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Portraits au panthéon

4 mai 2008, 20:00

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Portraits au panthéon

Quand une journaliste et un photographe français se mêlent de raconter Maurice, c?est par les sentiments qu?ils nous prennent. Leur parti pris : faire ressortir le meilleur. Un peu de fangourin dans un océan de dépit, pour ceux qui désespèrent de la race humaine.

Mauritius Passions Portraits ? qui existe aussi en version française ? c?est le meilleur de nous, pris sur le vif par eux. Des photos somptueuses, des textes condensés ? la difficulté étant de cerner une vie, une envie en une page ? pour nous redire à quel point Maurice et les Mauriciens sont affaire de bien, de beau, de bon.

Au lancement de l?ouvrage, mercredi, le auteurs expliquant leur démarche ont chacun dévoilé une partie d?eux, autant qu?ils ont voulu saisir l?âme de leurs sujets. «Nous avons voulu présenter Maurice à travers ceux qui la font.» Caroline Barth qui est passée par Euronews, la BBC et Médecins sans frontières avant de suivre son mari chez nous a raconté comment, «quand j?ai débarqué il y a presque quatre ans, j?ai été frappée par la diversité. J?ai eu envie de mettre des visages sur cette diversité, montrer la vibration de gens passionnés». Tout en donnant un côté mosaïque au livre. Pari réussi.

Elie Bernager, qui lance d?emblée, «mon travail, c?est de fabriquer de la beauté», est à la fois photographe de mode et de reportages. Il a fait des photos pour Geo et Marie Claire. Il signe les photos du magazine de bord d?Air Mauritius, qui donne des cours chez DCDM, tout en envisageant de passer son savoir-faire à l?université de Maurice, devait dire : «Certains expatriés sont surtout venus pour prendre, d?autres comme moi sont venus pour donner.» Son objectif ? sans jeu de mot ? est de révéler l? «île qui se dissimule sous les apparences», de montrer un «génie mauricien fait de débrouillardise et de fulgurance». De rendre «hommage à la nation mauricienne, un peuple qui a su rester debout».

«Quand j?ai débarqué il y a presque quatre ans, j?ai été frappée par la diversité. J?ai eu envie de mettre des visages sur cette diversité.»

Alors «quand l?île danse», le récit s?ouvre avec Anna Patten et Sandhip Bhimjee. Du kathak millénaire à la création contemporaine. Pour s?achever sur la poésie de Robert Edward Hart, défendu par son descendant slameur, Stefan Hart de Keating. Entre le rythme et les vers, le c?ur balance. Du blues de Triton, levé des profondeurs mystiques de Tamarin. Du comique populaire de Miselaine Soobraydoo qui à fleur de peau rit des travers du quotidien. Mais surtout, d?elle-même.

Les arts sont là : le cinéma avec Selven Naidu, la bande dessinée avec Laval Ng, le roman avec Shenaz Patel, la photo avec Tristan Bréville et Yves Pitchen, le séga avec Michel Legris, les plasticiens autour de Marie de Comarmond, de la galerie du Moulin Cassé.

Zoom sur des carrières qui ont fleuri non sans difficulté. C?est en cela que le talent du tandem d?auteurs est visible. Même si l?image est belle, elle ne gomme pas les aspérités. Même si le texte est bien écrit ? traduit un peu trop littéralement du français à notre goût ? il croque les personnes pour en faire des personnages avec leurs déboires, leurs coup de sang, leurs espoirs parfois déçus.

Exposés au soleil

Toujours avec Maurice en fond, en cadre, en décor. C?est visible. Elie Bernager est dans son élément à la mer. Il aime à y transporter «ses gens». A les sortir de leur environnement ordinaire pour les exposer au soleil, les brûler au sel marin, pour les caresser à coup d?alizée.

Il en ressort des touches d?humour, comme dans le cas de Percy Yip Tong, de la poésie comme pour Yann von Arnim. Ou un grand éclat de rire comme dans celui de Christophe Pélicier.

Est-ce à dire que c?est le meilleur de ce que Maurice a à offrir. Pour le touriste sûrement. Ce qui n?empêche pas l?objectif d?Elie Bernager de s?intéresser aux champs de canne, aux montagnes. Ou de zoomer sur un multipliant.

Les auteurs, eux, aiment « leurs gens ». Sans être véritablement complaisants avec eux, on sent bien la complicité qui s?est tissée entre auteurs et sujet. Comme en plus, ces personalités-personnages font l?unanimité dans leur domaine, le plaisir de la rencontre en est plus palpable.

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