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Panique à bord d?un vol d?Air Mauritius

31 août 2007, 00:00

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Le vol provenant de Maurice en direction de Hong-Kong, mercredi, a été marqué par une importante zone de turbulences qui a semé la panique dans l?avion. Plusieurs passagers, surtout ceux qui n?avaient pas attaché leur ceinture de sécurité, ont été blessés et admis au Princess-Margaret Hospital à Hong-Kong. Normalement, les zones de turbulences sont prévues mais celle-ci était inattendue.

?Nous avons vécu quelque chose d?horrible, explique Yasmina, un des passagers à bord de l?airbus, MK 641. Certains passagers ont été éjectés de leurs sièges alors que d?autres ont eu des coups à la tête dans la bousculade. Ceux qui marchaient dans les couloirs ont été violemment projetés. C?était la panique et le choc. Nous en sommes encore traumatisés.?

Cela s?est passé une heure avant l?atterrissage. Les passagers avaient déjà terminé leur petit- déjeuner quand l?avion est entré dans une zone de turbulence qui a provoqué de vives secousses. ?Nous avons eu très peur, nous étions désemparés?, ajoute Yasmina. Un autre passager, tout aussi traumatisé et qui parle de ?cauchemar?, estime cependant que la prise en charge d?Air Mauritius a été ?excellente?.

Le personnel navigant a, tout de suite, demandé s?il y avait des médecins à bord pour apporter les premiers soins aux blessés en attendant l?arrivée des civières qui devaient les conduire à l?hôpital. Soit 15 passagers et cinq membres du personnel.

Vers les 16 heures hier, 18 d?entre eux ont pu quitter l?hôpital tandis qu?une vingtaine d?autres passagers étaient examinés par le personnel de la clinique de l?aéroport. Il y avait des enfants à bord mais on ne déplore aucun blessé parmi eux.

Le directeur de communication d?Air Mauritius, Donald Payen, se veut rassurant. ?C?était des blessures sans gravité. Seules deux personnes sont restées sous observation pour une nuit encore.?

La presse et les télévisions internationales ont déjà fait état de l?incident, hier. The International Herald Tribune a rapporté les incidents tels qu?annoncés par le Hong-Kong Cable TV en soulignant que : ?A woman, who answered the phone at Air Mauritius Hong-Kong Office, confirmed the incident and then quickly hung up. She did not give her name.?

Si traumatisme humain il y a eu, l?avion d?Air Mauritius ne souffre pas de dégâts importants. ?Si nous avons pu planifier un vol de retour, c?est qu?il n?y pas eu de gros inconvénients?, soutient Donald Payen.

Le MK 641 avait quitté Maurice vers les 22 h 30 ( heure locale ) mercredi soir. Il est arrivé à Hong-Kong, vers les 8 h 45 (heure locale) hier. Compte tenu de ce contretemps, le départ de l?avion pour Maurice a été retardé pendant plus d?une heure. L?appareil a atterri à Plaisance, hier vers 21 h 30, avec 265 passagers.

<B>Témoignage</B>

■ Responsable de cabine depuis dix ans, elle raconte : ?C?est vraiment fréquent sauf qu?en dix ans, je n?ai pas vécu les secousses d?une telle violence. Il faut savoir que cinq à dix minutes avant une zone de turbulences, le commandant la détecte à travers son radar. Celle-là était inattendue.? Une fois l?alerte déclenchée, une partie du personnel s?affaire dans la cuisine pour tout ramasser. Une autre équipe vérifie si les passagers ont attaché leur ceinture et si les compartiments à bagages sont bien fermés. Un autre membre de l?équipage s?assure avec le commandant sur la durée de la zone de turbulences. Entre-temps, le personnel navigant doit attacher leurs ceintures. Elle déplore toutrefois que de nombreux passagers ne respectent pas les consignes. ?Il y a souvent des passagers qui, même quand on les prévient des zones de turbulence, n?hésitent pas à se lever, à marcher dans les couloirs, à aller aux toilettes. Ils sont inconscients du danger.?

<B>Deux commandants expliquent</B>

■ Les zones de turbulences ne sont pas étrangères aux deux commandants, Dominique Paturau et Said Toorabally, qui en font l?expérience sur chaque vol. Ces perturbations aériennes sont habituellement gérables d?autant qu?elles sont prévisibles par le biais des radars de météo. ?Nous avons aussi des équipements pour détecter, entre autres, les nuages à forts courants verticaux?, explique Said Toorabally. Parlant de la zone de turbulences d?hier, Dominique Paturau soutient : ?Dans ce cas précis, c?était plus difficile. Elle était soit d?origine climatique ou c?était un avion qui volait plus bas.? En revanche, les ciels clairs, le gradient de vent ne sont pas détectés par les radars de météo. D?où les zones de turbulences inattendues comme celle d?hier. La durée de ces zones peut, entre autres, dépendre de l?intensité des vents en haute altitude. Une zone peut donc être de 10 minutes ou, plus rarement, de plusieurs heures. Said Toorabally explique aussi que les déviations sont toujours possibles. Dominique Paturau se souvient d?avoir vécu une zone de turbulence ?inattendue et énorme? lors d?un vol à Singapour. ?C?était en air clair et donc pas détectable et nous avons perdu 1 000 pieds mais il n?y a pas eu de blessé.? Les deux commandants insistent que si même l?avion ne bouge pas, il est important de ne pas quitter son siège et d?avoir sa ceinture toujours attachée en zone de turbulences. Les turbulences sont une inquiétude continuelle pour les responsables des vols et de la sécurité du transport aérien. En vol, chaque appareil laisse en effet derrière lui une paire de tourbillons qui rendent l?air instable sur une distance et pendant un temps conséquent. Un avion qui traverse ces tourbillons pourrait sentir une forte charge aérodynamique (mouvement des solides par rapport à l?air) et subir d?importantes déviations de trajectoire. Les turbulences suffiraient à bousculer les passagers et l?équipage avec des risques de blessures. Les turbulences peuvent, entre autres, entraîner une perte de contrôle momentanée de l?appareil, et des dégâts à la structure de l?appareil. Il est difficile d?atterrir et de décoller dans des conditions de turbulence sévère. Il est aussi difficile de maintenir une altitude constante dans une atmosphère turbulente.

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