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Premier certificat pour 23 pêcheurs

12 février 2005, 00:00

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Pour la première fois, un pêcheur artisan de Maurice décroche un certificat? C?est même un moment «historique», aux yeux de France Andy, pêcheur de Grande-Rivière-Sud-Est et l?un des responsables de l?Association des pêcheurs professionnels de l?île Maurice. Avec 22 autres, il a obtenu hier un certificat d?aptitude qui sanctionne une formation de quatre mois au Fisheries Training and Extension Center (Fitec) de Pointe-aux-Sables, ouvert en septembre 2004.

Pour suivre cette formation, les 23 pêcheurs ont été choisis dans une liste établie par le ministère de la Pêche. Celui-ci en a profité pour régulariser les pêcheurs du groupe qui n?avaient pas leur permis.

Parmi eux, une femme, Reema Bissoon, s?est lancée dans la pêche avec l?aide de son mari depuis quatre ans. Un nouvel horizon s?ouvre à elle. «J?ai tiré beaucoup d?enseignements de cette formation», indique la jeune femme, visiblement très émue d?avoir décroché un certificat.

Cette attestation est donc «une nouvelle étape» dans la carrière de ces pêcheurs, comme l?a signalé Joe Lesjongard, le ministre des Terres, du Logement et de la Pêche. Il effectuait la remise des certificats au Fitec. C?était sa première sortie depuis qu?il a hérité du ministère de la Pêche, le 16 décembre. Il en a profité pour annoncer «des changements en profondeur» dans le secteur, avec un «tournant» au mois de mars. Il pourrait y avoir, à ce moment-là, un grand événement pour les pêcheurs.

Joe Lesjongard a aussi annoncé un «encadrement» pour les pêcheurs qui contractent un emprunt. Il a énoncé quelques grands principes de sa politique pour le secteur, qui s?appuiera sur une approche participative.

<B>OPPORTUNITÉS</B>

«La pêche a un grand avenir». Un avenir qui se dessine surtout hors du lagon, estime le ministre. Il a mis l?accent sur la nécessité de préserver la beauté du lagon et plaidé pour une évolution des techniques de pêche. Joe Lesjongard a proposé de nouvelles pistes, comme l?exploitation des barachois, la culture des huîtres et des algues.

«Notre zone maritime recèle des richesses comme la crevette», surenchérit France Andy. Avec ses amis formés à l?école de pêche, ils sont sur le point de créer une petite entreprise de pêche semi-industrielle pour la crevette. La formation leur a donc donné de nouvelles opportunités. «Il faudrait que ceux qui ont suivi les cours montrent l?exemple aux autres.»

Message destiné au prochain groupe? Déjà constitué, il comprend une vingtaine de pêcheurs de la région de Port-Louis. Une zone prioritaire, durablement affectée par la pollution.

Les cours sont étalés sur quatre mois, à raison de quatre jours par semaine et huit heures par jour. Ils portent sur l?alphabétisation, la sécurité en mer, l?écologie marine, mais aussi l?entretien des bateaux ou encore la natation et surtout quelques principes de comptabilité et de gestion. Ils comportent un volet théorique et un volet pratique sur l?un des cinq bateaux dont le centre dispose. Des cours de base, donc, mais qui devraient«permettre aux pêcheurs d?accroître leurs connaissances afin d?améliorer leur niveau de vie», comme le fait ressortir Daneshwar Goorah, le directeur du Fitec.

D?autres types de cours devraient suivre, notamment pour les pêcheurs qui opèrent autour des dispositifs de concentration du poisson. Dans un deuxième temps, l?école de pêche devrait proposer une formation pour la pêche à la palangre (long line).

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