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Procédé douteux
Quand on a peur d?aller à la guerre, on élimine l?ennemi derrière son dos. Le procédé, typiquement italien, est évidemment douteux. Mais il est vieux comme le monde.
Ainsi, c?est sans Torsten Frings, son essuie-glace de service, que l?Allemagne s?apprête ce soir, à Dortmund, à braver l?épais brouillard qui caractérise si bien le jeu italien. Vous savez, ce fameux catenaccio tant décrié, si nuisible au football, mais qui a apparemment fait ses preuves?
Frings, irremplaçable milieu défensif de la Mannschaft, a été suspendu pour un match par la Fifa, qui lui reproche, officiellement, d?avoir participé aux échauffourées qui ont émaillé la fin du quart de finale gagné contre l?Argentine vendredi.
Et devinez qui se cachent derrière cette sanction ? Les Italiens, évidemment !
Grâce aux bons services de La Repubblica, qui n?a eu de cesse, depuis dimanche, photos à l?appui, de secouer le cocotier, la Fifa s?est sentie obligée d?ouvrir une enquête pour déterminer si oui ou non Torsten Frings avait joué les boxeurs sur la personne du pauvre Juan Cruz.
L?enquête, on l?a appris hier soir, a finalement révélé que Frings n?a pas été très catholique sur ce coup-là, ce qui a étonné? Juan Cruz en personne : ?Non, je n'ai reçu aucun coup, ou en tout cas, je ne l'ai pas senti??
Surtout, ne cherchez pas à comprendre.
A force de viser systématiquement sous la ceinture, de jouer les plongeurs et les pleureuses, l?Italie est aujourd?hui devenue, très clairement, l?ennemie publique numéro un, l?équipe en tout cas la moins aimée du plateau.
Cela ne dérange pas outre mesure Marcelo Lippi, le saint patron de la Squadra, qui n?est pas homme à consulter les sondages de popularité. Lui, ce qu?il veut, c?est des résultats. Et peu importe la manière.
Ce soir, dans un Westfalenstadion où la Mannschaft n?a plus perdu depuis 71 ans, 65 000 Allemands déchaînés ne manqueront pas de faire savoir aux Italiens qu?ils n?ont pas apprécié le procédé.
Entre les deux pays, ça n?a jamais été le grand amour. L?affaire Frings risque d?exacerber davantage leur antipathie. Mais la diplomatie, en football, n?a jamais eu beaucoup d?importance?
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