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Pravind Jugnauth : ?La bataille avec l?OMC sur le sucre s?annonce âpre?

30 juillet 2003, 20:00

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Le sucre entre inéluctablement dans une zone de hautes turbulences. La bataille avec l?Organisation mondiale du commerce (OMC) à Cancun, Mexique, en septembre s?annonce âpre. Les nombreuses menaces, internes et externes, auxquelles les producteurs sucriers sont confrontés sont énormes. Ainsi les producteurs sucriers des Etats d?Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) affûtent leurs armes.

Ils comptent y réclamer le maintien des préférences commerciales dont les Etats ACP bénéficient actuellement sous le régime sucrier avec l?Union européenne (UE). C?est ce qu?affirme Pravind Jugnauth, ministre de l?Agriculture et porte-parole des ACP pour le sucre, à son retour cette semaine de la 8e conférence des ministres ACP, responsables du dossier sucre. Tenue du 21 au 25 juillet aux îles Fidji, elle avait pour thème les stratégies à adopter par les pays ACP pour faire face aux défis et aux menaces qui guettent le secteur sucrier.

?Les ACP feront bloc à Cancun. Cette solidarité intra-ACP est nécessaire pour mieux affronter les âpres batailles qui s?annoncent au niveau des négociations?, dit le ministre.

En raison des réunions cruciales qui s?annoncent à l?avenir, les ACP ont décidé de mettre sur pied un Ministerial Steering Committee qui aura pour tâche de suivre la situation de près et de réagir promptement.

La conférence aux Fidji s?est appesantie sur les défis et les menaces auxquels sont confrontés les Etats ACP, exportateurs de sucre vers l?UE. Elle a permis de dégager un plan d?action (Yanuca Island Action Plan) en vue de mieux défendre les intérêts des pays concernés.

Ces menaces et défis, dit le ministre Pravind Jugnauth, sont liés aux négociations actuelles sur l?agriculture avec l?OMC, à l?offensive de l?Australie, du Brésil et de la Thaïlande, aux négociations ACP-UE au sujet de la concrétisation de nouveaux accords de partenariat économique. C?est aussi lié au mid-term review prochain du régime sucrier renouvelé en 2001 pour cinq ans, sans oublier l?Initiative Lamy qui sera appliquée à partir de juillet 2006. Cette initiative permettra le libre accès de tout produit des pays les moins avancés (PMA) car ils pourront, à partir de cette date, tout exporter sans taxe et sans quota vers l?Europe, à l?exception des armes. Une convergence a été notée entre les Etats signataires du protocole sucre et les PMA, membres des ACP. La proposition d?un front commun pour défendre les intérêts sucriers des pays concernés a été retenue.

?A quelques semaines de la réunion ministérielle dans le cadre des négociations à l?OMC sur l?agriculture, il était nécessaire pour les ACP de se concerter et d?affiner la stratégie à adopter?, dit le ministre.

La conférence ministérielle aux Iles Fidji s?est tenue à un moment ?crucial?, compte tenu de la démarche de l?Australie, du Brésil et de la Thaïlande concernant les subsides que l?UE accorde aux producteurs sucriers à travers son régime sucrier. Ces trois pays ont demandé qu?un panel de l?OMC se penche sur cette question.

Les ACP en sont préoccupés, selon Pravind Jugnauth. ?La démarche de ces trois pays constitue une attaque directe contre le régime sucrier européen et implicitement contre le protocole sucre qui fait partie intégrante du régime sucrier européen.?

Concernant toute révision du régime sucrier européen, dit-il, la conférence ministérielle s?est de nouveau appesantie sur les obligations contractuelles qui lient les ACP à l?UE sur le sucre sous l?Accord de Cotonou. Car celui-ci stipule clairement que toute révision doit sauvegarder les bénéfices découlant du protocole sucre, compte tenu de son statut spécial.

Les ministres ACP se sont aussi penchés sur les options proposées par la Commission européenne concernant la révision du régime sucrier européen. Ils se sont prononcés en faveur de l?option qui garantit une gestion ordonnée du marché sucrier européen à travers un système de quotas et d?un prix rémunérateur.

?Les ministres ACP estiment qu?un prix rémunérateur qui garantirait un niveau adéquat de revenus aux ACP est un facteur clé qui devrait être pris en considération afin d?assurer le développement socioéconomique des Etats concernés?, a dit Pravind Jugnauth.

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