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Pâques : dire Dieu dans sa splendeur
«Le premier jour de la semaine, à la pointe de l?aurore, elles allèrent à la tombe, portant les aromates qu?elles avaient préparés. Elles trouvèrent la pierre roulée de devant le tombeau, mais, étant entrées, elles ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus. Et il advint, comme elles en demeuraient perplexes, que deux hommes se tinrent devant elles, en habit éblouissant. Et tandis que, saisies d?effroi, elles tenaient leur visage incliné vers le sol, ils leur dirent: «Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts? Il n?est pas ici; mais il est ressuscité. Rappelez-vous comment il vous a parlé, quand il était encore en Galilée: Il faut, disait-il, que le Fils de l?homme soit livré aux mains des pécheurs, qu?il soit crucifié, et qu?il ressuscite le troisième jour.» Et elles se rappelèrent ses paroles.»
Depuis, ces paroles (Livre: Lc Versets: 24,1-24,12) traversent le temps et consacrent la résurrection du Christ comme le fondement de la religion catholique. Naît ainsi la Passion du Seigneur pour les catholiques qui vont le célébrer. Le Christ va éclairer d?une nouvelle lumière le mystère de l?homme et le mystère de Dieu. Les philosophies autour de la condition humaine vont de même s?enrichir d?un récit qui décline l?homme dans toutes ses dimensions, jusqu?à l?extrême de la souffrance.
Au c?ur du combat de l?humanité, tel que le décline le catholicisme, se trouve la symbolique de la mort et de la résurrection. C?est un combat qui annonce le monde nouveau et que l?apôtre Paul compare à l?enfantement, à l?acte d?accouchement. Pâques consacre ainsi la victoire de la lumière sur les ténèbres, de la vie sur la mort.
«Pâques signifie passage. Lorsque les Israélites traversent la mer Rouge, ils vont découvrir que Dieu, à travers Moïse, va certes leur apporter une libération politique mais qui se révélera, à la lumière de l?histoire future, en Jésus Christ une libération de l?âme. Pour les chrétiens, Pâques tire son origine de cette histoire, de ce passage de la mort à la vie, de l?enfantement d?un homme nouveau. Dans le christianisme, l?histoire dans laquelle Dieu s?engage, à travers l?acte de rédemption et de création, devient une seule et même action de Dieu», explique le père Maurice Labour. Dans une théologie moderne, ajoute-t-il, Dieu, en même temps qu?il crée, sauve par la résurrection. «Il sauve par la création d?un homme à son image, Jésus, l?homme qui passe de la mort à la vie.»
«La vie est un lieu de passage»</B>
Les fêtes religieuses ponctuent notre vie. A chaque célébration, de quelque religion que ce soit, nous retournons vers le sens de la fête. Au moment où des coreligionnaires célèbrent un moment de piété et de dévotion, les autres restent dans une logique de partage et de compréhension ramenée à son expression la plus minimaliste.
Si le prêtre catholique Maurice Labour devait raconter Pâques à un jeune Mauricien d?une autre confession, il ferait le choix des mots suivants: «Je lui dirais que la vie, avec ses peines et ses joies, est un lieu de passage au cours duquel l?homme apprend à s?établir dans les valeurs éternelles. La vie est, en ce sens, un lieu de lutte où va naître un monde, un homme nouveau. C?est un message d?espérance où les difficultés deviennent un défi.»
Pâques est, en ce sens, cette fin qui marque un début. C?est la fin d?une période de jeûne. C?est la fin des ténèbres. C?est un jour nouveau. C?est un moment de recueillement. «Au c?ur des grandes fêtes religieuses, il y a des symboliques universelles», rappelle le père Labour. Il y a ce jour de fête, ces expériences d?une vie, cette foi offertes à Dieu. Pour qu?il soit et qu?à travers l?humain soit consacrée l?unicité. Ne dit-on pas que l?homme est fait à l?image de Dieu? Dans ce rapport naît l?aventure intérieure et le cheminement vers le souffle divin. «Les chemins menant à Dieu sont variés mais le lieu de l??cuménisme se trouve dans la prière des hommes», fait remarquer le père Labour. Sans doute. Car les religions sont ces moyens historiques d?accéder à Dieu alors que la prière des hommes est l?aspiration commune et profonde de Dieu.
L?essence de la religion dans sa capacité à redéfinir la tradition selon des pratiques contemporaines et les prises de cette subjectivité qui disent indéfiniment Dieu selon les époques et les âges est une constante de l?imaginaire humain. Pâques est une autre occasion de célébrer cette essence.
CE QUE PRÉVOIT L?ÉGLISE
Pas de thème spécial consacré à Pâques 2005. L?Eglise de Maurice passe par une période de crise, avec le vieillissement des prêtres et le manque d?encadrement sacerdotal, éprouve une certaine difficulté à remplir toutes les missions qu?elle s?est fixées. Cela implique moins de prêtres sur le terrain mais aussi une autre manière de gérer l?Eglise. «Pâques 2005 intervient au c?ur d?une Eglise qui s?évertue à gérer ses différents services avec un personnel restreint. C?est à la fois un obstacle et une opportunité. L?opportunité consistant à ouvrir des responsabilités à un personnel non sacerdotal», assure le père Labour.
Contraintes, passage, transition? Pâques intervient aussi à un moment de l?histoire du pays où on vit les incertitudes qui marquent le saut d?un ordre ancien à un ordre nouveau. «L?Eglise est insérée au c?ur d?un pays où on parle beaucoup d?insécurité, de violence, de manque de confiance dans les institutions, de doutes dans l?avenir? Le chrétien ne peut vivre la célébration de la mort et de la résurrection en faisant abstraction du contexte historique dans lequel il vit. Ce qui permet, en filigrane, une actualisation du message autour de la résurrection», souligne le père Labour.
MIEUX COMPRENDRE
Pâques demeure la fête de l?espoir et de la résurrection du Christ. Elle est généralement célébrée entre le 22 mars et le 25 avril, soit le premier dimanche qui suit la pleine lune du printemps. Après 40 jours de jeûne, les catholiques à travers le monde se retrouvent pour célébrer la parole du Seigneur. Entre-temps, l?aventure religieuse suit un rituel précis.
■ Mardi Gras
Le dernier mardi avant le début du carême est un jour de fête dans plusieurs pays. Dans certains d?entre eux, on ne mange pas de gras pendant le carême. Le Mardi Gras, les gens utilisent donc tout ce qui leur reste de graisse et en profitent pour faire des fritures.
■ Mercredi des Cendres
La première journée du Carême est appelée le Mercredi des Cendres. Encore aujourd?hui, les catholiques se rendent à l?église pour la distribution des cendres. Durant cette cérémonie, le prêtre prend une pincée de cendre et fait une croix sur le front de la personne qui s?agenouille devant lui.
■ Dimanche des Rameaux
Le Dimanche des Rameaux précède le dimanche de Pâques. Cette journée célèbre l?arrivée de Jésus dans la ville de Jerusalem. Ce jour-là, les catholiques vont à l?Eglise pour faire bénir leurs rameaux et les accrochent au crucifix afin de se protéger contre le mal durant l?année.
■ Vendredi Saint
Le Vendredi Saint est célébré cinq jours après le Dimanche des Rameaux. C?est le jour où Jésus est mort sur la croix. Ses disciples étaient persuadés qu?ils ne le reverraient plus jamais.
■ Lundi de Pâques
Le lundi de Pâques consacre la symbolique de l?eau. Les catholiques mauriciens vont à la mer. Dans d?autres pays, il existe d?autres coutumes. Dans certaines parties de l?Europe, c?était la journée pour jeter ses amis à l?eau.
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