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Oreille attentive aux propositions des ONG

14 décembre 2005, 20:00

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Les organisations non gouvernementales (ONG) engagées dans la lutte anti-drogue et oeuvrant contre le VIH-sida contemplent une lueur d?espoir. Leurs propositions, font-elles savoir, ont été entendues par l?Attorney General, Rama Valayden, lors d?une réunion lundi. Une nouvelle rencontre a lieu aujourd?hui en présence du ministre de la Santé, Satish Faugoo.

Lors de cette réunion de travail, qui porte sur la lutte contre le sida, l?introduction de la méthadone dans les traitements de désintoxication et le programme d?échange de seringues pour les toxicomanes seront aussi abordés.

L?issue de cette rencontre, laissent entendre les concernés, déterminera si oui ou non ces deux projets seront présentés au Conseil des ministres vendredi. Une avancée de taille, soulignent les ONG, qui permettra de prodiguer des soins mieux adaptés aux toxicomanes tout en tentant de limiter la propagation du VIH.

Les organisations engagées dans la lutte contre la drogue, le sida ou dans la réhabilitation des toxicomanes sont unanimes : ?Il nous faut plus de moyens à la fois pour combattre la drogue, mais également limiter la propagation du VIH-sida.? Les chiffres parlent d?eux-mêmes : 95 % des nouveaux cas de VIH-sida identifiés sont liés à la toxicomanie. Pour les ONG, il y a urgence. ?Les décideurs ont toujours été frileux sur ce sujet, mais nous devons reconnaître les efforts faits par Rama Valayden pour amener nos propositions devant le Conseil des ministres?, explique Dhiren Moher, président de l?association Prévention, information et lutte contre le sida (Pils).

Les représentants de plusieurs ONG ont discuté lundi avec l?Attorney General de l?introduction de la méthadone et de l?échange de seringues. ?Notre organisation tire la sonnette d?alarme depuis cinq ans déjà sur ce sujet. La réunion de lundi a été très positivie. Nous allons dans le bon sens?, déclare le président de Pils.

La méthadone, considérée comme une drogue à Maurice, a fait ses preuves dans de nombreux pays comme traitement de substitution pour la réhabilitation des toxicomanes. Ce traitement à long terme est reconnu efficace pour diminuer la consommation de drogue et ainsi permettre une réinsertion sociale. Cette drogue de substitution, disponible sous forme de poudre soluble, ne peut être administrée que par voie orale. ?Ce produit est donc beaucoup mieux adapté, car les toxicomanes ne peuvent pas se l?injecter par voie intraveineuse comme c?est le cas pour le subutex?, explique le docteur Renaud Ng Man Sun. La méthadone se distingue essentiellement de la morphine, un opiacé naturel, et de l?héroïne, un opiacé semi-synthétique de par son action prolongée. ?Cette méthode n?est toutefois qu?un premier pas vers le sevrage du toxicomane?, précise le coordinateur de la National AIDS Unit.

L?effet d?une seule dose chez un patient stabilisé peut durer de 24 à 36 heures, ce qui lui permet de fonctionner normalement sans symptôme de sevrage ni de somnolence. Et en dose suffisante, soulignent des travailleurs sociaux, la méthadone prévient l?apparition du syndrome de sevrage et bloque l?envie irrésistible de consommer de la drogue. Il est à noter qu?une surdose de méthadone peut provoquer un arrêt respiratoire. De par son incompatibilité avec l?alcool, les tranquillisants et les somnifères, la consommation simultanée de méthadone avec l?un de ces produits peut avoir des effets nocifs, voire mettre la vie du consommateur en danger.

Les propositions des ONG mauriciennes, si elles sont acceptées, nécessiteront une réforme des lois existantes. ?Il est grand temps de changer les lois pour permettre aux ONG de mieux faire leur travail?, affirme un travailleur social.

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