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Pas si ambulants que ça?
Ils exercent leur métier dans la rue, mais ne semblent pas particulièrement préoccupés par la salubrité de leur lieu de travail. Les marchands dits ambulants de la capitale se démarquent, cette année encore. Non seulement par un manque total de considération pour leurs alentours, mais également envers d?autres opérateurs commerciaux ayant pignon sur rue.
Ce constat peu reluisant se confirme année après année,sans qu?aucune mesure efficace ne soit prise par les autorités concernées. Celles-ci, semblant résignées, donnent l?impression de leur avoir donné carte blanche pour faire régner le chaos sur la voie publique.
Cette situation, qui n?a que trop duré, découle, à n?en point douter, de la mauvaise gestion municipale, à Port-Louis, à Curepipe et à Vacoas. Entre les installations hasardeuses et les détritus qui jonchent les rues, les centres-villes de l?île offrent, en cette période de festivités, un bien triste visage. Ces étals tiers-mondistes constituent non seulement un ?eyesore? mais aussi, et surtout, un danger potentiel pour les nombreux piétons qui constituent le fonds de commerce de ces marchands de rue. Les récentes tentatives de la municipalité de Port-Louis, qui leur a alloué des sites spécifiques pour leur permettre d?opérer durant les fêtes, se sont révélées largement insuffisantes. Des mesures similaires, prises cette fois à Rose-Hill ont connu plus de succès. Il faut cependant reconnaître que cette ville comporte un nombre nettement moins important de marchands. A Quatre-Bornes, la situation paraît mieux gérée, avec une meilleure discipline.
La forte concentration de marchands de rue dans la capitale résulte principalement de l?inertie de la municipalité, mais aussi de celle de la police. Toutes deux peinent à faire respecter un semblant d?ordre. Elles refusent d?assumer leurs responsabilités, se renvoient sans cesse la balle, en prônant la politique de l?autruche. Pour tenter de justifier leur impuissance, certaines municipalités prétextent des raisons ?humanitaires?. En attendant, c?est l?anarchie la plus totale.
Les propriétaires de magasins et, plus récemment, des opérateurs de taxi à la gare Victoria, ont à maintes reprises attiré l?attention de la municipalité et de la police sur les torts que leur causent les marchands de rue. Aucune action n?a été prise. Des tension, entre opérateurs légaux et illégaux ont failli finir, cette année encore, en bataille rangée. Les premiers s?estiment lésés par la présence de ces marchands peu scrupuleux, lesquels réclament le droit de gagner leur vie.
Il ne s?agit pas de problèmes récents. Les solutions tardent à venir. Le lord-maire, Reza Issack, a récemment déclaré qu?un recensement des marchands de rue sera effectué dès le mois prochain pour ?connaître l?ampleur de la situation?. L?heure n?est plus au constat, elle est à l?action.
Des projets, comme la Garden Tower ou encore le Ruisseau du Pouce, sont en cours de réalisation. Ils doivent accommoder le nombre croissant de marchands de rue. Mais loin de régler le problème, ces projets, aussi ambitieux soient-ils, ne seront pas suffisants. Les marchands ? pas si ambulants que ça ! ? qui quitteront la voie publique pour des structures mises à leur disposition, seront aussitôt remplacés par d?autres. Et le mois de décembre de l?an prochain verra une fois de plus arriver son flot de marchands, et d?immondices, à tous les coins de rues. Les autorités gagneraient à sortir rapidement de leur apathie et appliquer enfin des mesures fermes. Pour que nos centres-villes ne se transforment en de grands bazars insalubres?
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