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Pourquoi Gula s?est désagrégé

3 février 2008, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Gula n?aura été qu?une tempête? dans un verre d?eau. Présenté comme menace jeudi matin, le cyclone n?aura fait qu?ébouriffer le pays et déranger de nombreuses personnes qui se sont « privées » d?un jour de congé. En arrivant près de nos côtes, Gula se serait affaissé comme un soufflé en moins de deux heures.

Le pays est en alerte III depuis 4 heures du matin, et à 8 heures, les services météo, en se basant sur des données de Met Office de Londres et du centre d?observation d?Hawaï, prévoient de très fortes rafales dans les heures qui suivent. Mais quelque temps plus tard, coup de théâtre : Maurice toutes les alertes sont levées.

Il est tout à fait normal que, quand il n?y a plus de risques de rafales de 120 km/h, la fin de l?alerte soit signalée. En fait, plusieurs raisons sont mises en avant pour expliquer cet état de choses. Gula, un cyclone de petit diamètre, n?aurait pas bénéficié de toutes les conditions nécessaires pour se muer en véritable monstre. La température de la mer, d?où le cyclone puise son énergie, aurait baissé de deux ou trois degrés, enlevant à Gula la moitié de sa puissance.

Entre « El Nino » et « La Nina »

Pour maintenir ses forces, le cyclone doit bénéficier d?une température minimale de 26,5 °C pendant quelque temps, et sur plusieurs dizaines de mètres de profondeur. Formé dans la zone de convergence intertropicale, l?incubateur des cyclones, au sud de Diego Garcia ou dans le canal de Mozambique, le cyclone suit normalement une trajectoire d?ouest-sud- ouest. « Lorsque le cyclone se trouve derrière l?Équateur, la mer est toujours chaude. Il tend à perdre de sa puissance quand il bouge plus au sud et lorsqu?il atteint les eaux plus froides. C?est pourquoi tous les cyclones ont tendance à se combler, c?est-à-dire que le gradient de pression devient moins abrupt et le tourbillon qui caractérise un cyclone n?existe plus », explique un observateur.

Mais on évoque aussi La Nina pour expliquer l?éclatement de Gula. Ce phénomène climatique occasionnel a pour origine une anomalie thermique des eaux de surface s?étendant sur les premières dizaines de mètres, de l?océan Pacifique centre et Est, caractérisée par une température basse de ces eaux. « Ce courant froid traverse le Pacifique pour atteindre l?océan Indien, maintenant la température de l?eau en dessous de 20 °C. Dès lors, le cyclone aura tendance à se désagréger », souligne un spécialiste. La région ne subira plus pour très longtemps les effets de La Nina, selon lui.

D?après Météo France, on a relevé dans le passé davantage d?épisodes d?El Nino ? un phénomène climatique inverse ? que de La Nina. De plus, un El Nino fort n?est pas forcément suivi d?une Nina similaire.

Certains observateurs avisés prévoient que les prochaines formations cycloniques, surtout celles qui prendront naissance au sud de Diego Garcia, seront d?intensité forte, comparée à celles qui se forment près de Saint-Brandon. Et si nous ne sommes plus sous l?influence de La Nina, les dégâts risquent cette fois de faire mal.

QUAND L?ALERTE EST DONNEE

Classe I

Cette alerte est émise 36 à 48 heures avant que Maurice et Rodrigues ne soient affectées par des rafales de 120 km/h.

Classe II

Elle est émise à une heure susceptible de permettre au public de profiter de 12 heures de lueur du jour avant que les rafales n?atteignent 120 km/h.

Classe III

L?alerte no 3 est déclenchée lorsqu?il existe de grands dangers de rafales atteignant 120 km/h. Elle est émise, si possible, à une heure qui permettrait au public de profiter de six heures de lueur du jour avant les premières rafales de 120 km/h.

Classe IV

L?alerte no 4 est émise lorsque des rafales de 120 km/h soufflent déjà dans plusieurs endroits de l?île, et qu?elles persisteront. Elle est maintenue pendant toute la durée du passage du cyclone sur l?île.

Aucun avertissement

La fin de l?alerte est signalée lorsqu?il n?y a plus de risque de rafales de 120 km/h.

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