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Panne Internet : enquête sur un ?cybercrime?
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Panne Internet : enquête sur un ?cybercrime?
Tout le monde y a songé : la grande panne ayant affecté le réseau Internet dimanche et lundi ne pouvait qu?être une des retombées des intempéries. Mais les autorités ont aujourd?hui de sérieux doutes sur cette explication et évoquent de plus en plus la thèse de l?acte criminel. L?Information & Communication Technologies Authority (Icta) démarre d?ailleurs une enquête en ce sens dès ce matin.
Lors des travaux de réparation au niveau de l?échange, les ingénieurs de Mauritius Telecom, aidés d?un ingénieur de l?équipementier Nortel, auraient constaté qu?une partie du logiciel utilisé sur la plate-forme Asynchronous Transfer Mode (ATM) ? vers où converge le trafic de l?internet haut débit et une partie du dial-up (Internet classique) ? a tout simplement été effacée.
Ceci a pénalisé presque tous les Fournisseurs d?accès à l?internet du pays et déconnecté tous les abonnés de Frame Relay et de l?ADSL (Internet rapide). Environ 10 % des abonnés à l?internet classique (dial-up) n?ont également pu avoir accès au web.
Le fait que le système principal et le back-up tombent en panne en même temps est un autre élément qui a mis la puce à l?oreille des ingénieurs. La probabilité que les deux systèmes fassent faux bond en même temps est en effet extrêmement faible. Dans les milieux des télécommunications, l?on explique justement que le nombre de personnes qui ont accès au réseau et qui pourraient effacer des données est très limité.
?Seule une petite poignée d?ingénieurs ont accès au réseau à travers notamment des mots de passe pour des questions qui relèvent justement de la sécurité. Le c?ur du système est le réseau et doit être hautement protégé contre un intrus.? C?est d?ailleurs cet accès très difficile qui fait croire que le sabotage ? si sabotage il y a effectivement ? serait le fait d?une personne qui connaît bien le système ATM basé à Port-Louis.
Cette déconnexion d?une journée est néfaste pour l?image du pays. Aussi, les autorités sont-elles promptes à réagir. Contacté, le ministre de la Technologie de l?information et des télécommunications Pradeep Jeeha confirme que l?organisme régulateur du secteur des télécoms va démarrer une enquête pour faire la lumière sur cette panne. ?J?ai demandé à l?Icta, qui a les moyens techniques nécessaires, de mener une enquête complète et de me remettre un rapport sur la cause, la nature de la panne et ses implications. J?attends le rapport dans les 48 heures?, déclare Pradeep Jeeha.
L?ICT Act permet au régulateur d?avoir accès aux documents concernant les équipements et des systèmes. L?Icta peut aussi, toujours grâce à cette loi, accéder aux locaux.
?Si le rapport prouve qu?il y a effectivement eu manipulation ou dégradation, les coupables auront à faire au Cybercrime & Computer Misuse Act. J?espère cependant que le rapport ne viendra pas confirmer que la panne était due à autre chose que les intempéries?, indique Pradeep Jeeha. Une panne de 24 heures est en elle-même est une mauvaise publicité pour un pays qui a des ambitions de cyberîle. Mais si elle est de surcroît due à un acte de vandalisme, cela ne fera qu?aggraver les choses.
La majorité des compagnies engagées dans le secteur des télécommunications ont d?ailleurs souffert de cette panne. Les centres d?appels qui sont connectés à travers le Frame Relay ou l?ADSL ont par ailleurs été forcés au chômage technique pendant près d?une journée.
Le Cybercrime & Computer Misuse Act de 2002 prévoit vingt ans d?emprisonnement et une amende de Rs 200 000 pour toute personne qui accède à un réseau sécurisé avec intention de nuire.
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