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Pierrette Dupoyet nous dessine son ?petit prince?
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Pierrette Dupoyet nous dessine son ?petit prince?
Quand une histoire telle Le Petit prince est connue. Quand les personnages comme la rose, le géographe ou l?allumeur de réverbère nous sont familiers. Quand un auteur, le légendaire Antoine de Saint-Exupéry, est à ranger parmi les classiques...
Alors, comment fait-on pour restituer la fraîcheur de Le Petit prince ? Comment raconter ce ?conte philosophique? en conservant intacte la magie qui opère sur petits et grands ? C?est à une véritable démonstration de sensibilité que s?est livrée Pierrette Dupoyet mercredi, lors de l?unique représentation de son Petit prince au théâtre de Port-Louis.
Son défi : restituer à elle seule la demi-douzaine de personnages. D?abord le narrateur-aviateur, plein de condescendance pour les grandes personnes qui ont oublié qu?un jour, elles ont été des enfants. Mais lui, qui a vécu sans personne à qui parler vraiment, ne sait plus écouter.
Ne sait plus tendre l?oreille vers cette voix enfantine. Celle que Pierrette Dupoyet peut enchaîner, sans tousser, sans inconfort vocal visible, avec la grosse voix de l?homme qui boit pour oublier qu?il boit par exemple.
La comédienne nous porte avec aisance jusqu?aux portes du désert, à ?mille miles de toutes habitations?. Ne s?épargne aucun effort du geste et de la voix (transpirant abondamment) pour nous ouvrir les portes d?un univers qui sous couvert du conte, égratigne copieusement les travers de l?humanité.
Du raffinement dans le travail
Performance de comédienne donc, servie par un art consommé de la mesure. Ses mimiques ne sombrent jamais dans le too much. Quand les mots sont forts, Pierrette Dupoyet a la délicatesse de ne pas les surjouer.
Remarquable aussi, de faire vivre une galerie de portraits en gardant un seul costume pendant l?heure et demie que dure le spectacle. Pierrette Dupoyet arrive à nous faire oublier sans peine la tenue vert militaire d?aviateur de la deuxième guerre, à l?aide d?un ?simple? accessoire, que ce soit un coussin, pour représenter la rose capricieuse, un chapeau pour le vaniteux.
Mieux encore (preuve du raffinement de son travail scénique), c?est grâce aux lumières que respire le personnage. Nous parlons là de la lumière rouge vif braquée en plein sur le visage maçonné par le temps de Pierrette Dupoyet, quand elle incarne l?ivrogne.
Son désert tout en tissus, adoucit la chute de la poésie de St Exupéry, sans amortir la pertinence de son texte. Une ?uvre dont elle a obtenu les droits pour l?adaptation depuis quatre ans seulement, comme Pierrette Dupoyet a pris soin de préciser, à raison d?ailleurs.
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