! Quel coût budgétaire ?) et le nouveau Club Med. En 400 mètres, j?avais ramassé (et comprimé de mes mains délicates) trois sacs entiers de détritus : bouteilles en plastique et capsules, séparément bien évidemment, briques à jus, couche bébé, conteneur de croissant, piles asséchées, boîtes de cigarettes vides? Comme j?avais des chaussures je me suis retenu de ne pas enlever les deux sacs en plastique apparemment remplis de détritus ( pire?), sagement fermés à deux n?uds et balancés au battant de la lame. J?ai déposé mes trois sacs en plastique dans l?unique poubelle disponible qui était, par ailleurs? absolument vide ! Il y avait, à cette heure, une quinzaine de gosses jouant sur la plage et au moins le triple de parents assis sous les arbres avec des panses plutôt arrondies. On n?a pas bronché ! Peut-être que le gouvernement recevait d?eux de bonnes notes pour son nouveau service de voierie ? Le 2 janvier, j?avais emmené la famille à Alexandra Falls. Même constat: matériellement, ça avance : les sentiers sont balisés, il y a même un coin ?barbecue?, mais il y a aussi du plastique, des restes de chantier et des restes de ?picnic briani? un peu partout.
Pour retourner à Albion : je n?ai jamais entendu personne, y compris les grands défenseurs de l?écologie ou les associations de pêcheurs s?insurger, dans le cadre des plages publiques, contre les manières polluantes de leurs concitoyens.
Ces derniers n?ont-ils pas les poches assez profondes ?
PUCK
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