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Pascal Lagesse et Co. Ltée l?art en contrechamp
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Pascal Lagesse et Co. Ltée l?art en contrechamp
<B>ASSIS</B> sur son divan, Pascal Lagesse, 35 ans, discute cinéma. ?J?aime tout, de Cyrano à Judge Dredd?, lance-t-il en riant. Son salon, où règne un désordre sympathique, pourrait être comme les autres s?il n?y avait les deux télévisions à écran géant, le matériel informatique impressionnant et les tableaux aux murs laissant deviner l?artiste. De son appartement à Curepipe, il dirige Pascal Lagesse et Co. Ltée.
L?entreprise est à la fois agence de graphic design, atelier de peinture et studio de production de films? Polyvalent comme son directeur, seul à bord : ?Je suis à la fois directeur, employé, livreur, laveur de voiture, messenger, secrétaire, réceptionniste, designer, caméraman, monteur, webmaster, peintre, graveur et cuisinier à midi.?
C?est en 1992 que Pascal crée l?entreprise. Au début, il s?en tient au design de brochures et de calendriers pour la publicité d?entreprises. A partir de 1998, il s?intéresse à la production de films industriels. Pendant un certain temps, il aide à la réalisation de Les zenfants d?abord d?Odile Halbwachs. Aujourd?hui, Pascal se concentre sur le corporate film en DVD ou VHS, utilisé par les entreprises comme outil de promotion.
Comment fait-on un film ? ?Il faut d?abord trouver une maquette, c?est-à-dire le concept du film?, explique Pascal. On passe ensuite au tournage : celui d?un film commercial de 20 minutes peut demander de deux à trois mois. Pour cela, il dispose d?une caméra professionnelle et d?une consumer camera, plus petite. ?La qualité de l?image est la même avec les deux caméras, sauf à la diffusion télévisuelle où les résolutions de l?image diffèrent.?
Place ensuite au dérushage. Il s?agit de classer et de répertorier tous les rushes (les plans intéressants qui ont été filmés) autour de thèmes successifs : coucher de soleil, salle des machines, etc. Pascal procède alors à l?écriture du texte, sauf si l?entreprise veut le faire elle-même. Une fois écrit, le texte est envoyé à un studio d?enregistrement où des voix le lisent selon certaines spécifications : vitesse de lecture, pauses, ton?
Pascal Lagesse travaille avec deux studios, l?un mauricien et l?autre parisien. ?Pour le studio parisien, j?envoie le texte par mail, et ils me le renvoient par MP3.? Le montage du texte et de l?image se fait avant la musique. Celle-ci, obtenue et libre de droits d?auteur, peut convenir à tous les registres : industriel, dramatique? Le montage se fait par ordinateur : 15 mn de film nécessitent près de 120 gigas de mémoire.
Après le montage, Pascal fait une première présentation du film au client et discute avec lui des modifications à apporter, notamment les effets de son. La plupart des sons d?un film sont arrangés malgré une impression de bruitage authentique. ?Si vous croyez que le requin de Jaws passe près de vous en faisant ?Shuh !?, vous vous trompez. Le son est ajouté.?
<B>L?ambiance des films</B>
L?étalonnage est la dernière étape. Afin de donner au film un style cinématographique, des scratches furtifs sont ajoutés. Les couleurs sont aussi modifiables, pour recréer l?ambiance des films en 35 millimètres. Le produit fini est placé sur un support, selon le v?u du client.
Et le cinéma de fiction, dans tout cela ? Pour Pascal, cela reste du domaine de la ? fiction. ?Ce n?est pas l?envie qui me manque mais plutôt les sous?, confie-t-il. En effet, les frais d?acteurs et de matériel pour un long métrage s?élèvent à environ Rs 200 000 à Rs 300 000 au minimum. En outre, l?absence de sponsors et de marché pour le cinéma se fait cruellement sentir. ?La MBC mise à part, les films n?ont aucun moyen de diffusion. Ce n?est pas très gratifiant.? L?entreprise de Pascal démontre néanmoins qu?il peut y avoir une harmonie entre âme d?artiste et rigueurs de l?industrie.
<B>PARCOURS D?UN ARTISTE</B>
La fin de l?apartheid et la montée de Mandela
- Pascal quitte le collège du Saint-Esprit en 1987, après des études secondaires dominées par l?art. Il s?accorde alors deux années sabbatiques. En 1989, il quitte Maurice pour Johannesburg, où il poursuit des études en graphic design à l?institut Technikon. Une époque qu?il qualifie d?extraordinaire. ?La fin de l?apartheid, les manifestations dans les rues, la montée de Mandela,tout était en ébullition?,confie-t-il. L?art ne l?était toutefois pas?
L?Afrique du Sud, pays neuf, ne pouvait afficher un patrimoine artistique aussi riche que celui de France ou du Royaume-Uni. Pascal avoue toutefois préférer l?art égyptien et sud-américain. Il a deux enfants : Lucas, 7 ans et Marie, 3 ans : ?Deux futurs cinéastes et peintres, à coup sûr.?
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