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Pas de retour à la normale avant une semaine
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Pas de retour à la normale avant une semaine
Au 27 décembre 1979, soit quatre jours après le passage de Claudette sur Maurice, entre 20 % et 40 % seulement des abonnés du CEB sont connectés au réseau électrique. Port-Louis doit attendre le 28 décembre pour espérer atteindre 40 % d’électrification. Cela donne une idée de l’ampleur de la tâche post-cyclonique à effectuer. A 20 heures, le 26, la capitale n’est électrifiée qu’à 20 %. Les Sudistes ont moins de chance encore car ils ne sont que 15 % à être reconnectés au circuit électrique. Dans d’autres régions, le CEB n’est pas encore parvenu à effectuer la moindre réparation chez des particuliers. C’est dire combien est appréciable et appréciée l’aide technique française.
Emmanuel Bussier, ministre des Travaux, réclame encore 48 heures d’efforts ininterrompus avant d’espérer un retour à la normale. Contrairement à Céline II (1978), le réseau routier n’a pas beaucoup souffert des pluies diluviennes de Claudette.
On estime le réseau téléphonique affecté à 50 %. 1979 appartient encore à l’ère préhistorique du lourd combiné fixe, qu’un fil enchaîne à la connexion. Etre ou ne pas être connecté est la question fondamentale que tout le monde se pose. As-tu récupéré ton téléphone et ton courant ? demande-t-on à la ronde. L’idée de recourir à un portable n’effleure même pas le directeur du département appelé à devenir la Mauritius Telecom, un département qui n’a guère changé depuis le temps où il employait ce génie qu’est notre Malcolm de Chazal comme “Meter Reader”. Les régions, enregistrant la chute d’un grand nombre de pylônes téléphoniques, ne peuvent espérer une reconnexion au réseau avant plusieurs semaines. Il faut encore savoir que les câbles reliant les centraux de Rose-Hill et de Floréal sont hors d’usage, tout comme les câbles reliant les sous-stations du Nord à la station principale de Pamplemousses. Le câble aérien reliant l’est du pays a beaucoup souffert. L’Ouest n’est plus relié au central de Rose-Hill. A tous les déconnectés, le seul message d’espoir qu’on peut leur offrir est : “ Les choses s’amélioreront peut-être d’ici une semaine !”
La fête de Noël 1979 n’est pas, bien sûr, sans rappeler quelque peu le dénuement dans lequel se trouvent Joseph et Marie à leur arrivée à Bethléem et leur incapacité à trouver une chambre d’hôtel disponible, contraignant la mère de Jésus de Nazareth à accoucher dans une étable. Dans son message de Noël, Mgr Jean Margéot rappelle que “la dévaluation de la roupie du 24 octobre est venue nous rappeler la fragilité de notre équilibre économique. Et voilà qu’à la veille de Noël, le cyclone “Claudette” noie les quelques lampions d’espérance que nos familles s’efforçaient d’entretenir... Ce sont les plus pauvres qui souffriront le plus d’être privés d’eau, d’électricité, de logement et qui seront les plus affectés par la pénurie et l’augmentation des prix des denrées essentielles.”
Les moins jeunes d’entre nous se souviennent qu’en 1961 déjà, le passage du cyclone Béryl sur l’île, le soir même de Noël, n’a pas permis aux Mauriciens de célébrer comme il se doit la fête de Noël.
La canne n’a heureusement pas atteint une élongation l’exposant dangereusement aux rafales cycloniques. Il convient toutefois de se méfier des endroits exposés à des inondations prolongées. En revanche, les prix des légumes ne tarderont pas à prendre l’ascenseur.
Parmi les bâtiments endommagés par Claudette, l’on note le stade George V dont le mur d’enceinte s’effondre du côté de la rue Barry. Le nouveau marché de Curepipe perd une partie de son toit en fibre de verre. Le collège Royal de Curepipe perd en partie la toiture de son hall. Entre Vacoas et Phoenix, la rivière… Sèche submerge la promenade Père-Laval. Le buste du Vénérable a volé en éclats. Il ne faut pas pour autant mettre ce vandalisme sur le compte de Claudette. Pour ne pas changer, Canal-Dayot est submergé par la rivière Saint-Louis en cru car ne pouvant plus déverser ses eaux au large en raison d’un curage inadéquat de son lit. Il en va de même pour les quarters de la police sur les berges de la Rivière-des-Lataniers, à Roche-Bois. Grand-Baie déplore l’échouage d’un magnifique voilier.
Le gallon d’essence est toujours de Rs 23 le gallon plisse ène roupie pou lé bras (allusion à la peine du pompiste qui doit actionner la pompe manuelle pour permettre la distribution du carburant).
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