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Profession : ambassadrice

8 décembre 2006, 20:00

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Suspendue à quinze mètres du sol. Couchée un immense boa autour de la taille, heureuse dans la vie de tous les jours, Karen Nicolini a la faculté de rester elle-même. C?est une fille qui n?a peur de rien, qui s?assume et qui a du mordant. Pile à l?heure au rendez-vous, la jeune femme a de l?éducation. On la voit arriver de loin. Son 1m80 n?y est pas étranger. De blanc vêtu, elle s?avance vers nous, spontanée, communicative, impatiente de lire sur nos lèvres et de nous répondre.

A vingt-trois ans, devenue une top-model internationale, Karen Nicolini évolue depuis deux ans dans l?univers sans merci de la mode. Dotée d?un fabuleux tempérament de battante et de fonceuse, elle veut sans cesse se réinventer pour n?en faire qu?à sa tête. D?abord, elle veut faire les choses dans les règles de l?art. Son éducation de Mauricienne l?y oblige. Pas question de vendre son âme pour les beaux yeux de la haute-couture. Le rôle de «porte-manteau» lui convient qu?à moitié.

«Je ne veux pas être l?objet des stylistes toute ma vie ! J?ai la chance d?avoir fait des études, donc la possibilité de me réaliser et de faire carrière dans le droit. Les défilés et la haute-couture c?est pour un temps. Etre auscultée sous tous les angles n?est pas une sinécure. Voyager, rencontrer du monde, ça dure le temps que ça dure. Je veux être respectée, voilà tout.»

Étiquette de peste

Passer dans une émission de télé-réalité, ça ouvre forcément des perspectives, mais ça aide aussi à voir clair. «On m?a collé l?étiquette de peste ce qui n?est pas du tout moi. J?ai changé de nom pour me débarrasser de cette étiquette et pour exister uniquement par rapport à moi-même. J?ai la sensation aujourd?hui d?avoir grandi. J?ai appris à me comporter, à ne pas trop en faire. Mais je sais également que le monde de la mode, c?est beaucoup de poudre dans les yeux.»

En deux ans, pourtant, Karen Nicolini est entrée dans la cour des grands : défilé pour Chanel, photos de mode pour différents magazines spécialisés, escale à Milan, en Suisse, pour le Stella Fashion Award, et de nombreux défilés pour Christophe Guillarne, le nouveau venu dont la côte de popularité ne cesse de croître dans le milieu de la haute-couture.

«Je ne suis pas prête à tous les sacrifices. Je suis mariée et j?ai une vie. Si je ne plais pas, tant pis ! Mais je refuse de ramper pour obtenir un contrat !»

Fort caractère

Au-delà de ce caractère bien trempé, Karen s?émeut de retrouver son île après une absence longue de trois ans.

Son visage s?anime lorsqu?elle parle de ce besoin pressant de visiter le bazar central de Port-Louis. Volubile lorsqu?elle raconte ses retrouvailles avec sa maman.

«Le bien le plus précieux que je possède, c?est ma mère. C?est une femme d?une douceur et d?une simplicité incroyables. Je lui dois tout !» Loin de son appartement parisien, Karen veut encore profiter de la chaleur de son île, même si son escale en terre natale est brève.

«J?aime ce bout de terre. Paris est peut-être l?une des plus belles villes du monde, mais j?ai du mal à supporter la pollution et la froideur des gens. Ici je me sens bien. J?ai hâte de revenir m?installer définitivement.»

Après ses brèves vacances, Karen Nicolini s?envole pour la Grande Péninsule. Elle posera ses valises dans le brouhaha de Bangalore, en Inde, avant de montrer son meilleur profil devant l?objectif d?un photographe pour promouvoir un spa.

Une série de défilés l?attendent ensuite pour la griffe Christophe Guillarne, avant qu?elle ne s?engage dans un autre projet d?envergure dont elle ne veut piper mot. Karen qui rêvait d?être hôtesse de l?air, rêve aujourd?hui de bébé et l?ouverture prochaine de son école de mannequins chez nous. «Qui vivra, verra !» c?est elle qui le dit !

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