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Poulets : la sécurité du consommateur avant tout
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Poulets : la sécurité du consommateur avant tout
CE N?EST que mardi matin, soit plus de cinq jours après la découverte de la mort de 38 000 poulets de la ferme de Trois-Ilots, du 27 au 30 mars derniers, que le diagnostic est tombé : il s?agissait, selon les responsables de la ferme, d?une bronchite néphrétique. Cette maladie, ont-ils assuré, ne se transmet pas à l?homme et n?affecte pas la qualité du produit à la consommation.
Une première remarque. La direction de la ferme de Trois-Ilots a essayé de dédramatiser le taux de mortalité anormalement élevé ? 35 % du taux de production ? en parlant de ?mort naturelle?. De son côté, le département de communication de Food and Allied Limited (FAIL) parlera de ?cas isolé?. De telles précautions sont fort compréhensibles de la part de producteurs. Il y va de leur réputation, donc de l?avenir commercial de leur entreprise. Et au vu de la concurrence qui existe dans une industrie comme celle du poulet, il est normal que les producteurs mis en cause misent à fond sur la communication.
Ainsi, l?une des premières préoccupations des autorités aura été de rassurer l?opinion publique qu?il n?y avait aucun lien avec la grippe aviaire. Mais si dédramatiser est une chose, banaliser en est une autre. 38 000 poulets morts subitement ne relever d?un ?cas isolé? si on n?en connaît pas encore la cause. Surtout que la direction de la ferme Trois-Ilots avait manqué à sa responsabilité en tardant à rapporter le cas aux autorités, comme le stipulent les dispositions du Animal Diseases Act.
Décision tardive
Il faut reconnaître que les services spécialisés des ministères de la Santé et de l?Agriculture ont réagi avec sérieux sur ce dossier, même s?il faut déplorer le fait que le retrait du circuit commercial du poulet empaqueté par FAIL les 30 et 31 mars a été décidé un peu tardivement. Une telle décision aurait dû avoir été prise dès les premières heures après que les autorités eurent été informées de ces morts alors inexpliquées. A un certain moment certains consommateurs ont pu avoir l?impression que les autorités voulaient donner du temps aux responsables de FAIL et de Trois-Ilots pour trouver une explication qui ne leur causerait pas grand tort. Or, dans de telles situations, c?est le principe de précaution qui doit prévaloir. Lorsqu?il s?agit de la sécurité alimentaire de la population, il ne faut pas hésiter à prendre des décisions qui s?imposent. En la circonstance, la seule décision qui pouvait garantir la sécurité des consommateurs était le retrait immédiat de tout produit suspect du marché.
Il est bon, aussi, de savoir que l?Institut pour la protection des consommateurs a sollicité FAIL pour obtenir une copie du rapport de l?analyse effectuée en Afrique du sud. Sur conseil de son consultant, FAIL a fait savoir à l?association qu?il ne serait pas correct de porter la conclusion des tests à la connaissance d?une ?third party?. Il a par contre tenu à préciser que ces informations ont été communiquées au ministère de l?Agriculture (NdlR : la compa-gnie a fait publier dans la presse un communiqué visant au ?partage d?informations?). Espérons que les services gouvernementaux respecteront le droit du consommateur à l?information, quand ils seront en présence des résultats des tests qu?ils ont commandités.
Par ailleurs, on ne peut que dénoncer haut et fort la mise en terre des poulets morts. Un haut cadre à l?Environnement précisera même à un quotidien que ?les 30 000 premiers volatiles morts à la ferme ont été ensevelis sur un site situé à 2,5 km des zones résidentielles?, et cela, malgré que la raison de ces morts subites n?était pas encore connue. Dans de telles circonstances, les poulets morts auraient du être incinérés pour éviter le moindre risque sur l?environnement et donc sur la santé des habitants.
Traçabilité
D?autres points méritent d?être relevés. Il semblerait, si l?on se fie aux diverses interventions de ceux directement concernés, que les analyses étaient toutes orientées. Les analyses avaient pour objectif de déceler la grippe aviaire, la maladie de Rewcastle, la salmonelle, le Gumboro et la bronchite. Même si l?on connaît maintenant la cause de ce taux de mortalité élevé, il faut dire que dans cette démarche d?analyse, il manquait un ?système de traçabilité? qui aurait permis de faire le point sur toutes les conditions d?élevage, par exemple l?alimentation, entre autres.
C?est dans cette perspective que l?Institute for Consumer Protection a adressé une lettre aux autorités, leur demandant de mettre sur pied, dans les plus brefs délais, un système de traçabilité afin de pouvoir analyser toutes les étapes de production de poulets. Ce système pourra éventuellement être étendu à d?autres produits alimentaires.
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