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Opinions divergentes sur les retombées du PRB
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Opinions divergentes sur les retombées du PRB
Depuis quelques semaines, on parle de façon persistante de la hausse des salaires des fonctionnaires. Pour la plupart de ceux-là, le prochain rapport du «Pay Research Bureau» (PRB) annoncerait une augmentation d?environ 25 %. Selon des indiscrétions, cette mesure coûterait à l?Etat, la bagatelle de Rs 5 milliards. L?injection d?une somme aussi importante ne sera certainement pas sans effets sur l?économie nationale, qui malgré ses bonnes performances, est en proie à un taux d?inflation assez préoccupant. Avec l?augmentation des revenus, il y aura davantage d?argent en circulation et les salariés consommeront plus aisément, ce qui créera une pression sur la demande et entraînera une hausse des prix. C?est un fait normal, explique l?économiste Pierre Dinan. Cette mesure qui a pour but de rehausser un tant soit peu le pouvoir d?achat des fonctionnaires, pourrait plutôt provoquer une inflation plus importante, ce qui n?arrangera pas la situation des consommateurs.
Pour Ashok Subron, l?heure n?est pas à la polémique sur cette augmentation qu?accordera le rapport du PRB aux fonctionnaires. Il est contre la thèse qui sous-tend que l?augmentation des salaires implique une hausse des prix. Pour cela, il nous invite à observer les indices du prix à la consommation (CPI) publiés par le «Central Statistics Office», sur les mois de juillet 2003 à août 2003, période qui a suivi une augmentation de salaires et le CPI pour la même période de l?année 2002 où il n?y a pas eu d?augmentation salariale.
Ashok Subron nous rappelle qu?il lui a suffi de consulter les statistiques pour se rendre compte que la hausse des salaires n?engendre pas forcément l?inflation.
Pour Pierre Dinan, il faudra sensibiliser les salariés à la situation et prendre des mesures pour atténuer l?inflation. «On vient de créer une prise de conscience en parlant du sujet. L?augmentation des salaires pousse le consommateur à la demande, ce qui favorise la hausse des prix et la réduction du pouvoir d?achat.» Mais, comme le dit Pierre Dinan, l?épargne est une solution pour empêcher l?inflation. «Les institutions financières doivent créer des conditions d?incitation à l?épargne des ménages, une mesure que l?Etat doit accompagner par la sensibilisation.»
Il préconise la sensibilisation par les médias pour toucher le plus grand nombre de personnes, vu l?importance du sujet. Une autre mesure déjà expérimentée dans le passé, selon Pierre Dinan, c?est d?étaler les augmentations dans le temps, ce qui permettra d?atténuer la pression sur la demande et donc évitera une hausse importante des prix.
Sunil Bundoo, associate professor à la Faculté d?économie et statistiques de l?Université de Maurice, abonde dans le même sens en insistant sur la vulgarisation des instruments d?épargne autres que les comptes bancaires habituels. Ces instruments, à l?instar de la Bourse des valeurs, des bons de Trésor, des dépôts à terme, etc. qui ne sont pas très connus du grand public, permettront de maintenir le niveau du volume d?argent en circulation sur une période relativement longue. «Nous ne sommes pas à l?abri d?une poussée inflationniste provoquée par la relance de la consommation si une importante somme d?argent est injectée dans l?économie. L?Etat pensera certainement à étaler ces paiements sur plusieurs périodes. Mais il faudra nécessairement encourager les ménages à épargner.»
Pour Sunil Bundoo, la demande subira toutefois une pression qui aura un effet sur les prix, mais le gouvernement a sans doute une politique monétaire pour atténuer l?inflation.
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