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Paul Burrell le scandale à domicile
Avant sa sortie, le livre faisait déjà parler de lui. Les bonnes pages ont été reprises sous forme de feuilleton croustillant par le Daily Mirror, suscitant toute une série de réactions. Serviteur cherchant récompense pour excès de zèle ? Homme bafoué ? Plus aucun devoir de réserve ne semble retenir celui qui a relancé les rumeurs de complot visant à éliminer Diana.
«J?ai essayé de protéger Diana de son vivant. Maintenant je veux protéger son souvenir.» Noble volonté de celui que Diana appelait affectueusement son «roc.» Serviteur particulier, confident, ami, c?est à ce titre que Paul Burrell entend aujourd?hui faire connaître sa vérité historique. Des souvenirs vendus à bon prix six ans après la mort de la princesse de Galles dans un accident de voiture à Paris.
«Les Britanniques ont le droit de savoir. Dans une lettre datée d?octobre 1996, dix mois avant sa mort, Diana évoquait un «projet d?accident avec ma voiture, un problème de freins et une grave blessure à la tête, afin que la voie soit libre pour que Charles se remarie.» Replongeons dans le contexte. A cette époque, les époux royaux finalisaient leur contrat divorce avec fracas, chacun reconnaissant ses adultères respectifs. Diana s?avoue vaincue par sa rivale de toujours, Camilla Parker-Bowles. Elle a plus que jamais besoin d?une oreille compatissante, d?une épaule solide et douce à la fois.
Fils de chauffeur
Paul Burrell est là. Après avoir grandi loin des fastes de la cour dans un village minier du Derbyshire, le jeune homme est ébloui quand il se rend à Londres en famille pour voir la relève de la garde à Buckingham Palace. Ce fils d?un chauffeur de poids lourd est conquis. «Un jour, moi aussi, je travaillerai au palais,» annonce-t-il à ses parents. Quelques années plus tard, c?est chose faite grâce à l?intervention de sa mère.
En cachette, elle détruira une lettre d?embauche adressée à son fils par un organisateur de croisières, le poussant ainsi à accepter une proposition émanant du palais.
En 1976, Paul Burrell entre au service de la famille royale en capacité d?apprenti-valet. En l?espace d?une année, il est nommé valet personnel attaché au service de la reine. En 1984, il épouse Maria, domestique du Prince Philip, qui lui donnera deux fils, Alexander et Nicholas. Le couple intègre le personnel du prince et de la princesse de Galles, lui comme maître d?hotel, elle comme domestique.
Fidèle et diligent, Paul Burrell se distingue rapidement. Au point où les deux mots que Diana écrira quand on lui demandera ce qu?elle veut sauver de son mariage raté seront « Paul Burrell. » La princesse dépend de plus en plus de lui. Il est le seul domestique à l?accompagner en Angola où elle mène campagne contre les mines anti-personnel.
A l?une de ses amies, la styliste américaine Larna Marks, Diana mentionnera à plusieurs reprises la «fiabilité et le professionnalisme» de Paul Burrell.
A la mort de la princesse, c?est lui qui détruira les vêtements que portait Diana au moment de l?accident. On a dit de son geste qu?il était celui d?un homme dévasté, totalement désespéré, voire suicidaire. C?est d?ailleurs à lui que l?on pense pour être le fer de lance du Diana Memorial Fund. En septembre 1997, la reine lui octroie le Royal Victorian Medal en récompense pour service long et méritoire auprès de la famille royale et la princesse de Galles.
Après avoir perdu son emploi, l?ancien majordome ouvre une boutique de fleuriste et publie un manuel sur l?art de servir. «Je n?aurais jamais imaginé qu?un jour je raconterais mes souvenirs de Diana dans un livre.» Sa discrétion vole en éclats quand ses anciens maîtres l?accusent d?avoir volé de nombreux objets personnels ayant appartenu à ladéfunte princesse. Blanchi tardivement suite à l?intervention de la reine dans son procès, Paul Burrell se lance alors dans la vente de secrets d?alcôve. Il dévoile notamment que le prince Philip, beau-père de Diana lui a envoyé une lettre de soutien face à sa rivale Camilla Parker-Bowles.
«Je n?imagine pas qu?une personne saine d?esprit puisse vous quitter pour Camilla.» Le livre révèle aussi que Diana ne souhaitait pas épouser Dodi-al-Fayed et qu?elle avait neuf «amis galants secrets, » dont une star hollywoodienne, un grand sportif et un homme politique. Buckingham Palace a réagi à ces révélations par le biais des princes William et Harry. Dans un communiqué, ils ont déclaré que leur mère «si elle était encore vivante serait mortifiée » par le comportement de son majordome.
Paul Burrell, lui, campe sur sa position en reprochant aux deux princes de l?avoir abandonné pendant ses mésaventures judiciaires. Il indique cependant qu?il est prêt à les rencontrer pour leur expliquer sa démarche. Une proposition acceptée par William, même si, pour l?heure, aucune date et aucun lieu n?ont encore été choisis pour ce rendez-vous insolite.
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