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Pamella, une Houria époustouflante
?Mon lit a la forme d?une prison.? C?est l?histoire de la vie de Houria, une femme afghane, mais qui pourrait aussi être la vôtre, ou encore la mienne. Si notre destin était différent. C?est l?histoire d?une vie qui devient la tragédie de cette même existence dénuée de toute humanité.
L?histoire de ?Houria, la femme que j?étais? n?est somme toute pas une histoire si fantaisiste que cela. Une femme emprisonnée en raison des pratiques barbares de son pays, d?une mentalité qui n?a pas sa raison d?être, mais aussi et surtout une femme qui ose encore rêver. Une femme qui, malgré toutes les tentatives des hommes pour la dominer, la museler, la contrôler, ose se rebeller, ose revendiquer sa différence et ses droits. Quitte à sortir de son lit, qui a la forme d?une prison, pour rejoindre une autre prison, physique celle-là.
Ce choix, Houria l?a fait. Elle préfère encore la délivrance que subir les frustrations de son mari. ?L?eau, l?eau, ne m?épargne pas?? Cette délivrance sera à coups de pierre mais cela aurait très bien pu être à coups de pluie, de l?eau, douce sur la peau, étourdissante dans son bien-être. Qu?importe, les pierres aussi auront ce même goût, le goût incomparable de la liberté, de la délivrance.
Celle qui n?a pas souffert ne connaîtra probablement jamais ce soulagement affolant d?être enfin libérée de son geôlier. Houria nous parle à tous à travers Pamella Edouard. Une Pamella Edouard époustouflante dans un jeu de scène impressionnant. Une Pamella qui nous a raconté l?histoire de Houria comme si elle était la sienne.
Houria nous raconte son histoire, elle ne juge pas, elle ne demande pas condamnation. Elle ne se justifie pas non plus. Déjà toute petite, elle était condamnée à mener une existence ?d?animal domestique.? Son plus grand péché ? D?être femme. Elle savait ce qui l?attendait. Comment ne pas le savoir ? Elle savait le destin d?une femme dans un monde d?homme. Elle l?a vu avec sa mère, qui accepte les punitions, qui accepte les coups de fouet parce qu?il n?y a rien de plus normal.
Ne pas accepter équivaudrait à un crime de lèse-majesté. Mais Houria, elle refuse. ?Ce ne sera pas pire que ton père?, la rassure sa mère martyre. C?est pire et elle ne peut pas supporter cette existence qui fait d?elle une victime, qui lui a volé toute dignité, toute vie. Elle aurait pu se soumettre, se résigner. Mais elle se rebelle. Subtilement, presque imperceptiblement, elle refuse de jouer le jeu de son agresseur, du violeur de dignité et de droits humains. Elle rêve, elle parle à ses anges, elle chante. Elle chante faux parce que personne ne l?entendra chanter mais elle chante quand même.
Et un beau jour, elle se dit qu?elle en a assez. Elle ne subira plus. Peut-être qu?elle en avait assez de chanter faux, peut être qu?elle en avait assez de ne pas être entendue. Ce sera avec un plaisir presque innocent qu?elle s?aidera à se délivrer, qu?elle tuera celui qui l?avait ?achetée.? Et elle rit, en voyant son rustre de mari impuissant, inconséquent, mort. Elle se rend compte qu?elle peut rire. Et rire fort. Sans qu?il n?y ait personne pour l?en empêcher ! Et elle rit. Peut être pour la première fois de sa vie, elle rit vraiment. Ce sera peut-être la dernière fois aussi. Mais qu?importe !
En attendant d?être lapidée, Houria parle à ses anges, se laisse étourdir par ses souvenirs. Et elle nous parle. Avec l?espoir que maintenant qu?elle a pu parler à haute voix, elle aura été entendue?
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