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Prince Edward altesse avant-gardiste
Noblesse oblige ! C?est un invité royal qui rehausse de sa présence l?éclat des commémorations du bicentenaire de l?arrivée à Maurice de Matthew Flinders, navigateur anglais, et de la mort du navigateur français Nicolas Baudin, le 16 septembre 1803. Et si le prince Edward, Earl of Wessex et Viscount Severn, n?a servi en tout et pour tout que douze semaines au sein du Royal Marine, cela ne l?empêche pas d?être en visite officielle à Maurice depuis jeudi. Edward Wessex, comme il préfère qu?on l?appelle, se rend à Rodrigues aujourd?hui. Des étapes de sa visite officielle sont prévues dans les locaux de Craft Aid et de Shoals of Rodrigues.
Demain, le prince qui loge à l?hôtel Le Shandrani, assistera à la cérémonie du Remembrance Day à la cathédrale St James avant de laisser son nom dans le livre d?or du Musée national de Mahébourg. Son séjour mauricien prendra fin après une expédition sur l?île-aux-Aigrettes pour le compte du Mauritian Wildlife Foundation Pink Pigeon Project.
Dès lundi, Edward Antony Richard Louis Windsor, troisième fils ? le préféré de son père le Prince Philip ? et septième héritier du trône en ligne directe, retrouvera ses automatismes de prince de sang qui s?est démarqué de ses aînés en choisissant la voie de la modernité. Né le 10 mars 1964, il a été le premier fils de monarque à être le salarié d?une personne qui n?était pas de sang royal.
Vie indépendante
Après un passage sans histoire à la Hearthdown Preparatory School, des responsabilités de Head Boy à la Gordonstoun School en Ecosse et quelques années sur les bancs du Jesus College de Cambridge, le prince, qui a pourtant un amour immodéré pour le théâtre, décide de s?engager dans la marine. Simple désir d?émulation ? Il faut croire que oui. Son père, le prince Philip est Captain General of the Marines, le prince Charles est surnommé «Action Man», alors que le prince Andrew baigne encore dans son aura de pilote d?hélicoptère durant la guerre des Malouines.
Quatre ans avant de s?engager dans la marine, soit en 1982, le prince Edward montre déjà de l?intérêt pour ce corps de métier militaire. C?est là l?un des traits de caractère principaux du prince. Si son train de vie avec son épouse Sophie ? qui doit accoucher d?ici fin novembre ? est résolument moderne et indépendant des fastes de la royauté, son Altesse royale est paradoxalement décrite comme étant très à cheval sur le protocole et les traditions.
Alors qu?il est encore étudiant à Cambridge, le jeune homme s?inscrit à un cours de formation destiné aux officiers potentiels. En 1986, trois mois après avoir fait ses adieux aux vieux murs de Cambridge, Edward s?installe aux casernes de Lympstone, avec le rang de lieutenant de deuxième classe.
La nouvelle recrue est accompagnée dans tous ses déplacements de son garde du corps personnel. Il occupe des quartiers séparés de ceux des autres officiers. Sa sensibilité artistique en pâtit visiblement. D?aucuns disent que le stress mental, plus que le stress physique, étaient insupportables pour l?âme émotive du prince.
Edward subit son sort durant douze semaines avant que n?arrivent les vacances salutaires de Noël 1986. Le prince a déjà pris sa décision. Il ne retournera pas à la caserne le 5 janvier 1987.
C?est le début des rumeurs sur la sexualité d?Edward Windsor. Des allégations colportées par la presse tabloid anglaise. D?autres parlent de renvoi à cause du comportement excessif de son Altesse. «Comme tous les grands timides, il en a trop fait quand on l?a placé en position d?autorité,» a écrit le biographe royal Anthony Holden à propos de cet épisode de la vie d?Edward.
amoureux du show-biz
Malgré l?insistance de ses parents qui voient dans la marine une carrière toute tracée pour leur petit dernier, Edward décide de mener sa vie à sa guise et se dirige vers le show-biz. En février 1988, il intègre le Really Useful Theatre Group, dont le patron n?est autre que Andrew Lloyd-Weber, auteur de comédies musicales mythiques.
Deux ans après, c?est la rupture. Motif : Lloyd-Weber ne s?intéresse pas suffisamment aux projets d?Edward.
Mais le prince n?est pas à plaindre. Selon les termes de la liste civile allouée à la famille royale par le Parlement britannique, il touche £100,000 par an. Six mois après, il lance Ardent Productions, société de production d?émissions télé dans laquelle il injecte £200,000. Son partenaire en affaires : le sultan de Brunei, l?homme le plus riche de la terre. Il était temps, la liste civile est supprimée.
Au départ, il était convenu qu?Ardent ne traiterait pas de sujets touchant de près la Couronne. Mais les impératifs financiers en décident autrement. Ardent enregistre des pertes de presque un demi million de livres sterling durant sa première année d?opération. Le prince se lance. Il produit et présente Edward on Edward. Son Altesse royale, que l?on disait attachée à la discrétion, tout comme sa mère, la reine Elizabeth, brise la glace. Elle met en lumière des facettes privées de la famille royale, dont son neveu, le prince William. C?est sans compter sur la vigilance paternelle du prince Charles qui ne fait pas mystère de son irritation. Edward fait exactement tout ce qu?il avait promis de ne pas faire : transformer sa famille en fond de commerce. Jusqu?à ce que cet homme d?un mètre quatre-vingt-trois, qui aime paraît-il le chocolat Mars et le chanteur Peter Gabriel, se trouve un autre centre d?intérêt : Sophie Rhys-Jones, qui est devenue sa femme le 19 juin 1999.
Sophie pas une Diana bis
Même blondeur savamment entretenue. Même sourire photogénique. Même élégance racée dans des tailleurs bien coupés. Non, Sophie Rhys-Jones, devenue par le mariage Sophie, comtesse de Wessex, n?est pas une pâle copie de la défunte Lady Di. Si, du point de vue physique, elle ressemble beaucoup à sa belle-s?ur disparue, l?épouse de son Altesse Royale le prince Edward n?a rien de la mélancolie et des angoisses affectives de la regrettée princesse de Galles.
Sophie a laissé parler la redoutable femme d?affaires qu?elle est, en annonçant qu?elle ne parrainerait aucune ?uvre de charité. Elle a également fait savoir qu?elle ne ferait qu?accompagner son époux lors de ses engagements royaux et qu?elle ne s?y rendra pas à titre personnel.
Son histoire d?amour avec le troisième fils de la reine Elizabeth n?a rien du conte de fée. Sa première rencontre avec son futur mari fut purement professionnelle. Le «prétexte» : une séance de photos pour la promotion du Prince Edward Summer Challenge, un événement lié au Duke of Edinburgh?s Award Scheme. Principe de cette levée de fonds, le prince Edward doit jouer au tennis ? son sport préféré ? aussi longtemps que possible.
C?est la présentatrice d?émissions sportives, Sue Barker qui est d?abord pressentie pour la séance de photos aux côtés du prince. Quand elle décommande à la dernière minute, Sophie est désignée pour la remplacer au pied levé. Les événements remontent au 13 septembre 1993. Quelques mois plus tard, Edward rappelle Sophie ? qui lui avait laissé son numéro personnel au cas où il y aurait eu d?autres problèmes avec la séance de photos et l?invite à faire une partie de tennis suivi d?un dîner au palais royal. L?ambiance aidant, Edward demande à Sophie de laisser tomber le «monsieur» et de l?appeler par son prénom. Le prince n?a pas la réputation de séducteur du prince Andrew. Qu?à cela ne tienne, le coeur de Sophie se met à bondir à chaque fois que son téléphone sonne, espérant que c?est Edward.
Après cinq ans «d?amitié,» la relation culmine par un mariage princier le 19 juin 1999 à la St James Chapel. A cette occasion, la reine confère à Edward le titre de Earl of Wessex, Viscount Severn. La résidence du couple sera désormais Bagshot Park, dans le Surrey, qui est de loin la demeure la plus luxueuse de toutes celles utilisées par les enfants de la reine. Edward y a d?ailleurs installé les bureaux d?Ardent Productions. Comme il n?y a plus de Royal Yacht Britannia, le couple s?accorde une lune de miel de quatre jours au château de Balmoral avant de reprendre sa vie active.
Parcours jalonné de faux pas protocolaires. Sophie est sans cesse comparée à Diana. Excédée, elle se laissera aller à des commentaires indélicats sur sa belle-famille en présence d?un journaliste. Après une période de froid, il semblerait que Sophie se soit beaucoup rapprochée de la reine, de plus en plus esseulée depuis la mort de la reine mère et de la princesse Margaret.
Sophie Wessex est sur le point d?accoucher. Sa première grossesse s?est soldée par une fausse couche. Il est convenu qu?aucun des enfants d?Edward et de Sophie ne portera le titre d?Altesse royale. La reine, son fils et sa bru ont aussi convenu qu?après son décès et celui du prince Philip, c?est Edward qui héritera du titre de duc d?Edinburgh.
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