Publicité

- Paul Bérenger, Premier ministre pendant trois ans - Pravind Jugnauth prendrait le relais en 2008

19 juin 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La « Winning Formula », conçue par Paul Bérenger, n?est plus secrète. Le contenu est le suivant : le leader du MMM serait, en cas de victoire de l?alliance MSM-MMM aux législatives de 2005, Premier ministre pendant les trois premières années et céderait la place, en 2008, au leader du MSM, Pravind Jugnauth.

Cette formule ? soit un remake du fameux accord à l?israélienne conclu en août 2000 ? avec cette fois-ci un avantage numérique à Paul Bérenger, semble vouloir faire du chemin. Évoquée pour la première fois, au meeting du MSM-MMM, le 1er mai, elle a, depuis, provoqué interrogations, frustrations et inquiétudes dans les rangs du gouvernement. Surtout au sein du MSM ; son leader même n?était pas au courant de la mystérieuse formule !

En fait, Paul Bérenger a dévoilé le secret à Pravind Jugnauth et à son entourage proche, à son retour du Mozambique pour faire taire les bruits qui couraient sur un éventuel rapprochement entre le MSM et le PTr. Rapprochement vite démenti par Pravind Jugnauth, qui avait discuté de la « Winning Formula » avec Paul Bérenger.

« Depuis que le leader du MMM a dévoilé la formule à Pravind Jugnauth, l?ambiance entre les deux partenaires s?est considérablement améliorée. Le sourire est revenu », assure un proche de Pravind Jugnauth.

Cependant, jusqu?ici, le sujet n?a pas encore été débattu au sein des instances dirigeantes de deux partis. « Même si la formule n?est pas définitive, au moins son dévoilement a le mérite de décanter la situation », témoigne un ministre MSM.

Si la formule de Paul Bérenger est acceptée, le leader du MMM aura, en 2008, deux options : assumer la présidence au Réduit ou demeurer au conseil des ministres. Cette deuxième possibilité sera une première à Maurice. « Bérenger pourrait assumer des responsabilités semblables à celles accordées à l?ancien président singapourien Lee Kwan Yu avec le titre de Senior Minister », selon ce ministre.

Pour ce qui est de la présidence de la République, l?entourage du MSM ne prévoit aucune difficulté majeure : « Dans quatre ans, sir Anerood aura 78 ans. » Et de plus son mandat, entamé en octobre 2003, expire en 2008.

Mais il n?y a pas que le partage des pouvoirs au sommet qui est discuté. Au sein du MMM et du MSM, les discussions sont âpres quant au partage des investitures, en particulier du positionnement des candidats dans les 20 circonscriptions. La crainte dans les deux camps, c?est de savoir, non pas combien de tickets ils auront, mais comment ces derniers seront répartis.

Si Paul Bérenger a sa « Winning Formula », le MSM, lui, tient énormément à sa formule de représentation proportionnelle. Le principe a été agréé par le leader du MMM, qui vient d?ailleurs de présider une séance de travail avec les officiers du parquet afin de traduire en texte de loi la réforme électorale souhaitée par le MSM ? soit quatorze députés élus à la proportionnelle, qui pourraient être repêchés s?ils ne sont pas élus selon le système First Past the Post?

L?inventaire des poids lourds

« La crainte de plus d?un député MSM, c?est d?être battu dans les circonscriptions rurales, par des travaillistes, d?où leur intérêt pour cette réforme électorale avant les prochaines législatives », observe un ministre MMM. Au MSM, un courant est manifestement contre la formule 3 ans - 2 ans, à cause des mêmes considérations rurales : « Ce sera difficile de market Paul Bérenger comme Premier ministre pendant trois ans. La campagne des travaillistes sera terrible. Ce serait plus facile deux ans et demi pour Bérenger et deux ans et demi pour Pravind Jugnauth. »

D?ailleurs, le MSM a déjà commencé à analyser les forces et les faiblesses de l?alliance au niveau des différentes circonscriptions. Il fait également « l?inventaire de ceux considérés comme des poids lourds dans les deux camps » et a déjà dressé une première liste de candidats potentiels (voir texte ci-contre).

Un des principaux dirigeants du MSM constate que le moment est propice « pour un premier quadrillage du terrain dans le sillage de la présentation du budget qui a redonné du baume au parti. » Un budget « socialiste », en attendant l?ultime, l?an prochain, avec les législatives et leur formule « gagnante ».

Circonscriptions difficiles

Au moment même où l?on aborde les discussions sur un accord entre les deux principaux partenaires de l?alliance gouvernementale, l?attention au sein des deux états-majors commence à se braquer sur les chances des uns et des autres au niveau de chacune des 20 circonscriptions.

Compte tenu de la victoire de l?opposition à la partielle de Piton-Rivière-du-Rempart, l?alliance gouvernementale a décidé de concentrer ses efforts sur les circonscriptions du Nord. Le dernier sondage Synthèse-l?express publié en mars dernier a en effet démontré que les travaillistes avaient une meilleure assise dans cette région et que l?alliance gouvernementale devra ferrailler dur à Pamplemousses-Triolet, à Grande-Baie-Poudre d?Or et à Piton-Rivière-du- Rempart.

Outre ces trois circonscriptions, la bataille serait également rude à Montagne-Blanche-GRSE, Rose-Belle-Vieux Grand Port, Mahébourg-Plaine Magnien, Rivière-des-Anguilles-Souillac de même qu?à Bambous-Rivière- Noire.

L?alliance fait l?inventaire de ses ressources humaines. Certains noms de ceux qui sont susceptibles de défendre les couleurs de la majorité commencent à filtrer. On parle ainsi de l?avocat Jim Seetaram, invité à travailler la circonscription n° 10 au même titre qu?un autre jeune professionnel de la région ; de Rajen Narsinghen, chargé de cours à l?université de Maurice ; de l?avoué Cader Mallam Hassam, des avocats Vijaya Samputh et Gavin Glover ou encore d?un responsable d?un département d?une prestigieuse institution secondaire privée.

Les rouges s?agitent

Le Parti travailliste affirme, depuis sa victoire à la partielle de Piton-Rivière-du-Rempart, qu?il est courtisé à la fois par le MSM et par le MMM. Navin Ramgoolam estime que l?alliance gouvernementale n?ira pas jusqu?au bout de son mandat.

Ce que démentent avec vigueur Paul Bérenger et Pravind Jugnauth.La tactique travailliste est simple : semer la zizanie entre les deux partenaires et provoquer des législatives anticipées. Mais depuis peu, sa démarche se concentre davantage sur Pravind Jugnauth, qui est flatté. « Son style est meilleur que celui de Paul Bérenger. Il est moins arrogant », avait déclaré Rama Sithanen, le porte-parole économique du PTr, lors de son analyse du budget.

Au Parlement, Arvin Boolell invite le MSM à se démarquer du MMM et salue la démocratisation de l?économie, un de leurs thèmes favoris. Mais la Winning Formula de Paul Bérenger, si elle est acceptée, anéantirait leurs projets.

Et les rouges devraient repenser leur stratégie pour les prochaines législatives.

Publicité