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Places réservées : le syndicat réclame une nouvelle réflexion

20 mai 2004, 20:00

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Plus que jamais, le ?non aux tirages au sort? est de rigueur. Les délégués de la Secondary & Preparatory School Teachers & Other Staff Union (SPSTSU) veulent reprendre le débat à zéro en ce qui concerne l?attribution des 1 400 places réservées dans les collèges catholiques. Ils se sont réunis, hier, au collège St-Mary?s.

Les membres de la SPSTSU souhaitent que tous les partenaires de l?éducation catholique se concertent pour trouver d?autres moyens de remplir les places que le Bureau de l?éducation catholique (BEC) a à sa disposition. ?Il n?y a pas eu de réflexion collective sur la question. L?impression que seule une poignée de personnes a concocté ce mode d?admission est très présente chez le personnel des collèges catholiques?, fait remarquer un membre du syndicat. L?un des objectifs des tirages au sort : les classes mixtes (réunissant des élèves au niveau d?apprentissage différent), ne semble pas séduire le personnel enseignant. Pour le syndicat, il y aura ainsi un nivellement par le bas.

La SPSTSU rejoint, dans son refus des tirages au sort, un autre syndicat : la Government Hindi Teachers? Union (GHTU). Fait rarissime que de voir un syndicat émanant du milieu catholique partager le même avis que celui de Suttyhudeo Tengur, président de la GHTU. Ce dernier s?en est à nouveau pris, hier, à l?option des tirages au sort. Dans sa troisième lettre ouverte aux parlementaires à ce sujet, il fustige une fois de plus l?Eglise, considérant ce système pervers et illégal.

Ardent militant de la pure méritocratie, Suttyhudeo Tengur estime que ?l?effort intellectuel de l?enfant sera marginalisé si c?est Dame Chance qui décide de l?avenir de quelque 740 enfants?. Il ajoute qu?avec ce système, la ?legitimate expectation? des enfants fréquentant une école primaire sera bafouée. L?appliquer serait, selon le syndicaliste, dangereux ?car cela entraînera des inégalités qui risqueront de s?amplifier à différents niveaux pour devenir un problème incontrôlable pour les autorités?.

Vision educative

L?Eglise et le BEC, qui bénéficient maintenant du soutien de la Fédération des parents-enseignants des écoles catholiques (Fapec), et du consentement de la Fapec du secondaire, se défendent de vouloir instaurer un système injuste. Pour l?état-major de l?Eglise, il s?agit de mettre tous les enfants qui postulent pour une place dans le même panier, et donc sur un pied d?égalité.

Cela, en faisant fi de la classe sociale, des origines ou des résultats. En optant pour les tirages au sort, l?Eglise souhaiterait se débarrasser de la notion d?élitisme qu?elle a largement promue jusqu?à l?heure. Les classes mixtes ayant fait leurs preuves dans les pays développés, elle estime que le tirage au sort est l?option la plus transparente et la plus juste possible, étant donné les circonstances. Aussi, c?est avec confiance que les autorités catholiques se présenteront, le 31 mai, avec leur nouveau dossier, conjugué à une nouvelle vision éducative devant le ministère de l?Education.

Pour les contestataires, cette étape est la seule qui pourrait empêcher le système de tirages au sort de se traduire en réalité. Cependant, selon des sources sûres du gouvernement, celui-ci limitera son rôle à examiner si ce que propose l?Eglise respecte la Constitution et est légalement incontestable. Le champ de man?uvre du diocèse et du BEC est donc très large.

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