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?Privilégier la performance?
● Quelle est la philosophie derrière les bourses de haut niveau ?
? Elle consiste à soutenir les athlètes de haut niveau pour qu?ils puissent réaliser des performances, et par ricochet, ramener des résultats. Il est important de bien faire ressortir qu?il ne suffit pas d?être champion national pour être un athlète de haut niveau. Un athlète de haut niveau, pour la HLSU, est celui qui a émergé au moins sur le plan régional ou encore qui a réalisé une outstanding performance et qui a le potentiel d?aller encore plus loin. Ils ne sont qu?une poignée, les athlètes de haut niveau, car ils représentent la crème des crèmes.
Mais, il ne faut surtout pas croire que la bourse de haut niveau est un salaire. C?est une assistance qui permet aux bénéficiaires de s?entraîner dans de meilleures conditions pour atteindre les objectifs définis. En l?absence de résultats, l?allocation est automatiquement suspendue. Le plan est ouvert à tous les athlètes qui respecteront les critères.
« Certaines fédérations sont venues vers nous pour nous demander d?être moins généreux. »
● Qu?est-ce qui a incité la HLSUà revoir ce plan d?aide ?
? Les critères dataient de plus d?une dizaine d?années. Comme dans tous les domaines, ils sont appelés à évoluer. Le sport est un domaine qui bouge très vite et il est important de s?adapter aux changements. Par exemple en natation, en haltérophilie ou encore en athlétisme, les techniques et tactiques continuent à s?améliorer, tout comme le temps de circulation du ballon en football est beaucoup plus long.
Et puis, le public sera d?accord avec nous que le sport mauricien n?a pas progressé ces derniers temps. Les résultats obtenus aux derniers JIOI l?on démontré. Compte tenu de tous ces éléments, il était assez logique et grand temps que l?on revoit les critères.
Je tiens à préciser que les critères avaient déjà été revus avant les derniers JIOI mais à la suite des résultats peu réjouissants obtenus à Madagascar, la HLSU les a revisités. Il est bon de savoir que certaines fédérations sont venues vers nous après les JIOI pour nous demander d?être moins généreux dans l?allocation des bourses. J?apprécie également le fait que même le Comité national olympique mauricien (CNOM) a reconnu lors de l?exercice postmortem qui était organisé en partenariat avec le MJS, qu?il était temps de revoir les critères. Le nouveau plan privilégie la performance.
● Y a-t-il eu abus dans le passé ?
? Je ne parlerai pas d?abus mais disons que le système était trop souple et n?accordait pas suffisamment d?importance au suivi de l?athlète. Comme il n?y avait pas de critères propres à chaque discipline, il était difficile de mesurer la marge de progression des bénéficiaires. Pour ne vous citer qu?un exemple, sur les 138 bénéficiaires avant les JIOI, 10 % n?étaient pas sélectionnés pour les Jeux alors que seulement 20 % d?entre eux ont ramené une médaillé d?or.
● Comment avez-vous procédé pour mettre en place les nouveaux critères ?
? C?est un travail minutieux et de longue haleine. Nous avons eu plusieurs sessions de travail avec les fédérations de février à mai. Et ce, sur une base individuelle. Nous avons également consulter les réglements internationaux et avons aussi pris en considération les critères existants. Je tiens à saluer l?effort du board, qui a tout mis en oeuvre pour pouvoir présenter un plan d?aide axé sur la performance.
● Peut-on connaître les critères appliqués pour définir les nouveaux barêmes des primes ?
? Nous avons pris en compte les primes existantes, le budget qui est alloué sous cet item et la tendance dans les autres pays comme les Seychelles, la Malaisie et l?Afrique du Sud par rapport au côut de la vie. Nous avons aussi pris en considération les réalités économiques mauriciennes. Et puis, nous pensons qu?il ne faut pas non plus trop gâter les athlètes car cette assistance financière ne perdurera pas.
● Rs 1 000 est quand même une somme dérisoire, compte tenu du coût de la vie ?
? Comme tout être humain, on ne sera jamais satisfait de ce qu?on a. D?un autre côté, il est vrai que Rs 1 000 ne représentent pas grand-chose de nos jours. Mais nous avons maintenu cette somme car nous pensons qu?elle motivera les athlètes à faire mieux afin d?obtenir plus.
● Dans le résumé soumis à la presse, la HLSU fait mention d?un ?Personal Performance Monitoring System?. Comment fonctionnera-t-il ?
? Le PPMS comprend trois volets. Le premier concerne les détails personnels sur chacun des bénéficiaires. Par exemple, à travers l?âge de l?athlète, nous pouvons nous faire une idée sur son événtuelle marge de progression. C?est également un bon moyen pour suivre les athlètes qui évoluent à l?étranger. Nous avons reçu dans le passé des rapports falsifiés qui ne correspondaient pas au niveau réel de l?athlète. Le deuxième volet est axé sur la partie technique. Chaque athlète qui perçoit l?aide de l?Etat doit, impérativement, signaler la catégorie dans laquelle il évolue ou encore ses records personnels. Et, le troisième volet est consacré à la performance. C?est-à-dire les records existants notamment sur le plan national, régional et continental. Un athlète peut prétendre à une médaille aux JIOI mais lorsqu?on regarde ses chronos, il est loin du meilleur temps des Jeux.
Avec ces nouveaux critères, l?athlète ne peut plus dormir sur ses deux oreilles. Il est doit soit améliorer sa performance durant les six mois soit tout au moins, maintenir son niveau.
En ce qui concerne les athlètes qui évoluent à l?étranger, nous exigerons d?être en contact direct avec leurs entraîneurs.
● Vous avez souvent tendance à comparer le système mauricien à celui d?autres pays?
? J?ai cité la Malaisie, les Seychelles et l?Afrique du Sud, parce qu?il existe dans ces pays un plan semblable à celui de Maurice, qui vise à motiver les athlètes de haut niveau. Ce projet a porté ses fruits aux Seychelles avec les résultats que l?on sait aux derniers JIOI.
Mais il faut savoir que même dans les pays de la région où ce plan n?existe pas, à l?instar de Madagascar, la Réunion, Mayotte et les Comores, cela n?a pas empêché à leur athlètes de briller dans la Grande île. C?est un point qui devrait nous interpeller.
● Pourquoi les bourses de haut niveau sont-elles destinées uniquement à la catégorie seniors ?
? C?est la tendance internationale. Mais cela n?empêchera pas à un athlète qui évolue chez l?élite et qui n?a pas atteint la majorité de bénéficier de cette assistance.
« Avec ces nouveaux critères, l?athlète ne peut plus dormir sur ses deux oreilles. »
● Qu?est-ce qui se passera dans au cas où l?athlète est blessé ? Sa bourse sera-t-elle interrompue ?
? Nous avons fait provision concernant cet aspet. Si l?athlète fourni un certificat médical, nous allons considérer son cas. C?est le cas actuellement pour Stéphane Buckland.
● Pourquoi avoir également revu le ?cash prize scheme? ?
? On a constaté à Madagascar que dans au moins deux disciplines, il n?y avait que trois pays participants voire deux concurrents dans certains cas. Dès le départ, donc, l?athlète concerné était assuré d?une médaille. Lorsqu?on récompense les médaillés de bronze, plus particulièrement, on ne les motive pas à aller checher l?or puisqu?il sait dès le départ qu?il est assuré d?une prime à son retour au pays. Et puis, nous devons aussi prendre en considération que le maximum de pays que l?on peut avoir aux JIOI est six et que certains d?entre eux sont absents dans certaines disciplines.
● Dans le passé, il y a eu des interventions au plus haut niveau du MJS pour influencer la décision de la HLSU. Est-ce que cette pratique a toujours cours ?
Je tiens à faire ressortir qu?il n?y a eu aucune interférence de la part du ministre Sylvio Tang dans l?élaboration des nouveaux critères. Il a respecté les propositions et les décisions du board, tout au moins, dans l?exercice actuel.
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