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Opposition : deux méthodes pour un même objectif
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Opposition : deux méthodes pour un même objectif
Les partis de l?opposition se frottent les mains. La rentrée parlementaire de mardi sera pour eux l?occasion de déclencher les hostilités. Carnet en main, ils énumèrent les « scandales » sur lesquels ils comptent bien faire entendre leurs voix dans l?hémicycle.
Et en tête figure le dossier de St-Félix.
Même si sur le papier, les deux partis s?accordent à dénoncer ce qu?ils appellent un « drame humain », sur le terrain, leurs méthodes diffèrent. Alors que le Mouve-ment militant mauricien (MMM) dit ne pas vouloir marquer des points politiques et privilégier le dialogue, le Mouvement socialiste militant (MSM) entend, lui, tirer à boulets rouges sur l?équipe gouvernementale. Ceci en espérant la forcer à trouver au plus vite une solution pour les quelque 122 artisans de la Compagnie usinière de Saint-Félix (CUSF). (voir hors texte).
Délaissant l?austérité qui caractérise habituellement ses discours, Paul Bérenger, lors d?une réunion vendredi après-midi à Chemin-Grenier avec les artisans de CUSF, adopte un ton posé, presque complice. Le leader du MMM ne veut pas donner l?impression de récupérer la mise sur le carreau de ces employés à des fins politiques.
Il le dira d?ailleurs lui-même peu après : « Nous ne sommes pas là pour essayer de marquer des points politiques ou pour acculer le gouvernement. Nous devons avant tout penser à ces travailleurs et à leurs familles qui vivent des instants difficiles. » Des déclarations qui se heurtent au scepticisme de bon nombre des employés de l?industrie sucrière.
Debout face à l?auditoire, le leader des Mauves prodigue à la cinquantaine d?employés présents quelques conseils qui, dit-il, pourraient faire bouger les choses. Il préconise d?étendre à la Société usinière du Sud (SUDS) des facilités de Bridging Finance à l?industrie sucrière afin de financer le Blueprint, en attendant le décaissement de l?argent de l?Union européenne (UE). Ou encore un prêt garanti par le gouvernement à SUDS jusqu?à l?obtention de l?argent de l?UE.
<B>Un appel au cessez-le-feu</B>
Tout au long de ses « explications », Paul Bérenger se refuse à prendre pour cible le ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell, ou même le gouvernement. Une position qui n?échappe pas à l?assistance qui affirme, elle, avoir été « abandonnée » par le ministère de l?Agro-industrie.
L?exercice de vendredi semble cependant avoir vaincu le scepticisme de certains des artisans de St-Félix, même si de nombreux confient ne pas être dupes. « Si vrai mem zot pe rod aid nu, li bon. Mais nu byen koner ki zot pe rod fer politik ar sa zafer la. Enfin, na pas kapav fer narnien », lâche, résigné, un artisan de la CUSF.
Et Paul Bérenger de prévenir : l?affaire St-Félix fera l?objet de cinq questions parlementaires mardi. « Encore une fois, le but n?est pas d?acculer Boolell, mais de trouver une solution. J?espère que le MSM en fera de même », explique Paul Bérenger, comme un appel au cessez-le-feu en attendant le dénouement de ce « problème ».
Mais du côté du MSM, l?invitation du leader des Mauves ne semble pas avoir trouvé écho. Les députés de ce mardi affichent en effet une farouche détermination à « acculer » le gouvernement sur le dossier de St-Félix. « Il y a eu de nombreux scandales pendant les vacances parlementaires. On compte bien demander des explications à la majorité gouvernementale », laisse entendre un député MSM, impatient d?en découdre. À n?en point douter, le MSM compte bien faire feu de tout bois.
<B> « Tout le monde peut voir clair dans son jeu » </B>
Très présents sur le terrain, les membres de ce parti montrent du doigt le gouvernement et l?industrie sucrière. « Cette affaire illustre bien l?incompétence du gouvernement aussi bien que l?intransigeance du secteur privé. Entre-temps, des centaines de familles vivent dans l?angoisse et l?incertitude », estime, pour sa part, Nando Bodha.
L?attitude « policée » du leader mauve suscite de nombreux commentaires au sein du MSM. « Paul Bérenger veut se poser en défenseur de ces familles, mais personne n?est dupe. Tout le monde peut voir clair dans son jeu », confie un député MSM qui estime que l?unique solution est de faire pression sur le gouvernement.
En attendant que la joute parlementaire ne débute, les deux partis de l?opposition affûtent leurs armes dans les starting-blocks.
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