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Pêches miraculeuses en 1977 aux Chagos
Poursuivons, ce matin, le rappel du récit des voyages d?inspection de Sam Pyndiah aux Chagos en 1976 et 1977 et dont la presse écrite fait état à la mi-1980 (voir l?express d?hier matin). En septembre 1977, les maisons de l?administrateur à Salomon et à Peros Banhos sont quasiment intactes tout comme le sont les installations pour la production du coprah. Il faut toutefois tenir compte que la végétation envahissante représente parfois un poids excessif pour certaines charpentes. Tel n?est pourtant pas le cas pour les maisons construites avec du bois de tatamaka. Il en va de même pour le mobilier fait avec cette essence.
Des vestiges de matériel public sinon militaire laissent supposer que d?importants travaux, n?ayant rien à voir avec l?exploitation mauricienne des Chagos, ont eu lieu sur ces îles depuis le départ des derniers Ilois. Ils sont l??uvre de mains étrangères pas forcément anglaises ou américaines. Des inscriptions murales et autres graffitis témoignent d?une présence taiwanaise et coréenne même si elle est seulement passagère.
Sam Pyndiah indique la présence d?un bateau échoué sur les récifs de Blenheim. Il signale également l?anarchie existant au sein des cocoteraies jadis un modèle d?alignement et d?entretien. Les noix de cocos, tombées à terre, ne sont plus ramassées. Elles donnent lieu à de nouvelles plantes au milieu des rangées et appelées à se multiplier dans un désordre croissant. De nouveaux cocotiers poussent à même le rivage et même parfois au bord du lagon. Il estime, compte tenu du prix du coprah au Sri Lanka et ailleurs, qu?il pourrait être rentable pour une entreprise mauricienne d?aller ramasser les noix de cocos sur les îles Chagos.
Sam Pyndiah signale donc à qui de droit, en 1977, la possibilité d?organiser des croisières touristiques inoubliables aux Chagos. Il pense plus particulièrement aux hommes d?affaires extrêmement occupés et extrêmement riches et qui sont en quête de réel dépaysement pour pouvoir se déstresser et se recharger les accus. Pas de place non plus pour la monotonie avec des dizaines d?îles à visiter, îles ayant en sus des histoires et des anecdotes à raconter, des histoires et des anecdotes qu?on pourrait rendre vivantes en y installant, de nouveau, un style de vie et des occupations professionnelles semblables ou presque à ce qui existait jadis. Le bateau de croisière pourrait voyager de nuit et permettre ainsi aux touristes d?avoir une nouvelle île à visiter chaque matin, au petit déjeuner. Tel était le cas, du temps des Messageries Maritimes. Les paquebots de cette compagnie maritime effectuaient de nuit, le plus souvent, leurs déplacements, permettant à leurs passagers de profiter de toute la journée pour visiter une nouvelle escale. Rien de tel que de se réveiller et de se retrouver dans un lieu nouveau à visiter, à découvrir et à apprécier.
Sam Pyndiah raconte une tentative d?accoster Diégo Garcia. Prétextant la présence à bord d?un membre d?équipage souffrant, le Nazareth I se met en contact radio avec la base de Diégo. La radio militaire réclame d?abord toutes sortes d?informations concernant ce bateau de pêche et les membres de son équipage. Un médecin militaire est mandé dans la salle de radio et la consultation médicale se fait par radio. Le médecin pose une série de questions et prescrit le remède approprié en fonction des médicaments se trouvant à bord. Déjà un avion de reconnaissance militaire commence à survoler le bateau de pêche de Sam Pyndiah, signe évident d?une capacité peu commune de repérer tout navire suspect croisant au large de Diego. Nouveau subterfuge : les réserves d?eau s?épuisent à bord du Nazareth I . Nouvel échec : ?Pas besoin d?accoster, nous venons vous ravitailler en eau fraîche?.
Sam Pyndiah s?extasie sur l?extraordinaire abondance de la faune et de la flore chagossiennes. Son film montre des bandes de marsouins bondissant à proximité de son navire. Il s?émerveille de voir tant de poissons, de tortues et même de coquillages. Des centaines, peut-être même des milliers, de tortues carets, se sentant prises au piège et cédant à une panique collective, déchiquettent les filets du Nazareth I pour retrouver leur liberté. Il s?extasie devant la finesse de la chair du vara-vara, apprêté au lait de coco. Repérer les tortues femelles venues à terre pour pondre leurs ?ufs est un jeu d?enfant. La carapace du mâle s?assouplit au moment de l?accouplement au point de devenir vulnérable à un coup de harpon. Des Ilois à bord parlent de la capture de tortue de mer pouvant peser jusqu?à 600 livres.
Les Six-Iles témoignent plus particulièrement de l?exubérance de la faune et de la flore chagossiennes. Difficile de dire qui y sont les plus nombreux et les plus variés des oiseaux ou des poissons. Sam Pyndiah rappelle à propos de ces derniers, la galéjade ayant jadis cours à Rodrigues. Le visiteur mauricien n?avait qu?à nommer une espèce de poisson pour qu?un pêcheur rodriguais revienne quelques minutes après avec le poisson désiré capturé au? chapeau. En une journée, une équipe de pêcheurs capture dans les lagons chagossiens jusqu?à deux tonnes de rougets. Pour une grillade, il suffit de marcher le long de la grève, armé d?une gaule. Un coup sur l?eau permet d?étourdir un cateau ou un mulet pesant facilement quatre à cinq livres. Quoi demander de mieux ?
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