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Paul Van Niekerk directeur général « La corporatisation ne lèsera personne »
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Paul Van Niekerk directeur général « La corporatisation ne lèsera personne »
L?Union of Employees of the CEB (UECEB) manifestait hier et compte remettre cela début novembre pour protester contre l?éventuellle privatisation du CEB. A aujourd?hui, où en est exactement ce projet ?
Nous avons déjà pas mal travaillé là-dessus. Mais pour le moment, tout dépend du gouvernement. C?est lui qui décidera du moment, si corporatisation il y a. Mais il y a un point que j?aimerai éclaircir avant d?aborder tout autre sujet. Les protestations de l?UECEB sont prématurées et il ne s?agit nullement d?une privatisation. Il n?y aura pas de privatisation mais une corporatisation, ce qui est différent. Confondre les deux serait largement se tromper.
Expliquez-nous quelle en est la différence ?
Dans le CEB Act, le CEB est déjà un corps para-étatique. Avec la corporatisation, le CEB sera toujours la propriété du gouvernement ; celui-ci ne l?abandonnera jamais, mais ses cadres seront indépendants et il opèrera sous la supervision d?un régulateur, entre autres. Nous proposons de corporatiser le CEB pour en faire une entreprise à intégration verticale. Ainsi le CEB sera responsable de l?acquisition, de la transmission, de la distribution et de la vente de l?énergie. Il y aura aussi la possibilité pour le CEB d?avoir un partenaire, mais cela n?est pas encore décidé. J?ai fait une présentation du projet à l?UECEB mais il n?a pas été accepté ou compris. Pour le moment, je n?ai fait que proposer la corporatisation mais ce sera au gouvernement de l?accepter ou non.
Quels sont les objectifs que le CEB s?est fixés ?
Nous avons cinq principaux objectifs. Le premier est d?augmenter la solidité et l?efficience financière. Cela ne veut pas forcément dire augmentation des tarifs, mais on peut restructurer les procédures internes existantes et introduire de nouvelles. Nous souhaitons avoir une bonne capacité de planification pour assurer et optimiser la demande d?électricité tout en faisant des prévisions sur 10, voire 20 ans, et être efficients à l?avance.
Nous voulons aussi faire du CEB une entreprise appréciée, dont les employés seraient fiers et heureux d?y travailler. Nous mettrons en place des programmes de formation et un plan pour les ressources humaines pour que chaque employé puisse améliorer ses qualifications. Il serait aussi possible de mettre en place un système informatique pour optimiser la communication, interne et externe, et aider les employés dans leur travail.
Nous serons aussi très attentifs à la relation avec la clientèle. Je parle ici plutôt de clients que de consommateurs. Nous mettrons en place des Customer Service Areas dans chaque région. Nous fournirons le meilleur service possible. Ce qui ne veut pas dire qu?il sera le moins cher. En somme, le CEB pourra atteindre les standards internationaux, en termes de fourniture d?énergie et de service. Notre vision est de devenir une compagnie de classe internationale.
Tout ce que vous avez proposé a été rejeté par le syndicat ?
Ils ont dit qu?ils étaient contre la corporatisation mais je pense qu?ils doivent être tout de même d?accord avec certains points.
Mais le gouvernement peut-il encore ne pas approuver le principe d?une corporatisation ?
Ce n?est effectivement pas certain, même si je pense que c?est une nécessité. Si l?on a donné des dates ce n?étaient que pure spéculation. Et je ne peux toujours pas donner de date quant à la réalisation de cette corporatisation. La décision ne revient qu?au gouvernement. Rien n?est joué.
Est-ce à ce point essentiel ?
C?est une question d?opinion. Pour moi, la corporatisation est essentielle pour atteindre nos objectifs.
Vous nous avez expliqué dans les grandes lignes les objectifs du CEB. Quels seraient les avantages de la corporatisation pour le public ?
L?avantage principal serait un meilleur service ou du moins le maintien d?un bon service.
La fourniture sera meilleure ; le public aura accès à des informations via Internet, pourra payer sa facture d?électricité un peu partout ; il y aura aussi un service de call-center.
On dit que la corporatisation entraînera une hausse des prix. Est-ce exact ?
Il y aura définitivement une hausse mais elle restera dans les limites du Price Consumer Index. En même temps, nous devrons continuer à réinvestir dans l?infrastructure. Il est vrai que le public a déjà subi une forte hausse du prix en 2000. Mais en regardant bien, depuis 1992, les prix ont considérablement baissé avant de remonter en 2000. Les hausses à venir seront moins importantes que les dernières.
Peut-on déjà quantifier cette hausse ?
Pas pour le moment, mais nous sommes déjà en train de calculer une structure tarifaire de base. A l?avenir, le CEB devra avoir l?aval d?un régulateur avant d?augmenter les tarifs et devra en suivre les recommandations. En attendant sa mise sur pied, nous proposerons la nouvelle grille tarifaire directement au gouvernement.
Le CEB gardera-t-il son caractère social ou l?oubliera-t-il au profit de la rentabilité d?entreprise ?
Dans la présentation, nous nous sommes attardés sur le rôle d?entreprise de la compagnie. Mais, nous nous assurerons de garder une responsabilité sociale, notamment lors du réajustement des tarifs. Par exemple, le prix des premières unités sera abordable et à la portée des plus démunis.
Au syndicat, on craint que la corporatisation n?entraîne des licenciements. Est-ce vrai ?
Faux, absolument faux. Personne ne perdra son emploi. J?en donne la garantie. Personne ne sera désavantagé par la corporatisation.
Si la corporatisation se fait, l?état devrait normalement se trouver un partenaire stratégique, où en est cette démarche ?
Cela n?a pas encore été décidé non plus.
Avec le déficit du CEB, les chances de trouver un partenaire étranger sont-elles réduites?
Les dettes étaient très élevées l?an dernier, Rs 1,7 milliard. Elles sont réduites cette année à environ Rs 400 millions. Malheureusement, en raison d?autres emprunts, il sembleque nous allons nous retrouver dans la même situation. Un autre objectif est de ramener une stabilité financière et diminuer les dépenses. Il sera en effet difficile de trouver un partenaire. Les grandes compagnies ne vont pas investir dans des entreprises qui ne sont pas financièrement solides. C?est à nous de pallier cela. Mais je ne pense pas personnellement que l?alliance d?un partenaire soit essentielle.
On vous reproche d?avoir des opinions divergentes de celles du gouvernement, que répondez-vous ?
Ce n?est pas vrai. Même si nous ne sommes pas d?accord, le gouvernement aura toujours le dernier mot.
Mais le gouvernement ne va pas assez vite, selon vous?
Il est vrai que la corporatisation ne se fait pas aussi rapidement que je l?avais anticipée. D?autre part, cela a du bon car nous pouvons mieux expliquer le projet aux employés, les rencontrer sur une base régulière et faire ainsi preuve d?un maximum de transparence. Mais j?aimerais effectivement que les choses aillent un peu plus vite.
Selon une rumeur, vous allez quitter le CEB à la fin de l?année, est-ce exact ?
C?est faux. Mon contrat ne prend fin que le 6 mars 2004. Je souhaiterais que le contrat soit renouvelé pour que je puisse mener à bien le projet de corporatisation.
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