Publicité
Presse à bon dos
Changement de régime ou pas, la presse demeure le bouc émissaire de ceux qui s?installent à l?Hôtel du gouvernement. Navin Ramgoolam nous en a fait une nouvelle démonstration, mardi, au Parlement.
Visiblement gêné par les allégations proférées dans le cadre de l?affaire Dulull par le responsable des relations publiques de la propriété Bel-Air St Félix, le chef du gouvernement a, à maintes reprises, parlé de « trial by the press ». Il a même invité le leader de l?opposition à ne pas porter foi à tout ce qui se dit dans les journaux.
Libre au chef du gouvernement de croire ou de ne pas croire tout ce qui est publié dans la presse. Mais c?est néanmoins faire trop d?honneur à cette vieille institution que de prétendre qu?elle peut influencer ceux qui ont pour responsabilité d?instruire le dossier dans l?affaire Bel-Air St Félix.
Que l?on sache, il appartient actuellement aux enquêteurs de corroborer les versions de tous ceux dont les noms ont été cités jusqu?ici. Ils auront ensuite à séparer le bon grain de l?ivraie. Il appartiendra ensuite au Directeur des poursuites publiques (DPP), puis à la cour, de décider s?il y a eu délit, ou pas. À ce jour, tout porte à croire que, s?il y a matière à poursuite, pareil dossier sera logé devant des magistrats siégeant sans jury.
En faisant, mardi, le procès de la presse, le Premier ministre a toutefois précisé qu?il a invité la police à ouvrir une enquête avant même d?en parler à son ministre. Preuve, s?il en fallait une, qu?il lui a semblé que certaines zones d?ombre méritent d?être élucidées. Et ce, pour le bon renom de l?État.
Que Navin Ramgoolam se dise que son gouvernement n?est pas le seul à tenir nos institutions « in high regards ». Prétendre un seul instant que la presse est en mesure d?influencer à la fois la police, le DPP et les tribunaux, rien qu?en relayant les différentes dépositions, c?est leur faire une injure.
Publicité
Publicité
Les plus récents