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Peng Wenlan, faire écran à l?intolérance pour accepter l?autre

8 août 2005, 00:00

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Il suffit d?un simple exemple. Et le travail de Peng Wenlan prend les dimensions d?un pont gigantesque. Celui établi grâce à la magie du petit écran, entre des cultures qui ne demandent qu?à se côtoyer. ?Prenez la manière dont un européen adresse une lettre avant de la poster. Il mettra d?abord le nom du destinataire, celle de sa rue, de sa ville et en dernier, celui de son pays. Inversement, un Chinois écrira d?abord le pays, ensuite la ville et terminera avec le nom du destinataire.?

Comment réconcilier des visions aussi éloignées ? Voilà ce que s?efforce de faire Peng Wenlan, productrice de films documentaires et de docu-fiction. Elle était de passage chez nous durant la semaine écoulée, à l?invitation de la Chinese Business Chamber (CBC) et de son président, Charles Li.

?Peng Wenlan a fait honneur à notre septième dîner annuel. L?objectif de la CBC est d?inviter des Chinois de la diaspora, ayant réussi dans un domaine particulier, à venir partager leurs expériences ?, livre Charles Li en guise de préambule. Après avoir exercé pendant 11 ans à la CCTV, chaîne publique de la Chine populaire, elle collabore désormais avec la BBC, via Sinoscope, sa maison de production.

?Il n?y a pas de différence culturelle qui soit insurmontable. Le premier principe pour comprendre les autres est de s?accepter soi-même avant tout.?

Peng Wenlan ne s?arrête pas aux mondanités. Ce qui compte avant tout, c?est d?établir le contact. Selon elle, il n?y a pas de différence culturelle qui soit insurmontable. ?Le premier principe pour comprendre les autres est de s?accepter soi-même avant tout.?

Attitude adoptée depuis que Peng Wenlan est engagée par la CCTV en 1979. ?A l?époque, la Chine sortait de l?isolation et s?ouvrait à l?Occident. Le gouvernement décide alors de changer la première langue étrangère. On passe du russe à l?anglais.? La tâche est monumentale, vu les dimensions du pays et celui de sa démographie. ?Le moyen le plus rapide de disséminer l?anglais était d?utiliser les médias, surtout la télévision.?

Le régime en place décide du recrutement de Chinois de la diaspora pour produire des programmes en anglais. De son côté, Peng Wenlan, née à Calcutta de parents Chinois, s?est installée en Angleterre. Scolarisée à Liverpool puis à l?université de Leeds, elle y décroche un diplôme en langues modernes.

?C?est par curiosité que je suis allée en Chine après mes études. Dans les années 60, pratiquement aucune information ne filtrait du pays.? Peng Wenlan s?inscrit à l?université de Pékin pour y apprendre le Chinois classique. Occasion d?affûter son sens de l?écoute, de comparer et de comprendre les différentes manières d?appréhender ce qui nous entoure. ?Le Chinois a une vision plus holistique, plus globale alors que l?Européen a une attitude plus individualiste?, affirme la productrice.

Rapprocher le Britannique du Chinois

Peng Wenlan se souvient avec précision de sa première émission. ?C?était à la fin de l?année. On a choisi de parler de la Noël, une fête qui ne figure pas dans la tradition chinoise.? Bûche, chants de Noël sont autant de prétextes pour inculquer les bases de la langue de Shakespeare au téléspectateur chinois.

D?une demi-heure d?émissions par jour dans les années 80, elles sont désormais diffusées 24 heures sur 24 sur CCTV 9. Après onze années de service, Peng Wenlan nous confie qu?elle retourne à la CCTV chaque année pour le concours national d?anglais ciblant les étudiants des universités chinoises.

Un emploi du temps partagé avec ses activités pour Sinoscope, sa boîte de production. ?C?est un virage à 180 degrés. Ma société produit des documentaires et des docu-fiction destinés à la BBC.? Objectif : ?montrer que la Chine, ce n?est pas que des vases Ming ou des champs de riz.?

Pour y parvenir, Peng Wenlan mobilise ses ressources pour rapprocher le téléspectateur britannique du ?Chinois d?aujourd?hui.? Au final, les images illustrent les attentes, les craintes, les joies et les peines de ces citoyens contemporains. ?Les réactions qui nous sont parvenues montrent que nous avons pu dépasser l?intérêt pour ce qui est purement exotique. Les gens finissent par se rendre compte qu?ils ne sont aussi différents qu?ils le croient.?

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