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Policier un métier de spécialiste

21 octobre 2006, 20:00

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Voilà celui qui fait rêver les petits garçons, qui traque le bandit, qui fait le guet pendant que nous dormons. Selon la Charte du citoyen élaborée par la police, il « fait observer la loi sans parti pris et avec fermeté, met obstacle à la criminalité et poursuit en justice ceux qui ne respectent pas loi » : lui, c?est le policier.

Cette définition ne siéra peut-être pas à tous. On sait bien que certains policiers se prennent pour des dieux, que d?autres profitent de leur autorité pour arnaquer le citoyen, sans parler de ceux qui prennent des pots-de-vin ou brutalisent les suspects.

Et le commissaire de police, Ramanooj Gopalsingh, a bien fait ressortir, lors de la cérémonie de remise de diplômes aux étudiants de BSc in Police Studies que le Complaints Investigation Bureau (CIB) a enquêté sur 431 doléances l?année dernière. Mais comme le dit si bien un policier : « Qu?est-ce que cela représente par rapport aux 10 763 policiers qui exercent, et pourquoi toujours s?attarder sur les brebis galeuses ? »

Oublions, le temps de ce dossier, les brutalités policières et autres abus de pouvoir de certains hommes en uniforme. La profession de policier est un métier de passion, pour lequel des hommes et des femmes dévoués choisissent d?assurer le respect de l?ordre, de la paix et de la sécurité.

« J?aurai 40 ans de service le 1er juin 2007 et je me réjouis de cette carrière. Ce métier m?a appris la discipline, une valeur que j?applique dans ma vie privée et que j?ai inculquée à ma famille », confie Jacqueline Henriot, surintendant de police affectée à la Family Protection Unit.

Anil Dip, assistant commissaire et responsable de l?École de formation de la police, éprouve aussi la fierté d?avoir choisi de servir son pays et il est intransigeant sur les qualités requises pour exercer cette profession. Il insiste sur l?honnêteté, l?éthique professionnelle, la discipline, l?intégrité et le savoir-faire. Il ajoute, par ailleurs, qu?il n?y a pas de routine dans ce métier.

« La société est en mutation et on doit sans cesse changer notre mindset pour s?adapter, se recentrer pour être à la hauteur de ce qu?on attend de nous. Si c?est un métier enrichissant, c?est aussi très stressant. Combien de policiers ont été agressés en s?interposant dans une bagarre ? Certains reçoivent des coups de sabre, d?autres y ont même laissé leur vie », explique-t-il en rappelant que les agents travaillent à des heures indues, qu?ils sont toujours là qu?il pleuve, qu?il fasse soleil, qu?il y ait un cyclone et que cela se fait souvent au détriment de leur vie familiale.

Une profession très prisée

Il n?empêche que, lors du recrutement des membres de la force policière, des milliers de personnes peuvent postuler? pour 500 places. Malgré le fait qu?elle exerce ses activités dans une société complexe, qu?elle exige de nombreuses aptitudes mentales et physiques, la profession reste donc très prisée. S?il est souvent bon ton de critiquer la police et que l?on entend souvent « ils sont de plus en plus maigres », « ils ne bougent pas quand ils voient un problème dans la rue », « ils ne savent pas parler aux gens », le métier est néanmoins toujours bien vu.

Et quoi qu?il en soit, la police est utile, sa présence nous rassure. Il faut dire que le commissaire veille à ce qu?il en soit ainsi, à « gagner le c?ur et l?esprit des citoyens » et à « établir une bonne relation avec le public ». Après tout, si on en croit la Charte du citoyen , cette dernière doit « faire de son mieux pour diminuer tout sentiment de frayeur des membres du public au mieux de ses possibilités et faire valoir leur priorité et leur intérêt à travers ses actions ». Pour y arriver, il faut des policiers bien entraînés physiquement et préparés psychologiquement, de même qu?une bonne organisation.

S?il ne nous a pas été possible d?entrer dans les secrets de départements tels que la Very Important Person Security Unit (Vipsu), ou la Special Supporting Unit (SSU), nous nous sommes penchés sur d?autres unités tout aussi importantes. Une chose est sûre, il y a plusieurs spécialités au sein de la police : des experts en déminage, des médiateurs quand surgissent des conflits, un escadron d?hélicoptère. C?est comme dans les films, enfin presque.

LA « POLICE TRAINING SCHOOL »

Du constable au commissaire de police, il y a bien du chemin à parcourir et ne devient pas policer qui veut. D?abord, il faut détenir un School Certificate. Il faut également répondre à des critères physiques spécifiques : un tour de poitrine de 33 pouces et mesurer 5 pieds et 7 pouces au moins. Reste à passer un examen médical, réussir des tests d?aptitude physique et un examen écrit. Si vous avez déjà été condamné pour un délit, n?envisagez pas de postuler dans la police.

La Disciplined Forces Service Commission a retenu votre candidature ? Le parcours du combattant ne fait que commencer. L?École de formation de la police vous attend.

Le premier stage consiste en 20 semaines de cours intensifs et résidentiels. Ensuite, vous êtes rattaché pendant dix semaines à un tuteur pour le côté pratique et évoluer sur le terrain. Suivent 72 semaines où le policier commence à travailler en indépendant. La dernière ligne droite comprend la théorie et la pratique, de même qu?un examen final.

Vous ne serez confirmé au grade de constable que deux ans après. Mais vous n?êtes pas pour autant arrivé au bout de vos peines.

Il y a de la formation continue qui permet aux policiers de partager leurs expériences, de se familiariser avec les nouvelles lois et procédures. Il existe, par ailleurs, des formations plus pointues dans les unités spécialisées et beaucoup peuvent approfondir leurs connaissances à l?étranger.

En outre, depuis 1999, l?université de Maurice, en collaboration avec l?université de Portsmouth, propose chaque année une BSc in Police Studies. Ce cours a pour objectif de les former à la criminologie pour qu?ils appliquent les techniques modernes d?investigation, se familiarisent avec la psychologie de la société, entreprennent des études sur les moyens de réduire le taux de criminalité, etc.

ZOOM SUR QUATRE UNITES

« Emergency Response Service », appelez police-secours !

Un forcené leur tire dessus, des étudiants à la gare les agressent physiquement? c?est le risque du métier qui veut ça et ces policiers ne semblent pas s?en plaindre. Là où il y a un problème, l?Emergency Response Service (ERS) est toujours en première ligne. Leurs patrouilles sont partout, prêtes à intervenir dans les quinze minutes qui suivent un appel. Les unités de l?ERS sont au nombre de 34 et sillonnent l?île, à l?affût du moindre incident. La spécialité de cette unité est de gérer les urgences. Ce service a été mis en place en 1998, alors qu?on reprochait à la police d?arriver toujours trop tard dans certains cas. Equipées de GPS, les patrouilles fonctionnent 24 heures sur 24. Aussitôt qu?une requête est faite au 999, qu?un poste de police ou que l?Information Bureau reçoit un appel de détresse, on fait appel à l?ERS pour intervenir rapidement.

« L?ERS est toujours en première ligne, il doit prendre des initiatives, gérer le problème, transporter les blessés s?il le faut, préserver la scène du délit, appréhender les gens? bref, prendre les premières mesures avant que n?arrivent les enquêteurs ou les autres équipes spécialisées », explique l?assistant commissaire de police Pregassen Vuddamalay, qui est en charge de cette section.

Du coup, on fait appel à ces agents quand il y a un accident de la route, une bagarre dans une localité ou chez des gens. Ces policiers prennent aussi des contraventions sur les routes, font des alcootests, assistent les salesmen (qui se faisaient agresser régulièrement à un certain moment). Ils prennent aussi en contravention les boutiques qui vendent de l?alcool après les heures, etc. Enfin, on les voit près des banques, des gares, bref, partout où il faut parer à d?éventuels problèmes.

La Police du tourisme, qui comprend une dizaine de patrouilles, est aussi sous la responsabilité de l?ERS. Comme l?indique son nom, cette unité travaille en étroite collaboration avec la Tourism Authority et veille à la sécurité des touristes à proximité des hôtels, des aéroports et des plages. Par ailleurs, une équipe d?enquêteurs va bientôt se joindre à l?équipe pour élucider au plus vite les cas de touristes victimes de délits. L?ERS a aussi sous sa tutelle la bike patrol, qui travaille encore plus près du public.

La « Dog Section » : Des agents très spéciaux

Le chef inspecteur Mario Almel (photo), responsable de cette section, ne jure que par les chiens. « J?adore les chiens. C?est vraiment le meilleur ami de l?homme. Il ne risque pas de vous trahir. » Il en a douze chez lui et s?occupe de Brutus, un berger allemand de sept ans qui est sous sa responsabilité à la SMF. La Dog Section existe depuis 1952 et compte, à ce jour, 52 chiens, notamment des labradors, des bergers allemands et un berger belge. Ces animaux sont dressés pour renifler de la drogue, retrouver des gens, escorter les prisonniers dangereux mais aussi attaquer si on leur en donne l?ordre.

On les retrouve souvent aussi aux environs d?Abercombie, lors de patrouilles à pied ou dans les matchs de foot, les meetings? Évidemment et heureusement, ces chiens ne sont jamais laissés sans surveillance. Chacun d?eux a son maître, son handler comme on l?appelle dans le jargon de la police. Il y a 52 policiers affectés à la Dog Section.

Leur travail est assez particulier. Ils s?occupent de leurs bêtes de A à Z : nettoient leurs niches, préparent le repas de leurs compagnons canins, les lavent, les soignent quand ils sont malades et surtout, les dressent. Les policiers ont ainsi été formés pour apprendre l?obéissance et les techniques de dépistage à ces chiens.

« Il faut beaucoup de patience pour dresser un chien, et c?est un travail répétitif. Pour ce qui est des animaux spécialisés dans la recherche de stupéfiants, c?est grâce à des jeux qu?on leur apprend à détecter la drogue où qu?elle soit », confie l?inspecteur Almel. Le plus dur, c?est quand ces chiens ont dix ans et doivent prendre leur « retraite ». On les place alors dans des familles de policiers, selon des critères stricts.

« Family Protection Unit »? recoller les morceaux

La Family Protection Unit tente la médiation quand il y a un problème entre les membres d?une même famille.

« Une femme battue par son mari, un mari qui est persécuté par sa femme, une fille qui veut quitter le toit familial, un conflit sur fond d?héritage? on reçoit ces témoignages tous les jours. On essaie alors la confrontation des personnes concernées, on écoute les deux sons de cloche pour les aider à y voir plus clair dans leur situation. On les oriente parfois vers d?autres services », avance Jacqueline Henriot (au centre sur la photo), surintendante de police et chargée de la Family Protection Unit.

Cette unité a des antennes un peu partout dans l?île. En principe, les postes de police orientent les plaignants qui ont des problèmes familiaux vers la Family Protection Unit. Les policières qui travaillent dans cette section ont eu des formations en matière de résolution de conflits, d?écoute et de psychologie. « Les bagarres éclatent souvent à cause d?un problème d?alcool, d?adultère, de manque de dialogue, de stress. Notre job consiste en quelque sorte à recoller les morceaux », explique la responsable.

Les membres de la Family Protection Unit misent également beaucoup sur la prévention et organisent des causeries dans les écoles. Quand une femme battue arrive au poste de police le soir et refuse de rentrer chez elle, c?est la surintendante Henriot qui est chargée de trouver un shelter pour elle. « Pour faire ce métier, il faut avoir une réelle volonté d?aider les gens. Parfois ils viennent vous voir chez vous et quand vous pouvez, vous les aider. Comme on dit un policier est toujours on duty », affirme-t-elle.

L?« Explosives Handling Unit »? désamorcer n?est pas jouer

On est très discret du côté de l?Explosives Handling Unit. « Les bombes sont la menace du millénaire, c?est un sujet délicat à traiter avec précaution », explique le sergent Petit. Cette unité a vu le jour en 1995 pour gérer toutes les opérations qui nécessitent des explosifs. Si le Midlands Dam a besoin d?un passage sur une petite colline, il faut faire appel à l?Explosives Handling Unit, et c?est le cas aussi quand on a besoin de briser de gros rochers. L?équipe est présente à l?aéroport avec des chiens renifleurs, et elle a été formée pour neutraliser d?éventuels explosifs. C?est aussi elle qui se rend sur les lieux d?alerte à la bombe. « Pour faire ce métier, il faut être sûr de soi, ne pas avoir peur, pouvoir garder son sang-froid. Il faut aussi avoir une bonne connaissance de la science, de l?électronique, de la mécanique. On a reçu plusieurs formations spécialisées à l?étranger », avance le sergent Petit. On comprend, entre les lignes, que cette équipe est parée à faire face à la moindre menace terroriste, par exemple.

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